Série Iyad ag Ghali (2/5), la naissance d’un chef en Libye

28/08/2026 – Nathalie Prevost

La vie d’Iyad ag Ghali, le chef incontesté d’Al-Qaïda au Sahel, nous entraîne dans toutes les convulsions du Sahara depuis les indépendances. En ce sens, c’est une saga du Mali mais plus largement de la région et du grand jeu mondial pendant plus de soixante ans. Mais Iyad Ag Ghali est aussi d’abord et, peut-être même surtout, un Touareg surgi sur les roches noires de l’Adrar des Ifoghas, qui  a consacré son existence à garder le contrôle de cet espace hostile rythmé par le bruit des armes. Ce deuxième volet nous emmène en Libye, où le colonel Kadhafi ouvre aux Touaregs maliens et nigériens l’accès à la formation militaire et politique. C’est dans cette période, bien documentée, qu’ag Ghali s’impose comme leader.

Par Nathalie Prévost

Pour ces jeunes Touaregs maliens à la recherche de leur nouvelle vie et de leur nouvelle place dans le monde, l’Algérie est la première étape naturelle. Mais ils sont loin d’y être accueillis à bras ouverts. Vus comme de possibles recrues pour le Polisario, ils restent méfiants, conservant un vif souvenir de 1963 et de la collaboration active du régime d’alors avec celui de Modibo Keïta. À l’inverse, la Libye apparaît comme un Eldorado et une terre promise, avant même que le fantasque colonel Kadhafi ne lance son grand appel aux Touaregs du Niger et du Mali, en 1980 à Oubari. Il proclamera alors les frontières de son pays « ouvertes aux Touaregs, fils libres de la nation arabe, qui souffrent de la répression et des camps d’extermination au Mali et au Niger », s’attirant la colère de tous ses voisins [ndlr : Bien que plein d’affection à l’égard des nomades touaregs, Kadhafi n’a jamais envisagé une identité libyenne qui ne fût Arabe.].

À pied jusqu’à la Méditerranée

C’est Iyad ag Ghali qui raconte l’exode improvisé des jeunes Touaregs dans un entretien le 10 février 1994 à Pierre Boilley. (Les Touaregs Kel Adagh, Karthala, 2012).

Iyad ag Ghali en 1987, au camp du 2 mars,
à Tripoli (DR).

« Les gens ont commencé à partir à pied jusqu’en Libye. Ils nageaient contre le courant. Chaque frontière posait des problèmes. Ainsi, par exemple, les Algériens n’ont pas voulu au départ que les gens dépassent les premières localités de la frontière (…) Mais ils sont passés, sont arrivés à Tamanrasset. Là, on leur a dit que c’était la limite finale, qu’ils ne devaient pas quitter la ville. Mais ils sont passés jusqu’à Djanet. A Djanet, les Algériens ont même créé des unités méharistes pour lutter contre l’exode. Mais ils ont continué à pied jusqu’à Ghat, en Libye. Les Libyens ont alors dit que cette ville était la dernière limite autorisée et ils ont d’ailleurs commencé à les renvoyer en Algérie. Mais les Algériens les ont refusés, parce qu’ils n’étaient pas de leurs citoyens. Et ils ont continué à pied, comme ça, jusqu’à atteindre la Méditerranée. Cela a été comme ça de 1972 à 1978 et les gens ont atteint la Méditerranée, isolés ou par petits groupes de 5, 10 personnes, très jeunes, de 12 à 18 ans. Et ils étaient des centaines et des centaines, des milliers. »

« Avant la fin des années 1970, il y avait déjà parmi nous des chauffeurs, des mécaniciens, des peintres en bâtiment, des maçons. Moi, par exemple, j’ai été mécanicien, tailleur, peintre et même maçon, après avoir commencé comme jardinier à l’âge de 16, 17 ans. »

Les Touaregs au 19e siècle.

Factieux nigériens

Selon un frère d’armes d’Iyad, qui a vécu lui-aussi dans les camps d’entraînement libyens, les premières activités politiques entre les exilés de la rébellion de 1963, les jeunes arrivants et le régime du colonel Kadhafi ont débuté timidement dans les années 1976 et 1977 et ont vraiment pris forme entre 1979 et 1981. Iyad ag Ghali, arrivé à pied en Libye en 1975, en passant par le Tassili, fait le tailleur pour gagner sa vie tout en recrutant au sein des premières cellules clandestines du mouvement révolutionnaire que l’on intègre après avoir juré sur le Coran. Il raconte à Pierre Boilley avoir participé à l’une des premières réunions conspiratives, en 1979, à Syrte. Peu après, il se met à travailler pour le compte de l’ambassadeur du Mali au Caire, qui couvre la Libye. Ce dernier lui laisse rapidement les mains libres et Iyad se retrouve au contact direct des autorités libyennes qu’il entreprend de « sensibiliser » sur la dynamique en germe. « C’est ainsi, par l’intermédiaire du Mali, que j’ai commencé à mieux connaître et à entrer en contact avec les autorités libyennes ! » Ces dernières, sans doute ouvertes à l’opportunité inattendue de recrutements, donnent un coup de pouce : un quota de travailleurs dans des projets agricoles, un centre de réunion.

Le 8 septembre 1980 se tient le premier congrès touareg, à El Homs : les 80 participants accouchent d’une organisation, au début étroitement contrôlée par la Libye. En atteste la nomination au secrétariat général de Limam Chafi, un opposant nigérien soutenu par le régime de Tripoli, ainsi que le nom panarabe de l’organisation : Front populaire de libération du Sahara arabe central. « On a commencé à comprendre que le colonel Kadhafi pensait à faire quelque chose. En 81, les Nigériens ont obtenu une caserne à leur disposition. » Il faut dire que le colonel Kadhafi poursuivait de sa vindicte le général Seyni Kountché au pouvoir au Niger et tentait de le renverser depuis 1976. Dans ce but, il accueillait, finançait et soutenait plusieurs opposants nigériens étrangers au monde touareg : le député Mohamed Moussa, de Tchintabaraden, Abdoulaye Diori et  Limam Chafi, un Mauritanien de mère touarègue très proche de Hamani Diori, le président de l’indépendance que Seyni Kountché fait tomber en 1974.

Naissance d’un mouvement

Iyad ag Ghali et ses amis se réjouissent : les voilà dotés d’une structure, d’un local, d’un secrétariat et d’un téléphone ! L’événement fait grand bruit et crée une émulation dans toute la région. Jeunes et moins jeunes affluent, du Mali, du Niger, d’Algérie, de Libye et de Mauritanie, vétérans de 1963 (tels qu’Ammera ag Fakri et Issouf ag Icheikh), et ishumar.

Mohamed avait 17 ans et il était élève de seconde dans le nord du Niger lorsqu’il a entendu l’appel de Kadhafi le 15 octobre 1980. Sans rien dire à sa famille, il a vendu son pull-over pour acheter un ticket de bus puis contourné la frontière du Nigeria et il est parti à pied, avec sa carte d’élève en guise de pièce d’identité. Son périple l’a conduit à Maïduguri, au Tchad, puis à N’Djamena où la guerre faisait rage, à son arrivée, en avril 1981, entre Hissène Habré et Goukouni Oueddeye. Finalement, il réussit à rencontrer le chef du Fezzan, le commandant Massaoud et lui fait son plaidoyer. Le lendemain, le 20 mai 1981, il embarque dans un avion militaire pour Sebbah, puis Tripoli, où il rejoint le camp de Beni Walid. « On est venu me chercher pour m’emmener au bureau de la rébellion. Limam Chafi était là. Moi, c’était l’Etat touareg qui m’intéressait. Un homme avec de l’argent voulait nous aider à conquérir notre territoire ! J’étais partant !J’étais euphorique. J’ai donné tout ce que je pouvais : entraînement, défilés, formation militaire jusqu’à mon départ de Beni Walid début 1982.»

C’est là que Mohamed aperçoit Iyad ag Ghali, son aîné de quelques années: « Les leaders des Ifoghas, c’était Ibrahim Mahaze et Intakhmouda. Comme les Ifoghas sont des guerriers de naissance, très courageux, ils se faisaient remarquer. J’admirais leur bravoure, leur abnégation, leur franc-parler. Moi, je ne les connaissais pas. Mon arrière-grand père avait été assassiné par des Ifoghas en 1900, mais j’étais impressionné par eux. Iyad était l’un d’eux.»

Le frère d’armes malien d’Iyad cité plus haut explique : « C’était l’un des leaders en devenir. Dans le camp de Beni Walid, il était l’un des jeunes gens qui avaient les bases de la connaissance. Parce qu’il avait été jusqu’à la fin de l’école primaire. Il a vite attiré le regard ; il était populaire ; c’était une personnalité du centre, discrète et pas méchante. Il connaissait très bien le français et l’arabe. Il ne parlait pas beaucoup sauf dans les débats politiques. Il y avait beaucoup de militants dans sa famille et il avait bénéficié de l’expérience des anciens combattants, surtout idnan et ifoghas. Il lisait et il écrivait beaucoup. C’est une qualité. »

Kadhafi, Boumediene et Assad en 1977 à Tripoli.

Aventures proche-orientales

Tandis que le mouvement touareg prend forme – militairement, culturellement (grâce à la guitare, la poésie et l’ébullition d’une modernité radicale  qui balaye le carcan des traditions) et politiquement (y compris par le biais du versement de cotisations pour constituer un trésor de guerre), Khadafi nourrit d’autres plans. Par opportunité ou nécessité – sous l’effet d’une très forte pression de l’Algérie, qui exige le démantèlement des camps – il ferme Beni Walid au tout début de 1982. Juste après avoir prélevé plusieurs centaines d’hommes, un gros quart de l’effectif total de 3200 hommes,  pour se battre aux côtés de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) au Liban.

Iyad, simple soldat encore, fait partie des 50 premiers, qui sont envoyés au sud Liban après trois semaines de formation accélérée sur les armes antiaériennes de calibre 14. L’envoi des hommes s’échelonne dans le temps, jusqu’à atteindre 565 recrues dans les camps d’entraînement syriens et 224 au sud Liban. Le gros des troupes y passera un an, le dispositif étant relevé en septembre 1982.

À l’exception de quelques rares volontaires, qui se sont inscrits sur une liste en avril 1981, la majorité des combattants, y compris Iyad, ignorent où ils partent. Un frère d’armes d’Iyad raconte : « On croyait aller à une formation en armement lourd à Tobrouk. Et on s’est retrouvés en Syrie. Certains se sont sentis trahis, en quelque sorte, mais moi, comme beaucoup d’autres, j’étais enthousiaste : c’était une bonne occasion pour apprendre la guerre et nous libérer des régimes dictatoriaux de Moussa Traoré et Seyni Kountché. »  Dès leur arrivée, l’état-major du groupe touareg, une dizaine d’hommes, rencontre Ahmed Djibril, le bras droit de Yasser Arafat. Après les voir écoutés, l’OLP promet de les aider à travers une formation militaire de plusieurs mois qui leur sera délivrée en Syrie, avec l’accord de Hafez el-Assad. Deux compagnies sont ainsi formées dans deux camps, au sud de Damas, vers la frontière du Liban, et à l’est de la Syrie, près de la frontière irakienne, avant d’être envoyées sur le front. « On combattait avec le groupe d’Ahmed Djibril. On était chargés de l’artillerie et de l’antiaérien. C’était une guerre très dure, très rapide, très forte. Les Palestiniens, ils n’avaient que des fusils 14.5 et ils tiraient nuit et jour pour faire peur aux avions. Iyad commandait un groupe à l’antiaérien. Il était commandant.»

Beyrouth, 1982.

Un an et demi au sud Liban aux côtés de l’OLP

Iyad poursuit son récit, un peu moins détaillé, à Pierre Boilley: « On a fait un an et demi au sud Liban, à la frontière israélienne, jusqu’à l’invasion de 1982 [ndlr : l’opération Paix en Galilée a été déclenchée le 6 juin 1982 par Israël. Elle était destinée à chasser l’OLP du sud du Liban. Elle a provoqué le siège de Beyrouth, le départ de l’OLP de la capitale en août et les massacres de Shabra et Chatila en septembre.]. Donc on était à Beyrouth, on a participé à tout, au siège avec Yasser Arafat. Ensuite, on est repartis, en passant par la Syrie, et on est revenus en Libye en novembre 1982. »

Liban, 1982. Iyad ag Ghali est le 2e en partant de la droite (DR).

Mais certains, furieux d’être utilisés comme chair à canon, négocient directement avec l’ambassade d’Algérie à Damas, affirmant avoir été enrôlés de force par Kadhafi. Conduits par un cadre du mouvement, Magdi ag Bohada, 274 hommes signent pour être rapatriés en Algérie, où ils sont derechef fichés et cantonnés en résidence surveillée à Aïn Sallah. « On avait été trahis par Kadhafi donc il fallait nous allier même avec le diable pour quitter cette guerre», dit Magdi Bohada. « Iyad était contre cette option. Il préférait qu’on reste avec la Libye jusqu’au bout. C’était une divergence tactique mais pas une rivalité. On n’avait aucune idéologie à cette époque, à part l’Azawad et c’est tout. »

Le retour des autres, parmi lesquels 26 prisonniers de l’armée israélienne échangés fin 1982 contre des prisonniers israéliens, fera l’objet de négociations compliquées avec l’OLP, la Syrie et Kadhafi lui-même. Plusieurs chefs militaires touaregs d’aujourd’hui sont issus de cette aventure. On dit que le colonel Mohamed Najim y a laissé une phalange. Quatre hommes, eux, ne sont pas revenus.

« Compter sur soi-même »

À leur arrivée à Tripoli, rien ne les attend. Les Nigériens restent soutenus par la Libye mais les Maliens sont livrés à eux-mêmes, l’Algérie s’opposant toujours à leur entraînement militaire. Ils optent pour la vie civile, intégrant deux sites de développement agricole et pastoral  en décembre 1982 à Zleintane.  Et commencent à se structurer clandestinement. «A partir de ce moment-là, on a commencé à devenir nos propres leaders», raconte l’un d’entre eux. « On avait compris qu’on ne pouvait pas, aux yeux des Libyens, exister en tant que Touaregs. On devait devenir des Arabes et des musulmans.» Iyad emploie quasiment les mêmes mots : « Vous voyez, les Palestiniens ont été massacrés ici, devant nous, et toute cette nation arabe n’a pas bougé pour eux. Personne ne bougera pour nous. (…) On ne peut compter que sur nous-mêmes. Il faut rentrer chez nous et tout ce dont on aura besoin, il faut qu’on le crée nous-mêmes. » (Boilley, ibid).

En juin 1983, Iyad est arrêté par la sécurité algérienne alors qu’il a été envoyé par le mouvement, avec trois autres camarades, en mars précédent, en mission de reconnaissance à Kidal, Tessalit et Aguelhoc. Interrogé par les autorités, il refuse de se mettre à leur service contre rémunération, se prétendant simple mécanicien. Il passera près de quatre ans en résidence surveillée à Tamanrasset puis In Salah. C’est là qu’il rencontre sa première femme, une Touareg, qui lui donnera ses deux seuls enfants : une fille, Tanounout, mariée depuis vingt ans à Khalid ag Mahamad, le fils de l’aménokal de Kidal Mohamed ag Intalla, et un fils, Hamza, qui combat auprès de son père. En Algérie, les Touaregs maliens sont dans le collimateur. Mais arrestations, infiltration et emprisonnements ne découragent pas les partisans du projet de reconquête de l’Azawad entrepris par les combattants des camps libyens. Ces derniers reçoivent d’ailleurs le renfort inattendu de nouvelles recrues en 1983 et 1984, sous l’effet d’une nouvelle sécheresse meurtrière.

Secrétaire général du mouvement

Cette période aboutira, le 11 novembre 1987, au congrès de Tripoli, où siègent 500 délégués dont la plupart des chefs de la future rébellion. Le projet militaire est confirmé et, toujours dans la clandestinité, il se structure : un conseil révolutionnaire de 35 membres est élu, et en son sein, un comité exécutif de sept personnes. Iyad ag Ghali, exfiltré d’Algérie par ses camarades quelques mois plus tôt pour échapper à la sécurité militaire, est élu secrétaire général. Le vote s’effectue au suffrage universel et à bulletin secret. Chacun écrit le nom de son candidat. Dans l’urne, un militant jamais identifié suscite l’hilarité avec son bulletin marqué « je vote pour moi-même ». Une charte prônant l’abolition des pratiques raciales et tribalistes est adoptée. Pourquoi Iyad fait-il l’unanimité ? Son camarade répond : «  C’est un homme très juste, ni extrémiste, ni tribaliste, raisonnable, modéré. »

Dans l’intervalle, en l’absence d’Iyad, coincé en Algérie, un nouveau camp ouvre le 1er juin 1984, jusqu’en février 1985, puis ce sera le tour du camp du 2 mars, en 1986. Les nouvelles recrues maliennes y font leur entrée, sous l’intitulé de « Mouvement nigérien numéro 2 », mention qui figure sur leurs papiers officiels. Les Nigériens sont toujours les seuls reconnus officiellement, les relations entre le colonel Kadhafi et Seyni Kountché restant exécrables. Le Guide décide d’intégrer ces hommes dans la légion islamique libyenne, au service du contrôle interne du pays et de son expansionnisme pan-arabe.

Aventures tchadiennes sous les ordres de Haftar

Cette fois, c’est une opération au Tchad qui se dessine. Le colonel Kadhafi veut venir en aide à son protégé Goukouni Ouedeye, en guerre au sud du 16e parallèle contre Hissène Habré soutenu par la France et les Etats-Unis. L’aventure tournera court. Iyad, toujours en Algérie, ne sera pas du voyage.

C’est un de ses amis qui raconte : «  C’était fin janvier 1987. Ils sont partis à 200, maliens et nigériens. Ils ont été répartis dans la zone d’Aouzou. Ils n’ont été associés qu’à une bataille dans laquelle 23 hommes sont morts et 8 ont été faits prisonniers. Khalifa Haftar était alors commandant dans l’armée libyenne et les combattants touaregs étaient sous ses ordres. Il gardait une base de l’armée de l’air à Ouadi-Doum et il s’est rendu aux Tchadiens. Il a trahi. Il voulait échapper à Kadhafi parce qu’il y avait une enquête en cours contre lui. Les soldats touaregs, ne sachant pas qu’il s’était rendu, ont résisté un peu aux Tchadiens, qui les ont pris par surprise et submergés par le nombre. C’est la plus grosse perte que les Touaregs ont subie à l’extérieur. Une bonne partie d’entre eux ont été faits prisonniers et acheminés avec Haftar à N’Djamena. Certains ont été exécutés plus tard. Après cette trahison, le dispositif libyen qui était déployé dans la bande d’Aouzou a subi la défaite que l’on connaît [ndlr, la Libye perd un dixième de son armée et de nombreux blindés et aéronefs dans ce qu’on a appelé « la guerre des Toyota ».] d’autant plus que l’aviation française est intervenue en appui à l’armée tchadienne de Hissène Habré.»

L’année suivante, les États-Unis négocient avec Hissène Habré l’exfiltration de Khalifa Haftar qui se mettra, dès lors, au service de Washington contre le Guide libyen.

Au total, plus de 20 000 Touaregs nigériens et maliens transitent par les camps libyens de 1981 à 1989. Depuis 1984, dans l’ombre et la discrétion offertes par la Libye, véritable base-arrière de l’opération, la rébellion s’est préparée patiemment: cotisations, caches d’armes, cellules clandestines. Elle sera fulgurante et couronnée de succès, malgré des moyens rendus dérisoires par l’infiltration algérienne et malienne du mouvement.

À suivre (3/5) : la rébellion, enfin !