Yasmina Kadra, un écrivain à succès, mais sans talent

20/03/2021 – La redaction de Mondafrique

Ne dites surtout pas à Yasmina Khadra que si on ne l’aime pas c’est peut-être à cause de la médiocre qualité de ses livres.
Pourquoi ne m’aime-t-on pas, se plaint depuis des années Yasmina Khadra. Plutôt que de parler de ses romans, en interview Yasmina Khadra préfère se plaindre de ses pseudos-détracteurs : ceux qui ne l’aiment pas, les jaloux, les traitres, les méchants… 
Pourtant, la question en elle même est intéressante. Pourquoi l’écrivain algérien le plus lu au monde -comme il l’affirme modestement- est-il si méprisé, aussi bien en France qu’en Algérie ? 
Ce qui est problématique par contre, ce sont les réponses que tente de fournir Yasmina Khadra entre deux lamentos. 
« Mais pourquoi ne m’aime-t-on pas, à ma juste valeur -de plus grand écrivain algérien ». 
Passons en revue les « arguments » de Yasmina Khadra qui expliquerianet qu’il soit mal aimé 

1- Le complot marocain

Si Khadra n’est pas la super-star de Saint-Germain des Près, c’est la faute du Maroc. Ne pouvant pas tolérer qu’un ancien militaire algérien gagne en célébrité, le royaume chérifien aurait chargé son agent infiltré dans le petit monde littéraire français, Tahar Ben Jelloun, de tout faire pour nuire à la renommée de Yasmina Khadra. Car, ne l’oublions pas, derrière ce pseudonyme crée à partir des deux prénoms de son épouse, se cache un ex-officier supérieur de l’armée algérienne, Mohammed Moulessehoul, officiellement en retraite depuis aout 2000 et après trente-six ans passés dans les rangs de l’armée algérienne…
Sur TV5, Yasmina Khadra a ouvertement dénoncé le 6 février 2021 Tahar Benjelloun, de l’empêcher de percer en France. « Après vingt ans de silence, ne voyant personne s’assagir et tenter de renoncer à la vilénie, j’ai été contraint de dénoncer les manœuvres inqualifiables d’un écrivain que j’ai toujours respecté et qui s’est avéré être indigne de considération. J’ai nommé Tahar Benjelloun. »

2- Le complot de la France-Algérie

«Je suis banni par les intellectuels algériens. La France surveille les intellectuels algériens et si quelqu’un défend Yasmina Khadra, il est toute de suite écarté », a-t-il confié une semaine plutôt, le 30 janvier 2021 dans le talk-show Hadith Al Arab de Sky news arabia. « Je n’ai aucune relation avec les écrivains algériens. Les écrivains arabophones sont sur une voie et  les écrivains francophones appartiennent à la France, et moi, je suis au milieu », ajoute-t-il.
En résumé, les écrivains arabophones sont des arriérés, et les intellectuels francophones algériens sont tous à la solde de la France, le fameux « hizb frança », voilà pourquoi les uns et les autres le « détestent ». 

3- Le complot contre l’Islam

Ses romans, pour la plupart des best-sellers ont, selon Yasmina Khadra lui même, permis aux lecteurs du monde entier de mieux comprendre le monde arabo-musulman et l’islam. « Le plus important est comment nous, en tant que musulmans, défendons cette religion. Je ne suis pas soutenu dans ce combat. Je suis seul dans cette bataille, je ne suis pas appuyé », argumente-t-il sur la chaîne satellitaire arabe, pour mieux désigner ses ennemis : « Qui sont les véritables criminels? Ceux qui produisent des mensonges sur l’islam? Ou ceux qui se taisent? ».
Et voici ses scuds bien ajustés contre Boualem Sansal, Kamel Daoud et Salim Bachi, trois auteurs algériens que notre Khadra voue aux gémonies. 
Là où croyait percevoir que de la simple jalousie entre écrivains algériens édités en France, se nicherait une géostratégie des plus complexes ?
Khadra l’islamo-gauchiste ? Trop drôle ! 

Un salaire d’Ambassadeur

Aucun des arguments farfelus avancés par Yasmina Khadra ne tient la route évidement. Outre qu’il est bien gonflé de dire qu’il est méprisé en France où il été multi-primé et honoré (Chevalier de la Légion d’honneur, Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres), Yasmine Khadra se garde bien de rappeler que l’Algérie a aussi récompensé son talent d’écrivain, avec une multitude de prix et surtout une nomination à la tête du Centre Culturel Algérien à Paris, autrement dit : un salaire d’ambassadeur, un luxueux pavillon mis à disposition, avec chauffeur et voiture…  De 2008 à 2014 ! 
N’empêche que les délires paranoïaques de Yasmina Khadra ne sont pas dénués de sens. Elles révèlent comment fonctionne l’esprit d’un intellectuel formé par l’Armée Algérienne.
Tout est complot avec notre écrivain. Si on n’aime pas Yasmina Khadra c’est parce qu’on est de mèche avec « l’ennemi » marocain, tout en étant sous la botte de la France Coloniale et dans l’axe de l’islamophobie mondiale. 
On dirait un éditorial de la revue El-djeich, éditée par le Ministère de la Défense en Algérie ! 
Contrairement à ses premiers polars plutôt bien ficelés, les derniers romans de Khadra sont juste indigestes.