À Saint-Louis, la kora ne jouera pas seule. Du 5 au 7 novembre, le festival Au Tour des Cordes réunira instruments africains et musiciens d’autres traditions. Initié par Ablaye Cissoko, ce rendez-vous défend une ambition concrète : créer, former et transmettre sur place aux nouvelles générations.
Du 5 au 7 novembre 2026, Saint-Louis du Sénégal accueillera la sixième édition du festival Au Tour des Cordes. Trois jours consacrés aux instruments à cordes, à leurs traditions et aux rencontres musicales qu’ils permettent. À l’origine de cette manifestation, Ablaye Cissoko, koriste sénégalais reconnu sur les scènes internationales, poursuit un projet engagé depuis plusieurs années : faire de sa ville d’adoption un lieu de création où les musiciens africains travaillent avec des artistes venus d’autres horizons.
La programmation réunit des instruments rarement associés sur une même scène. La kora, le xalam, le n’goni et le riti rencontreront le violon, la viole de gambe, le oud, le kanun, le sétar iranien et différentes guitares. Chaque instrument apporte son répertoire, ses techniques et sa manière d’accompagner la voix. Leur confrontation ouvre des possibilités musicales que les formations traditionnelles ne permettent pas toujours d’explorer.
Pour Ablaye Cissoko, issu de la tradition des griots mandingues, cette démarche prolonge un travail mené tout au long de sa carrière. Ses collaborations avec des musiciens de jazz, de musique classique et de traditions orientales ont montré comment la kora pouvait évoluer dans différents univers sonores sans perdre sa personnalité.
La tradition mandingue à l’épreuve des rencontres
Instrument emblématique de l’Afrique de l’Ouest, la kora appartient notamment à l’héritage musical mandingue. Traditionnellement associée aux griots, elle accompagne les récits historiques, les généalogies et les chants transmis entre générations. Sa caisse de résonance en calebasse et ses cordes produisent une sonorité immédiatement reconnaissable, fondée sur des motifs mélodiques et des variations rythmiques.
Au Tour des Cordes refuse pourtant d’enfermer cet instrument dans un répertoire figé. Le festival met la transmission au contact de la création contemporaine. Un joueur de kora peut ainsi partager une composition avec un violoniste, tandis que les instruments traditionnels africains trouvent de nouvelles correspondances avec les cordes méditerranéennes ou orientales.
Cette orientation distingue la manifestation des festivals principalement construits autour de concerts successifs. Les résidences artistiques permettent aux musiciens de préparer des créations communes, de comparer leurs méthodes de travail et de développer des arrangements originaux.
L’édition 2026 annonce notamment la participation de Rokia Traoré, attendue le 7 novembre à l’Institut français de Saint-Louis avec son projet Fifty-Fifty. La chanteuse malienne y poursuit une exploration musicale associant blues, jazz et traditions africaines. Sa présence donne une dimension supplémentaire à une programmation attentive aux liens entre héritages et expressions contemporaines.
Former les musiciens, transmettre aux jeunes
Le festival ne limite pas ses activités aux représentations publiques. Des ateliers, masterclasses et actions de médiation constituent un autre volet du programme. Ils s’adressent particulièrement aux artistes de Saint-Louis et de sa région, avec l’objectif de renforcer les compétences locales.
Du 5 au 7 novembre, l’Institut français accueillera notamment un stage de guitare animé par Doudou Konaré. La formation, gratuite sur inscription, s’adresse aux musiciens déjà engagés dans une pratique artistique. Une masterclass de danse, conduite par Tim et Jonnic, sera également proposée aux artistes confirmés.
Ces formations répondent à un enjeu précis : donner aux professionnels locaux la possibilité de travailler avec des intervenants expérimentés sans devoir quitter leur région. Pour les jeunes musiciens, l’accès à ces rencontres peut faciliter l’apprentissage, développer de nouveaux réseaux et encourager des collaborations futures.
Ablaye Cissoko défend également la découverte des instruments traditionnels dans les établissements scolaires. Son engagement dans l’enseignement de la kora traduit cette volonté de préserver des connaissances longtemps transmises au sein des familles de griots.
À Saint-Louis, ville déjà reconnue pour son festival international de jazz, Au Tour des Cordes affirme ainsi sa propre identité. La manifestation privilégie les instruments, les artistes et le travail collectif. Sa réussite se mesurera autant aux créations présentées sur scène qu’aux compétences transmises aux musiciens sénégalais.
Informations pratiques
Événement : Festival Au Tour des Cordes, 6e édition
Dates : du jeudi 5 au samedi 7 novembre 2026
Lieu : Saint-Louis du Sénégal, notamment l’Institut français et des lieux partenaires
Adresse de l’Institut français : avenue Jean-Mermoz, île Nord, Saint-Louis
Concert annoncé : Rokia Traoré, samedi 7 novembre à 22 h, Institut français de Saint-Louis.
Masterclasses : du 5 au 7 novembre, de 10 h à 13 h. Stage de guitare avec Doudou Konaré et masterclass de danse avec Tim et Jonnic. Participation gratuite sur candidature, avec une date limite annoncée au 31 octobre.
Tarifs des concerts annoncés :
Zone B : 5 000 FCFA
Zone A : 10 000 FCFA
VIP journée : 25 000 FCFA
Pass VIP trois jours : 60 000 FCFA
Tarifs à confirmer auprès de l’organisation.
Contact : +221 33 961 73 61
Courriel : contact@autourdescordes.com
Instagram : @autourdescordes
Institut français : https://sl.ifs.sn/
