AKAA 2026, la photographie africaine à Paris (23-25 octobre)

23/10/2026 – Nicolas Beau

À Paris, AKAA ouvre une nouvelle fenêtre sur la création africaine. Du 23 au 25 octobre, la foire réunit galeries, artistes et collectionneurs au Carreau du Temple, avec une nouveauté décisive : une section consacrée à la photographie et à ses mémoires.

Sous les verrières du Carreau du Temple, dans le troisième arrondissement de Paris, AKAA – Also Known As Africa – célèbre sa onzième édition. Devenue l’un des rendez-vous importants de l’art contemporain africain en France, la foire revient avec une ambition affirmée : accompagner la reconnaissance internationale des artistes africains et afrodescendants, tout en donnant une nouvelle place à la photographie.

Organisée pendant la Paris Art Week, AKAA réunit des galeries venues de plusieurs continents. Parmi les participants annoncés figurent Annie Kadji Art Gallery, basée au Cameroun, Arte de Gema, du Mozambique, la Fondation Donwahi, de Côte d’Ivoire, ou encore Umoja Art Gallery, d’Ouganda. Des galeries européennes et caribéennes complètent cette représentation internationale.

Cette diversité constitue l’une des particularités d’AKAA. La foire ne limite pas l’art africain à une origine géographique. Elle s’intéresse aussi aux créations issues des diasporas, aux circulations culturelles et aux artistes qui travaillent entre plusieurs territoires.

Un nouvel espace pour raconter l’Afrique en images

La grande nouveauté de 2026 porte un nom : AKAA PHOTO. Créé à l’occasion du bicentenaire de la photographie, cet espace entend mettre en valeur les pratiques photographiques africaines et afrodescendantes.

Le projet intervient dans un contexte où les images du continent occupent une place croissante sur le marché de l’art, mais où leur histoire reste encore partiellement méconnue du grand public.

Longtemps, les représentations photographiques de l’Afrique ont été dominées par les regards extérieurs, notamment pendant la période coloniale. Pourtant, les photographes africains ont très tôt produit leurs propres images des sociétés, des familles, des villes et des transformations politiques.

Les portraits de studio, les photographies des indépendances, les archives familiales et les images des grandes métropoles racontent une histoire complexe, loin des visions uniformes du continent.

Avec AKAA PHOTO, la foire souhaite présenter cette diversité. Les organisateurs annoncent une exploration des mémoires visuelles, des mutations urbaines, des traditions réinventées et des aspirations de la jeunesse.

L’œuvre « Girl with an Amber Earring 1 », réalisée en 2022 par Angèle Etoundi Essamba et présentée dans la communication de cette édition, illustre cette volonté de mettre en avant des représentations construites par les artistes eux-mêmes.

L’intérêt de cette nouvelle section dépasse donc la photographie comme discipline. Il concerne la possibilité, pour les créateurs africains, de participer pleinement à la construction et à la diffusion de leurs propres récits visuels.

Une reconnaissance durable

Au-delà des expositions, AKAA joue un rôle dans la structuration du marché de l’art contemporain africain. Pour les galeries participantes, la foire constitue une occasion de rencontrer des collectionneurs, des conservateurs, des commissaires d’exposition et des professionnels internationaux.

Ces échanges peuvent ouvrir des perspectives importantes : acquisitions, invitations à exposer, collaborations institutionnelles ou nouvelles représentations commerciales.

Mais la visibilité ne suffit pas à garantir la réussite d’une carrière artistique. Les coûts de production, de transport des œuvres et de participation aux foires restent des obstacles pour de nombreux acteurs culturels africains.

Le développement du marché pose également la question de l’équilibre entre les grands centres de vente européens et les écosystèmes artistiques du continent. Une reconnaissance à Paris ou à Londres ne remplace pas la nécessité de renforcer les galeries, les musées et les collections en Afrique.

C’est précisément dans cette articulation entre circulation internationale et enracinement local que se joue une partie de l’avenir de la création africaine.

En donnant une place spécifique à la photographie, AKAA 2026 souligne un autre enjeu : préserver les images, transmettre les archives et reconnaître les artistes qui documentent les sociétés africaines depuis plusieurs générations.

La foire parisienne devient ainsi un espace où se croisent esthétique, mémoire et économie. Trois dimensions essentielles pour comprendre les transformations actuelles de l’art africain.

Informations pratiques : AKAA 2026, du 23 au 25 octobre, au Carreau du Temple, 2 rue Perrée, Paris 3e. Vendredi et samedi de 12 h à 20 h ; dimanche de 12 h à 18 h. Tarifs : 11 à 16 euros. Gratuit pour les moins de 12 ans. Programme et billetterie : AKAA et Le Carreau du Temple.