Tunisie, les révélations d’un ex influenceur pro-Saïed, Oussama Ben Arfa

15/07/2026 – La redaction de Mondafrique

Oussama Ben Arfa était l’un des influenceurs les plus suivis parmi les partisans de Kais Saïed. Depuis, 2025 il a pris ses distances, déçu par celui en qui il a cru voir un sauveur. Aujourd’hui il raconte comment il a été recruté par le Palais présidentiel et dévoile les pratiques du pouvoir auxquelles il a contribué.

Selim Jaziri

Oussama Ben Arfa a longtemps été le plus suivi des influenceurs pro-Saïed. Basé en France, son audience se comptait en centaines de milliers, voire en millions, avant de prendre ses distances, suite à l’élection présidentielle qui a reconduit Kaïs Saïed au pouvoir en janvier 2025. Après un an d’absence, il a repris son activité sur les réseaux sociaux. Son compte TikTok est suivi par trois millions d’abonnés, mais cette fois il ne ménage pas ses critiques à l’encontre de celui en qui il avait vu un sauveur pour la Tunisie. Dans un entretien donné à Khaoula Boukrim qui, depuis la France, anime le podcast Bulletin n°3 (référence au nom du casier judiciaire), il a confié ce qu’il a appris sur les coulisses du pouvoir.

Ce sont, comme beaucoup de Tunisiens, les images des victimes de la répression en janvier 2011 qui l’avaient convaincu qu’il était temps de renverser le régime de Ben Ali et de commencer à commenter l’actualité sur les réseaux sociaux. Depuis, il n’a pas cessé. S’il ne s’étend pas aujourd’hui sur ses positions durant la transition, farouchement anti-Ennahdha, c’est qu’il est à présent dans le même camp que le parti islamiste : celui des opposants à Kaïs Saïed.

Une soif de changement

C’est d’ailleurs en raison de cette hostilité à l’encontre d’Ennahdha qu’il s’était d’abord méfié de Kaïs Saïed, décrit par certains en 2019, comme « l’oiseau rare », ou le « faux nez », que le parti de Rached Ghannouchi pourrait présenter comme candidat à la présidence. « Et puis sa manière de s’exprimer dans un arabe classique très savant ne nous ressemblait pas », se souvient-il. « Mais je voyais bien à travers les commentaires sur mes pages que les Tunisiens aspiraient à un changement. Toute la classe politique avait échoué à concrétiser les grands espoirs de 2011. Finalement, il fallait choisir entre Kaïs Saïed et Nabil Karoui ». Le fondateur de Nessma TV qui avait bénéficié des faveurs de Ben Ali, et dirigeant du parti Qalb Tounes créé pour succéder au parti de Béji Caïd Essebsi, ne pouvait guère incarner ce renouvellement : « Souvenez-vous comment il expliquait qu’il avait fait une chaîne pour manipuler les Tunisiens ! ».

Élu avec une large majorité de 73 % (2,5 millions de voix), Kaïs Saïed s’est pourtant rapidement retrouvé isolé. Après la fin de la première vague de COVID et du confinement, en juin 2020, une alliance entre Ennahdha, Qalb Tounes et la coalition islamiste Al Karama fait tomber le gouvernement d’Elyes Fakhfakh et investit Hichem Mechichi. Rached Ghannouchi, utilise alors sa position de Président de l’Assemblée pour définir l’agenda gouvernemental et même intervenir dans la diplomatie, en un mot, se poser en Chef d’État parallèle.

Kaïs Saïed se retrouve sans alliés ni sans prérogatives. Beaucoup l’imaginent alors terminer son mandat seul, retranché dans son Palais présidentiel jusqu’à la folie. D’ailleurs, le tout-Tunis bruisse de rumeurs sur son dossier médical psychiatrique qu’il serait question de publier pour se débarrasser d’un président peu disposé à se prêter aux petits arrangements entre partis qui avaient court durant la législature précédente.

C’est dans ce contexte que Nadia Akacha, directrice de cabinet de la présidence, contacte Oussama Ben Arfa pour intégrer une équipe de blogueurs. « Kaïs Saïed était isolé, attaqué, sans relais pour se défendre. Il n’avait plus que les réseaux sociaux pour exister et contre-attaquer. »

Nadia Akacha, maîtresse du Palais

Le dispositif intégré par Oussama Ben Arfa est constitué d’une quarantaine de comptes et de groupes qui totalisent plusieurs millions de « followers ». Pas moins de huit personnes publient sur la seule page Facebook « Meskina Tounes » (pauvre Tunisie), la plus populaire.

Son travail est directement supervisé par Nadia Akacha, un autre groupe était affilié à Rachida Ennaïfer, chargée de la communication de la Présidence. Mais la directrice de cabinet voulait tout contrôler. « Elle se considérait comme la maîtresse du Palais. Tout passait par elle, c’est quasiment elle qui gouvernait, notamment quand le Président dormait parce que Kaïs Saïed dort la moitié de la journée ! » Les deux femmes se détestaient et Rachida Ennaïfer a démissionné dès la fin octobre 2020.

C’est Nadia Akacha qui alimentait l’équipe de blogueurs en informations, en documents « fuités ». « Notre mission était d’attaquer les partis et le Parlement. Elle montrait les vidéos au Président et je l’entendais commenter et nous encourager : “Bravo, continuez ! ” Il n’y a rien de cette communication qu’il ignorait et qu’il n’approuvait pas. »

Travail de sape

Le plus gros coup, c’est la publication, en octobre 2020, du rapport de la Cour des comptes relatif aux élections législatives et présidentielles de 2019. « Nadia Akacha nous l’a envoyé six heures après sa remise au Chef de l’État, il n’était même pas en ligne sur le site de l’institution ! », se souvient Oussama Ben Arfa. Elle voulait qu’on le publie tout de suite ! J’ai demandé à ce qu’on attende au moins une journée, sinon il paraîtrait trop évident que la fuite venait de la Présidence et le lien avec nous serait trop visible. Mais elle insistait. Tout ce que j’ai obtenu, c’est qu’on le publie à minuit cinq pour que la date de notre publication ne soit pas la même que celle du rapport. »

Les conclusions de la Cour des Comptes étaient une véritable bombe : en établissant que Qalb Tounes et Ennahdha (ainsi qu’une petite liste, Aïch Tounsi) avaient eu recours à des sociétés d’influence étrangères, que le parti de Nabil Karoui notamment avait reçu des fonds non déclarés, que d’importantes dépenses n’étaient pas justifiées, le rapport aurait dû conduire en théorie à l’invalidation de l’élection des listes des deux principales forces politiques de l’Assemblée, voire à des condamnations pénales. Quoi qu’il en soit, l’effet était dévastateur pour la légitimité du Parlement.

Il va sans dire que la version du rapport que la Présidence a fait fuiter était expurgée de la partie qui concernait Kaïs Saïed. Celle-ci établissait entre autres que, contrairement à son affirmation qu’il n’avait pas utilisé de moyens de communication pour sa campagne, et qu’il devait donc son élection à un appel spontané du peuple, il avait bénéficié du soutien d’une trentaine de pages sur Facebook, qui totalisaient plus de 3 millions d’abonnés (soit cinq fois plus que les pages en faveur de Nabil Karoui). Une architecture décentralisée qui a permis de faire passer le financement de cette campagne sous le radar.

Une autre partie de la communication du Palais relayée par Oussama Ben Arfa consistait à travailler l’image de Kaïs Saïed. « Nadia Akacha organisait les sorties présidentielles et les occasions de photos et de vidéos. Le but était quasiment sacraliser le Président. » Des scènes qui le montraient touché par les difficultés des gens ordinaires, habité par l’amour du pays quand il pleure en embrassant le drapeau, comme un homme intensément animé par la foi quand on le voit prier à la mosquée de la Zitouna… « En fait, tout cela était une comédie pour manipuler les affects des Tunisiens ! »

Le coup 25 juillet

Ce double travail de sape de la crédibilité des partis politiques et du Parlement, et de sacralisation de Kaïs Saïed dans le rôle du sauveur était une préparation du coup du 25 juillet 2021. Là aussi, Oussama Ben Arfa était à la manœuvre.

L’annonce par Kaïs Saïed de l’activation de l’article 80 de la Constitution et du gel du Parlement avait été précédée d’une journée de manifestations à travers le pays et notamment de l’attaque des sièges locaux d’Ennahdha. C’est le « péril imminent » que représentaient ces troubles et ces violences qui avait servi de justification légale à la prise des pouvoirs exceptionnels par le Chef de l’État. « Tout le monde a eu l’impression, en voyant les vidéos sur les réseaux sociaux, d’un grand mouvement populaire, mais c’est moi qui ai travaillé cette impression. Les gens m’envoyaient des vidéos des manifestations dont les médias ne parlaient pas, et je les ai publiées de façon à créer l’illusion d’une grande mobilisation. En réalité, ce n’était que quelques dizaines ou quelques centaines de personnes. Rien n’était spontané, certains avaient été amenés par bus. Mais pour moi, comme pour beaucoup d’autres, le 25 juillet était une opération de sauvetage du pays. »

Cabale contre Nadia Akacha

Le blogueur a été également aux premières loges d’un des épisodes les plus troublants de la vie du Palais de Carthage : la disgrâce de Nadia Akacha. « C’est elle qui gérait tout, au point que même la famille du Président était obligée de passer par elle pour lui parler. Elle était devenue un obstacle pour son frère Naoufel Saïed [qui avait joué un rôle central durant la campagne électorale de 2019], et sa belle-sœur, Aatka Chebil (la sœur de son épouse). Ils ont chargé le ministre de l’Intérieur, Taoufik Charfeddine, de monter un dossier contre elle. »

L’Intérieur a mis des gens de l’entourage présidentiel sur écoutes, « y compris des cadres de l’Armée », assure Oussama Ben Arfa. Il ont accusé Nadia Akacha d’être en lien avec Youssef Chahed, l’ancien Chef du gouvernement de Béji Caïd Essebsi, de 2016 à 2019, avec Kamel Guizani, Chef des services de renseignements à la même époque – que le gouvernement néerlandais avait refusé d’accréditer comme Ambassadeur, en septembre 2020, en raison de son rôle dans le montage du dossier contre l’expert des Nations unies chargé d’enquêter sur les violation de l’embargo sur les armes en Libye –, et Slim Azzabi,  proche de Youssef Chahed et ancien directeur de cabinet de Béji Caïd Essebsi de 2016 à 2018. Des responsables politiques en fonction à une époque aux antipodes de l’esprit que voulait incarner Kaïs Saïed.

Le dossier monté à partir de ces éléments a été remis à Kaïs Saïed ; Nadia Akacha a été limogée le 24 janvier 2022. (Deux mois plus tard, son ancienne rivale Rachida Ennaïfer l’a accusée d’avoir voulu elle aussi espionner le Président). Nadia Akacha est à présent en France, condamnée entre autres à 35 ans de prison en juillet 2025 dans l’affaire dite du « complot n°2 ».

Confessions

Nadia Akacha écartée, plus rien ne s’opposait à l’emprise de l’entourage familial sur le Chef de l’État. Oussama Ben Arfa, lui, a continué à mettre son influence au service de Kaïs Saïed et c’est de la « famille » qu’il recevait ses consignes. « C’est Naoufel qui gère les pages des réseaux sociaux et définit la ligne éditoriale. Les fuites, les infos, c’est lui. C’est lui aussi qui recrute les admin des pages. Ils ne sont pas payés mais ils ont des privilèges. À commencer par l’impunité. Ils ont carte blanche, ils peuvent menacer, diffamer, ils ne sont jamais poursuivis. Ils peuvent aussi bénéficier de billets Tunisair gratuits ».

Il évoque notamment son rôle dans trois affaires. D’abord dans le limogeage par Kaïs Saïed, de 57 juges, le 1er juin 2022. « Le Président prétendait qu’ils étaient révoqués sur la base d’enquêtes de sécurité. En réalité, la liste a été établie de manière arbitraire, certains noms circulaient sur Facebook, c’est nous qui les avons divulgués », sur indication du Palais, laisse-t-il entendre.

« Kais Saïed avait besoin de soumettre la Justice pour pouvoir faire condamner ses adversaires. La vraie cible de l’opération n’était pas ceux qui ont été révoqués, mais ceux qui sont restés : le but était qu’ils aient peur afin d’arriver au point où nous en sommes aujourd’hui : une Justice aux ordres. Je peux même vous dire qu’il y avait une deuxième liste, mais le tollé international a été tel qu’il a renoncé. »

Moins d’une semaine plus tard, une des magistrates révoquées, Khira Ben Khlifa, était accusée de relation sexuelle hors mariage (une infraction dans le Code pénal tunisien, passible d’une peine de prison). Les faits remontaient à décembre 2020. « C’est moi qui ai divulgué le dossier avec le procès verbal d’interrogatoire et le test de virginité », confesse-t-il, afin d’ajouter le discrédit public à la poursuite judiciaire. « Pour savoir comment j’ai pu avoir accès à ce dossier, il suffit de savoir à qui profitait cette fuite » : la magistrate avait refusé un acte illégal à Aatka Chebil dans une procédure concernant une prise illégale d’intérêt au bénéfice d’une entreprise privée. Le blogueur exprime des remords aujourd’hui. Finalement, la magistrate a bénéficié d’un non-lieu en janvier 2023.

L’une des documents les plus importants qu’il ait eu à faire fuiter est un dossier saisi chez Rached Ghannouchi, arrêté en avril 2023. Il fait allusion à une note « d’orientation sur la manière de gérer la période exceptionnelle » saisie au domicile du président d’Ennahdha, divulguée début juin 2024 sur les réseaux sociaux. « Vous vous rendez compte que je recevais des documents sous scellé, détenus par la police judiciaire ! Qui d’autre que le Palais avait la possibilité de les faire sortir ? »

Une semaine plus tard, la chaîne Attassia, (dirigée par Omar Jenayah, proche du pouvoir) organise une émission au sujet de ces fuites. Le porte-parole du Tribunal Mohamed  Zitouna, confirme l’authenticité des documents et affirme qu’ils constituent bien « des plans visant à semer la zizanie en Tunisie, à travers l’exploitation des réseaux sociaux pour propager des rumeurs ayant pour objectif la déstabilisation de la société », autrement dit que Rached Ghannouchi fomente un complot. « Mais tout le monde était de mèche. Les gens de la présidence prétendent avoir appris leur existence grâce aux fuites. Les journalistes demandent au porte parole du tribunal ce que va faire le Parquet, qui a déjà reçu ses instructions. Tout cela est une mise en scène », s’amuse Oussama Ben Arfa. Le but bien sûr était de convaincre l’opinion que les opposants étaient bien en train de comploter. Une accusation qui a valu au leader islamiste d’être condamné en février 2025 à 22 ans de prison pour complot contre la sûreté de l’État.

C’est une mécanique bien rodée toujours utilisée : le Palais organise des fuites sur ceux qui se mettent en travers du chemin de Kais Saïed, les réseaux sociaux amplifient le buzz, les médias proches du pouvoir s’en emparent et les arrestations ou les condamnations suivent.

Une réconciliation pénale parallèle

Kais Saïed avait mis en place une commission pour la réconciliation pénale en janvier 2022 dont l’objectif était d’apurer les dossiers pour crimes économiques commis sous Ben Ali et sous la transition, en contrepartie d’investissements en priorité dans les régions marginalisées. Mais le mécanisme n’a rien donné (une deuxième commission vient d’être installée). C’est un mécanisme de « réconciliation pénale parallèle » qui s’est mis en place, assure Oussama Ben Arfa.

Sur demande de la famille des dossiers judiciaires sont montés de toutes pièces pour faire pression sur des hommes d’affaires invités ensuite à « dealer », notamment avec Aatka Chebil. « Ce que je sais, assure le blogueur, c’est que quand le juge voit son nom, ou celui de Naoufel Saïed [les deux sont avocats] dans la liste des défenseurs, il sait ce qu’il a à faire et le dossier est classé. »

Le Président est-il au courant ? « Ce que je sais d’un témoignage que j’ai recueilli, c’est que quand un homme d’affaires veut quitter le pays, la police des frontières appelle directement la présidence, pas le ministère de l’intérieur, pour savoir s’il est autorisé à voyager », confie-t-il encore.

Un régime aux abois

Oussama Ben Arfa a mis fin à sa collaboration avec le Palais présidentiel après l’élection présidentielle. Les autres candidats arrêtés, les blogueurs condamnés en vertu du décret-loi 54, les promesses non tenues, l’ont convaincu que Kais Saïed n’était pas l’homme auquel il avait cru.

Il éprouve une désillusion de plus en plus partagée : « Il a été très populaire, mais les gens n’ont plus foi en lui. Avant quand on critiquait Kais Saïed on était attaqué par un million de personnes sur les réseaux sociaux. Maintenant, on est toujours attaqué, mais par des bots. C’est fini et les gens de la présidence le savent. »

Il y a quelques mois, des agents mandatés par le Palais l’ont approché en France où il réside toujours. « Ils m’ont proposé de recommencer à travailler pour eux, mais j’ai refusé. Ils ont des listes, notamment d’hommes d’affaires qu’ils essaient de convaincre de venir investir en Tunisie. Mais personne n’accepte. Ils n’hésitent pas à monter de faux dossiers pour des crimes économiques pour les faire chanter, alors même que certains ont fait toute leur carrière à l’étranger et n’ont jamais travaillé en Tunisie. Ils vont même jusqu’à leur demander de déclarer publiquement que la Tunisie est libre et démocratique ! »

« C’est Naoufel Saïed et Khaled Yahiaoui, le patron de la Garde présidentielle et conseiller officieux du Président, qui gèrent ce dossier. Le régime a besoin de devises, d’investisseurs, il a besoin de restaurer son image, mais ça marche pas. »

Revirement

Le revirement d’Oussama Ben Arfa est un signal important. Les thèmes récurrents de son discours donnent une idée des axes de la campagne qui prend forme pour mettre fin au régime : Kais Saïed n’est pas un homme intègre, sincère mais manipulé, c’est un menteur parfaitement au courant de ce qui se fait en son nom, son entourage familial a reconstitué une logique de clan comparable à celle de la famille Trabelsi du temps de Ben Ali, il a soumis la Tunisie à l’Algérie…

D’ailleurs, Oussama Ben Arfa prétend qu’une clause secrète de l’accord conclu avec l’Algérie qui a fuité sur les réseaux sociaux en décembre dernier, prévoirait l’exfiltration de Kais Saïed vers Alger, en dernier recours. La preuve ? « C’est que l’accord n’a pas été publié », avance-t-il. Mais l’absence de preuve comme preuve est un procédé discutable, d’autant que l’authenticité du document divulgué a été sérieusement contestée par un spécialiste algérien des questions de défense.

L’impression que dégage ces confessions, les procédés d’une présidence resserrée autour d’un petit groupe familial, le rétrécissement de sa base, cette fébrilité dans les accusations et les manœuvres, la succession des condamnations à des peines démesurées, c’est celle d’un régime qui sait qu’il ne tient plus qu’en apparence tandis qu’une agitation en coulisses s’efforce de précipiter sa chute.