Un festival au Kenya tourné vers les réalités virtuelles le 23 octobre

21/10/2026 – Nicolas Beau

Sur la côte kényane, le Kilifi Creek Festival prépare une deuxième édition d’une ampleur nouvelle. Du 23 au 31 octobre, 92 films annoncés, des projections dans dix-sept lieux et un espace de réalité virtuelle veulent déplacer les frontières du cinéma africain.

À Kilifi, sur les rives de l’océan Indien, le cinéma cherche à inventer ses propres lieux de rencontre. Le Kilifi Creek Festival revient du 23 au 31 octobre 2026 avec une deuxième édition qui associe projections, créations artistiques, musique, ateliers et rencontres professionnelles.

La programmation annoncée le 9 octobre par le média spécialisé Sinema Focus comprend 92 films, sélectionnés après la réception de 260 candidatures venues de plus de cinquante pays. Trente-huit œuvres doivent concourir dans dix-sept catégories de prix.

Le festival prévoit d’investir dix-sept lieux répartis le long de la crique de Kilifi, avec The Terrace Art Space comme principal point de rassemblement.

Ce choix géographique n’est pas anodin. Alors que les grands événements cinématographiques se concentrent souvent dans les capitales, Kilifi revendique une autre relation entre les œuvres, les habitants et leur territoire.

Le festival mise sur des projections ouvertes à différents publics et sur un dialogue direct entre cinéma, patrimoine côtier et vie locale.

Les ambitions du cinéma africain

L’édition 2026 réunit des fictions, des documentaires, des courts métrages, des films expérimentaux et des créations immersives.

Parmi les œuvres annoncées figure « My Father’s Shadow », du réalisateur nigérian Akinola Davies Jr., dont le travail explore les liens entre mémoire familiale et histoire politique.

Le Kenya sera représenté notamment par « One Woman One Bra », tandis que « The Woman Who Poked the Leopard », venu d’Ouganda, et « Matabeleland », du Zimbabwe, illustrent la diversité des récits présents dans la sélection.

Le film d’ouverture annoncé, « Tides », de Reuben Odanga, suit un couple de chanteurs de Mombasa confronté aux difficultés économiques après la pandémie de Covid-19.

En plaçant cette histoire au début du festival, la programmation souligne son attachement aux réalités de la côte kényane.

Les courts métrages occupent également une place importante. Plusieurs productions africaines doivent concourir, notamment « Goat », de Judy Kibinge, « Obi Is a Boy », de Dika Ofoma, et « Dear Sikhonkwane », de Sihle Hlophe.

Autre nouveauté, l’African Film Press Critics Prize sera décerné pour la première fois en Afrique de l’Est dans le cadre du festival. Cette distinction, portée par une alliance de médias spécialisés dans le cinéma africain, doit récompenser un court métrage africain choisi par un jury indépendant de critiques.

Nouveaux réseaux professionnels

La deuxième édition du Kilifi Creek Festival innove également avec l’annonce d’un « VR Village », un espace consacré à la réalité virtuelle et aux expériences cinématographiques immersives.

Cette initiative témoigne de l’intérêt croissant des créateurs africains pour les nouvelles formes de narration.

La réalité virtuelle transforme le rapport du spectateur à l’image. Elle permet de construire des expériences dans lesquelles l’espace, le mouvement et la perception deviennent des éléments essentiels du récit.

Pour les cinéastes, ces technologies ouvrent des possibilités créatives, mais posent aussi des questions concrètes : coût des équipements, accès aux formations, infrastructures techniques et modèles de diffusion.

Ces enjeux seront au cœur des discussions professionnelles prévues pendant le festival.

Le programme annonce notamment des échanges sur le financement des films, la distribution, les coproductions, les femmes dans le cinéma, l’intelligence artificielle et les récits liés aux identités et aux appartenances.

Les organisateurs souhaitent ainsi faire de Kilifi un espace de travail et de collaboration, au-delà des seules projections.

Cette ambition répond à un besoin important des cinématographies africaines. Malgré une créativité reconnue, de nombreux réalisateurs restent confrontés aux difficultés de financement et à la faiblesse des réseaux de distribution.

Le festival peut contribuer à développer des relations entre producteurs, critiques, artistes et professionnels de différents pays.

Avec son ancrage côtier et son ouverture aux technologies immersives, Kilifi défend finalement une idée simple : le cinéma africain n’a pas besoin de se construire uniquement dans les grands centres culturels pour affirmer ses ambitions internationales.

Informations pratiques : Kilifi Creek Festival, du 23 au 31 octobre 2026, à Kilifi, Kenya. Quartier général : The Terrace Art Space, Mnarani, Bandari Beach. Séances et activités dans différents lieux de la crique. Horaires détaillés et tarifs à vérifier auprès des organisateurs : kilificreekfestival.com. Le calendrier en ligne reste en cours de finalisation.