De Lagos à Marseille, d’Abidjan à Bruxelles, la semaine culturelle célèbre la vitalité des créations africaines et méditerranéennes. Fela Kuti retrouve la scène à travers Felabration, Mona Zaki est honorée à El Gouna, tandis qu’Alain Gomis s’invite au festival de Nairobi. Cinéma, littérature, musique et mode se croisent également à Aflam, Alté Club et Maroc Multiculturel. Entre mémoire, nouvelles expressions artistiques et rencontres internationales, cette semaine fait dialoguer les héritages et les talents émergents.
Treizième édition d’Aflam à Marseille (10-18 octobre)
À Marseille, Aflam consacre sa treizième édition aux images que l’histoire a dispersées, abîmées ou rendues invisibles. Archives algériennes, cinéma amazigh et films restaurés composent un programme qui interroge la transmission du patrimoine audiovisuel et les pouvoirs politiques de la mémoire filmée dans la région.
À qui appartiennent les images du passé ? Comment préserver les films qui racontent des histoires absentes des récits officiels ? Ces questions traversent la treizième édition du festival Aflam, organisée à Marseille et en Région Sud du 10 au 18 octobre.
Intégré à la Saison Méditerranée 2026, le festival des cinémas des mondes arabes fait cette année de la conservation et de la circulation des archives l’un de ses principaux axes. La programmation marque également le cinquième anniversaire de Vives archives, un cycle créé en 2021 pour remettre en lumière les œuvres du patrimoine cinématographique arabe.
Projections, expositions, démonstrations techniques et discussions avec des spécialistes composent un programme qui envisage la restauration comme un acte culturel, mais aussi politique.
Archives algériennes et images amazighes
Le 11 octobre, Aflam propose un focus consacré aux Archives numériques du cinéma algérien. Cette rencontre s’inscrit dans un ensemble de séances sur la sauvegarde des œuvres, leur restauration et les conditions de leur rediffusion.
Le lendemain, une exposition intitulée ASSKSW XF ISURA, un regard sur le cinéma amazigh au Maroc place les représentations amazighes au cœur du festival. Elle ouvre une réflexion sur la visibilité des langues, des cultures et des histoires minoritaires dans les cinématographies nationales.
Le 17 octobre, le travail des Archives Bouanani sera présenté autour d’une projection du film Le Mirage. Le 18 octobre, une table ronde poursuivra cette réflexion en interrogeant ce que les récits patrimoniaux nationaux ont pu invisibiliser dans les archives arméniennes, kurdes et amazighes.
Ces propositions rappellent qu’une histoire du cinéma ne se résume pas à ses œuvres célèbres. Elle dépend également de ce qui a été conservé, classé, transmis ou oublié.
Restaurer les films
L’un des événements marquants se déroulera le 12 octobre au Mucem, avec la présentation en première mondiale de la version restaurée d’Ahlam Saghira (Petits rêves), film de 1993 du réalisateur Khaled El Hagar, annoncé en présence de son auteur.
Dès le 10 octobre, une séance reviendra sur la formation de cinéastes arabes à l’IDHEC, tandis que le parcours de Jocelyne Saab fera l’objet d’une rencontre consacrée à la fabrication de ses images de Beyrouth.
Le 13 octobre, des démonstrations de logiciels de restauration numérique permettront d’examiner les outils mobilisés pour sauvegarder les œuvres anciennes.
Aflam ne se limite cependant pas au patrimoine. Des courts métrages contemporains et des films issus de la résidence d’écriture WarshatAflam permettront de découvrir des réalisateurs émergents.
Informations pratiques
Dates : du 10 au 18 octobre 2026.
Ville : Marseille et Région Sud.
Lieux principaux : Mucem, Les Variétés, Videodrome 2, La Baleine, Le Gyptis, Polygone Étoilé et autres espaces partenaires.
Tarifs : selon les lieux, de l’entrée libre à 15 € ; séances au Mucem de 4 à 6 €.
Séances scolaires et groupes : tarifs spécifiques sur réservation.
Programme et billetterie : Festival Aflam — Édition 2026.
Felabration à Lagos : l’héritage de Fela Kuti (12-18 octobre)
À Lagos, Felabration remet Fela Kuti au centre de la scène musicale et du débat culturel. Entre le New Afrika Shrine et Freedom Park, une semaine de concerts et de performances relie les racines de l’afrobeat aux artistes émergents nigérians, sans effacer sa dimension contestataire.
Du 12 au 18 octobre, Lagos vivra au rythme de Felabration, le festival consacré à Fela Anikulapo-Kuti, figure majeure de la musique nigériane et fondateur de l’afrobeat. Créée en 1998 par sa fille Yeni Kuti, cette manifestation annuelle célèbre un artiste dont l’influence dépasse largement les frontières du Nigeria.
Musicien, compositeur et militant politique, Fela Kuti a construit un langage musical fondé sur la rencontre entre les rythmes ouest-africains, le jazz, le funk et le highlife. Ses compositions, souvent longues et portées par de puissantes sections de cuivres, associaient expérimentation sonore et critique sociale.
Près de trois décennies après sa disparition en 1997, son œuvre conserve une place particulière dans la culture nigériane. Felabration entretient cet héritage en le confrontant aux expressions musicales contemporaines.
Du New Afrika Shrine à Freedom Park
Le New Afrika Shrine, situé à Ikeja, demeure le lieu emblématique du festival. Pour l’édition 2026, organisée sous le thème Who Are You?, il accueillera une semaine de célébrations autour de la musique et de la mémoire de Fela.
À Freedom Park, l’événement prendra également la forme d’une programmation intitulée Underground System 5. Sept soirées thématiques sont annoncées : documentaire, highlife, artistes féminines, jazz, juju et fuji, reggae, puis afrobeat.
Cette diversité rappelle les nombreuses influences qui ont nourri le parcours de Fela Kuti. Elle permet aussi de replacer l’afrobeat dans une histoire musicale nigériane plus large, au-delà de son seul fondateur.
Freedom Park, ancien site carcéral transformé en espace culturel, offre un cadre particulièrement symbolique à cette programmation. Concerts, performances et activités artistiques s’y déploieront dans un lieu directement associé à la mémoire urbaine de Lagos.
La jeunesse nigériane réinterprète l’esprit de Fela
L’édition 2026 prévoit une nouveauté à Freedom Park : un espace destiné à la génération Z, installé dans l’amphithéâtre. Sessions musicales, scènes ouvertes, poésie et spoken word doivent permettre aux jeunes artistes d’expérimenter d’autres formes de création.
Cette ouverture témoigne de la volonté de ne pas enfermer Felabration dans la nostalgie. Le festival cherche à transmettre une culture musicale vivante tout en permettant aux artistes émergents de trouver leur place.
L’enjeu est également de distinguer l’afrobeat historique des Afrobeats contemporains. Si ces derniers occupent aujourd’hui une place considérable sur les plateformes et les scènes internationales, ils relèvent d’une esthétique plus large, influencée par différentes musiques populaires africaines et mondiales.
Felabration rappelle les origines d’un mouvement dans lequel musique, expression politique et affirmation culturelle étaient profondément liées. Le festival devient ainsi un espace de transmission entre plusieurs générations de musiciens et de publics.
Informations pratiques
Dates : du 12 au 18 octobre 2026.
Lieux : New Afrika Shrine, Hakeem Balogun Street, Agidingbi, Ikeja, Lagos ; Freedom Park, Lagos Island.
Programmation : concerts, soirées thématiques, performances, poésie et activités culturelles.
Horaires : variables selon les lieux et les soirées.
Tarifs : grille officielle complète non confirmée au 9 octobre ; vérifier les conditions d’accès avant déplacement.
Informations : Felabration à Freedom Park — TheArtHub.
Maroc Multiculturel : la haute couture de Fès à Saint-Ouen (16-18 octobre)
À Saint-Ouen, Maroc Multiculturel met les savoir-faire de Fès au contact du public francilien. Caftans, haute couture, artisanat, musiques et ateliers investissent Communale pendant trois jours. L’événement défend une culture marocaine portée par ses créateurs, ses traditions populaires et ses liens vivants avec la diaspora.
La sixième édition du festival Maroc Multiculturel s’installe du 16 au 18 octobre à Communale Saint-Ouen, dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026. Organisé autour de l’artisanat, de la mode et des traditions populaires, l’événement propose une rencontre entre les créations marocaines et les habitants de la région parisienne.
Pendant trois jours, douze stands réunissant artisans, stylistes, artistes et créateurs occuperont la Grand’Place. Textiles, caftans, objets artisanaux, produits du terroir et animations culturelles composeront un parcours reliant notamment Fès, Azrou et Saint-Ouen.
Le festival choisit de présenter ces savoir-faire dans un espace de vie quotidien plutôt que dans une galerie ou un salon spécialisé. Une manière de rapprocher la création artisanale du public tout en valorisant les métiers qui perpétuent les traditions marocaines.
La haute couture fassie au cœur du festival
Le vendredi 16 octobre, le défilé de haute couture prévu à 19 heures constituera le principal rendez-vous artistique de l’ouverture. Des stylistes de Fès et de jeunes créateurs marocains présenteront leurs collections.
Cette confrontation entre générations permet de montrer comment les vêtements traditionnels évoluent au contact des tendances contemporaines. Le caftan, particulièrement représentatif des savoir-faire marocains, illustre les possibilités de renouvellement d’un héritage textile fondé sur la coupe, la broderie et le travail des matières.
La soirée inaugurale débutera dès 18 heures avec la Batucada, une fanfare brésilienne invitée à croiser les rythmes du Brésil et du Maroc. Une cérémonie officielle précédera le défilé, avant un final musical annoncé à 20 heures.
En associant mode marocaine et influences musicales extérieures, Maroc Multiculturel affiche son intention de dépasser une représentation strictement traditionnelle du patrimoine.
Artisanat, couleurs et culture amazighe
Le samedi 17 octobre sera consacré aux pratiques artisanales et aux traditions populaires. À 17 heures, l’artiste peintre Haiteim Bouiahyoui animera un atelier sur la science des couleurs et les pigments du Maroc.
Le programme comprend également une dégustation d’huile d’olive biologique, des animations autour du henné, une cérémonie du thé et des expressions musicales amazighes. Ces activités mettent en valeur des gestes, des matières et des pratiques dont la transmission repose largement sur les échanges entre générations.
Le dimanche 18 octobre, une braderie intitulée Souk et Chic proposera des objets chinés dans les médinas de Fès et d’Azrou, à partir de 14 heures.
Derrière sa dimension festive, le festival ouvre aussi une question économique : comment offrir de nouveaux débouchés aux artisans et créateurs marocains sans réduire leurs productions à de simples objets folkloriques ? La présence de professionnels de la mode et de l’artisanat à Saint-Ouen permet de poser concrètement cette question.
Informations pratiques
Dates : du 16 au 18 octobre 2026.
Lieu : Communale Saint-Ouen, Grand’Place, 10 bis rue de l’Hippodrome, 93400 Saint-Ouen-sur-Seine.
Horaires : vendredi de 11 h à 21 h ; samedi de 11 h à 19 h ; dimanche de 11 h à 17 h 30.
Défilé de haute couture : vendredi 16 octobre à 19 h.
Accès : entrée libre ; ateliers gratuits sur inscription sur place, dans la limite des places disponibles.
Programme : Communale Saint-Ouen — Maroc Multiculturel.
Asmara-Addis à Bruxelles (15-17 octobre)
À Bruxelles, Asmara-Addis in Exile réunit écrivains, artistes et penseurs autour d’une interrogation brûlante : la création peut-elle résister aux divisions identitaires ? Du Soudan à la question de l’avenir européen, ce festival panafricain défend les récits pluriels et les langues qui traversent les frontières.
La septième édition du festival littéraire Asmara-Addis in Exile se déroule du 15 au 17 octobre à Bruxelles. Fondée en 2019 par le romancier Sulaiman Addonia, la manifestation rassemble cette année plus de soixante écrivains, artistes et penseurs issus de quarante-sept pays, selon les organisateurs.
Le thème retenu, Literature & Art as an Antidote to Tribalism, propose de réfléchir à la capacité des arts à dépasser les divisions communautaires, les nationalismes et les logiques d’exclusion.
Installé au carrefour des cultures africaines et européennes, ce festival ne limite pas la littérature à la lecture publique. Il associe débats, performances, poésie, musique, danse et théâtre, dans une programmation qui revendique le multilinguisme.
Le Soudan au cœur de la soirée d’ouverture
Le jeudi 15 octobre, la première journée sera entièrement consacrée au Soudan. Intitulée For Sudan, cette rencontre réunira notamment les écrivains Abdelaziz Baraka Sakin et Yassmin Abdel-Magied, l’artiste Abir Ibrahim ainsi que le romancier In Koli Jean Bofane.
La soirée donnera également la parole à des participants de la Creative Writing Academy for Refugees & Asylum Seekers, une initiative destinée aux personnes réfugiées et demandeuses d’asile.
À travers lectures, interventions et performances, les invités aborderont la place de la création dans la préservation de la mémoire soudanaise. Dans un pays marqué par une guerre dévastatrice, la littérature peut contribuer à documenter les expériences individuelles et à maintenir visibles des histoires menacées par les destructions et les déplacements.
Le festival choisit ainsi d’aborder le conflit à travers la parole des artistes et des écrivains, en refusant de réduire la société soudanaise à sa seule actualité militaire.
Qui a le droit d’imaginer l’avenir de l’Europe ?
Le vendredi 16 octobre, le débat Who Gets to Imagine Europe? posera une question centrale : qui participe à la construction des récits européens ?
Parmi les intervenants annoncés figurent Dalilla Hermans, Preti Taneja, Vjosa Musliu et Shady Lewis. Leurs échanges porteront sur les frontières, l’appartenance, les migrations et le pouvoir de représentation.
La programmation accordera également une place aux artistes de la diaspora habesha, ainsi qu’à une séquence consacrée au Burundi à travers la chanson, la danse et la mémoire.
Le samedi 17 octobre prolongera ces réflexions avec City in Translation, The Cost of Making Space et plusieurs rencontres autour de la poésie, du désir et de la création. Le journaliste et écrivain britannique Gary Younge figure parmi les personnalités invitées.
Asmara-Addis développe une proposition culturelle singulière : faire de l’expérience de l’exil un point de départ pour penser la société, plutôt qu’une identité figée. Ses écrivains et artistes interrogent aussi bien les héritages africains que les contradictions de l’Europe contemporaine.
Informations pratiques
Dates : du 15 au 17 octobre 2026.
Jeudi 15 octobre : La Bellone, 46 rue de Flandre, 1000 Bruxelles, de 17 h 40 à 23 h.
Vendredi 16 octobre : Den Teirling, 89 rue Maes, 1050 Ixelles, de 16 h 30 à 23 h 30.
Samedi 17 octobre : Den Teirling, de 14 h à 22 h 30.
Tarifs : plusieurs formules selon les journées, dont un tarif standard, un tarif de soutien, une contribution libre adaptée aux moyens du public et des places gratuites limitées.
Programme : Asmara-Addis in Exile.
Réservations : Billetterie AALFIE VII.
Nairobi Film Festival (15-25 octobre)
À Nairobi, le NBO Film Festival veut rendre les films africains à leurs publics. Projections en salle, séances communautaires, compétitions et hommage à Alain Gomis composent un programme qui pose une question centrale : comment faire du cinéma un espace partagé dans la ville ?
La septième édition du NBO Film Festival se déroulera du 15 au 25 octobre dans la capitale kényane. Pendant onze jours, quatre lieux accueilleront projections, rencontres professionnelles et discussions autour des cinématographies africaines.
Le festival défend cette année une orientation résumée par sa devise Cinema for Us : les films africains doivent pouvoir voyager à l’international, mais aussi être vus, discutés et reconnus par les spectateurs du continent.
Cette ambition prend une dimension concrète dans une ville où l’accès aux salles et la distribution des productions indépendantes demeurent des enjeux majeurs pour les créateurs.
Alain Gomis à l’honneur, trois compétitions pour les cinéastes
Pour la première fois, le festival organise une rétrospective consacrée à un réalisateur. Le choix s’est porté sur Alain Gomis, cinéaste franco-sénégalais dont le travail explore les questions d’identité, de mémoire et de circulation entre les cultures.
Sa présence annoncée offrira aux spectateurs et aux professionnels l’occasion d’échanger sur une œuvre singulière, développée entre l’Afrique et l’Europe.
La programmation introduit également trois compétitions distinctes : long métrage de fiction, long métrage documentaire et court métrage de fiction.
Parmi les œuvres en compétition figurent Cotton Queen, de Suzannah Mirghani, Lady, Laundry et Ben’Imana. Le documentaire sera représenté notamment par The Woman Who Poked the Leopard, My Father and Qaddafi et Kikuyu Land.
Un nouveau prix documentaire portera le nom de Nick Wambugu, en hommage au cinéaste kényan disparu. Il distinguera un travail documentaire attentif aux réalités sociales, aux mémoires collectives et aux transformations des sociétés.
Faire sortir le cinéma des circuits traditionnels
L’une des particularités du NBO Film Festival réside dans son implantation urbaine. Les projections seront réparties entre Prestige Cinema, Unseen Nairobi, l’Alliance française et Kaloleni Social Hall.
Ce dernier espace accueillera des séances communautaires gratuites, sur inscription, permettant d’atteindre des spectateurs qui ne fréquentent pas nécessairement les cinémas commerciaux.
Le programme Social Hall Cinema Circuit, associé aux discussions City Convos, entend inscrire le cinéma dans la vie quotidienne des quartiers. L’objectif est de faire des projections des occasions de dialogue sur les réalités du Kenya et du continent.
Cette approche répond à un défi structurel : un film africain peut être sélectionné dans plusieurs festivals étrangers sans rencontrer un public important dans son propre pays.
En développant des séances accessibles, des échanges avec les réalisateurs et des compétitions professionnelles, le festival cherche à rapprocher les différentes composantes de la filière cinématographique.
Le NBO Film Festival propose ainsi une autre mesure du succès d’un film : non seulement les récompenses obtenues, mais aussi sa capacité à rencontrer les communautés dont il raconte parfois l’histoire.
Informations pratiques
Dates : du 15 au 25 octobre 2026.
Ville : Nairobi, Kenya.
Lieux : Prestige Cinema, deuxième étage de Prestige Plaza, Ngong Road ; Unseen Nairobi ; Kaloleni Social Hall ; Alliance française de Nairobi.
Ouverture : jeudi 15 octobre à 19 h, au Prestige Cinema, avec Ben’Imana.
Tarifs : séance standard à 1 000 KES ; séance de midi à 750 KES ; soirée d’ouverture à 1 500 KES. Certaines projections communautaires sont gratuites sur inscription.
Programme et billetterie : NBO Film Festival — Programme 2026.
El Gouna Film Festival (15-23 octobre)
Sur les rives de la mer Rouge, le festival d’El Gouna réunit films, professionnels et nouveaux projets venus d’Égypte, d’Afrique et du monde arabe. Cette neuvième édition mise sur le cinéma comme art, mais aussi sur les moyens concrets de produire et diffuser les œuvres.
La neuvième édition du El Gouna Film Festival se tiendra du 15 au 23 octobre dans la station balnéaire égyptienne du même nom. Plus de 80 films issus de différentes régions du monde sont annoncés, entre fictions, documentaires et courts métrages.
Créé en 2017, le festival s’est progressivement imposé comme une plateforme de rencontres entre les industries cinématographiques égyptienne, arabe, africaine et internationale. Son identité, Cinema for Humanity, met en avant le pouvoir du cinéma pour rendre visibles des histoires et des expériences humaines diverses.
Cette année, l’organisation entend renforcer l’accompagnement des créateurs, notamment dans les domaines du financement, du développement de projets et des nouvelles formes de production audiovisuelle.
Mona Zaki honorée, plus de 80 films annoncés
L’actrice égyptienne Mona Zaki recevra un prix honorifique récompensant l’ensemble de sa carrière. Présente depuis plus de deux décennies au cinéma et à la télévision, elle occupe une place importante dans le paysage audiovisuel égyptien.
Cette distinction intervient dans une édition qui veut associer figures reconnues et nouvelles générations de cinéastes.
La sélection internationale annoncée comprend plus de 80 œuvres. Le festival entend favoriser le dialogue entre différentes traditions cinématographiques, tout en renforçant la place des récits produits en Égypte, dans le monde arabe et en Afrique.
Un partenariat conclu en août avec le Festival du film de Zurich doit également faciliter les échanges de films, de talents et de savoir-faire entre les deux événements.
À travers cette coopération, El Gouna cherche à développer des relations durables avec les professionnels internationaux, au-delà de la seule période du festival.
Financement et séries : CineGouna élargit ses ambitions
Le volet professionnel constitue l’un des principaux enjeux de l’édition 2026. CineGouna Funding, destiné à soutenir les films en développement et en postproduction, a reçu plus de 310 candidatures.
Deux nouvelles initiatives complètent ce dispositif. Egyptian Voices accompagnera des projets portés par des cinéastes égyptiens, tandis que Safe Harbor MENA proposera un soutien à des réalisateurs déplacés de force ou exposés à des risques dans la région.
Autre nouveauté : CineGouna Series, un programme consacré à la création de séries. Six projets originaires du monde arabe ont été sélectionnés pour cette première édition, qui comprendra des ateliers de développement.
La formation occupera également une place importante. Le dispositif CineGouna Emerge a retenu 118 participants issus de quatorze nationalités, parmi plus de 1 000 candidatures. Ces jeunes professionnels pourront rencontrer des acteurs de l’industrie et bénéficier d’un accompagnement.
Parallèlement, le CineGouna Forum prévoit environ 35 rencontres professionnelles autour de sujets tels que la légitimité des récits, l’intelligence artificielle, la place des femmes dans l’industrie et les mutations du marché.
Ces initiatives montrent que le développement du cinéma ne dépend pas uniquement de la qualité artistique des films. L’accès aux financements, aux producteurs, aux réseaux professionnels et aux marchés internationaux reste déterminant.
En renforçant ces outils, El Gouna affirme une ambition : accompagner les œuvres depuis leur conception jusqu’à leur rencontre avec les publics.
Informations pratiques
Dates : du 15 au 23 octobre 2026.
Lieu : El Gouna, sur la côte égyptienne de la mer Rouge.
Programme : plus de 80 films, rencontres professionnelles, ateliers et conférences.
CineGouna Funding : du 16 au 22 octobre 2026.
Tarifs : billetterie et conditions d’accès selon les projections et activités, à consulter auprès de l’organisation.
Site officiel : El Gouna Film Festival.
Présentation de l’édition : El Gouna Film Festival — Programme et nouveautés 2026.
Nouvelle édition d’Alté Club à Abidjan (17 octobre)
Le 17 octobre, Abidjan accueille une nouvelle édition d’Alté Club, festival consacré aux cultures émergentes ivoiriennes. Musique, mode, performances et rencontres investissent l’Institut français de Côte d’Ivoire. L’événement entend offrir une visibilité accrue à une génération d’artistes qui renouvelle les codes de la création contemporaine.
À Abidjan, la création musicale ne se limite plus aux succès des plateformes de streaming ou aux grands concerts populaires. Une autre scène se développe, moins soucieuse des frontières entre les genres et davantage portée vers l’expérimentation. Le 17 octobre, Alté Club entend lui donner une place centrale à l’Institut français de Côte d’Ivoire.
Pour cette nouvelle édition, le festival élargit son périmètre. Aux performances live et aux DJ sets s’ajoutent des résidences artistiques, des conférences, des ateliers et des stands de créateurs. L’ambition affichée dépasse le divertissement : réunir musiciens, stylistes, producteurs et acteurs culturels autour de projets susceptibles de prolonger les rencontres bien après l’événement.
Cette formule témoigne d’une évolution déjà perceptible dans plusieurs capitales africaines. Les jeunes artistes ne se définissent plus exclusivement par une discipline. Un musicien peut concevoir sa propre identité visuelle, collaborer avec un styliste ou produire des contenus numériques. Les pratiques se croisent, les collaborations se multiplient et les frontières entre création artistique et entrepreneuriat deviennent plus perméables.
L’alté, une autre manière de créer
Le terme « alté », contraction d’« alternatif », renvoie à un mouvement culturel apparu au Nigeria, particulièrement à Lagos, avant de gagner une audience internationale. Associé à des artistes comme Odunsi (The Engine), Lady Donli ou TeeZee, il désigne moins un genre musical strict qu’une liberté revendiquée dans les choix esthétiques.
Ses influences traversent le R&B, le hip-hop, l’afrobeats, la soul, la pop et les musiques électroniques. L’identité visuelle occupe une place aussi importante que les compositions. Photographie, vêtements, coiffures et clips participent d’une même recherche d’expression individuelle. Le mouvement a progressivement imposé cette approche transversale au sein des cultures urbaines africaines.
À Abidjan, cette démarche trouve un terrain particulièrement fertile. La capitale économique ivoirienne possède une longue tradition d’invention musicale, du ziglibithy au zouglou, jusqu’au coupé-décalé. Chaque génération y a développé ses propres rythmes, expressions et manières d’occuper l’espace public.
Les artistes émergents héritent de cette vitalité tout en explorant d’autres voies. Les sonorités internationales circulent désormais presque instantanément, tandis que les réseaux sociaux permettent de diffuser des créations sans attendre l’appui d’une grande maison de production.
Cette ouverture favorise les expérimentations, mais elle accentue aussi la concurrence. Être visible en ligne ne garantit ni des revenus réguliers ni l’accès à des scènes professionnelles. C’est précisément sur ce terrain qu’un rendez-vous comme Alté Club peut jouer un rôle.
Une scène émergente en quête de reconnaissance
L’édition du 17 octobre prévoit notamment la participation d’Azia, Kohsly, Vova, Theio, African Diplomat, Verslaine et Ambroise, selon l’agenda culturel Woya Local. Une affiche qui met l’accent sur la diversité des talents plutôt que sur la notoriété de quelques têtes d’affiche.
En associant concerts, discussions et espaces de présentation, Alté Club cherche à rapprocher les artistes de leur public, mais également des professionnels capables de contribuer à leur développement.
La démarche rejoint une tendance plus large dans l’écosystème culturel abidjanais. Le Marché des arts du spectacle d’Abidjan (MASA) a notamment développé une Zone Street Art consacrée aux cultures urbaines, où cohabitent musique, danse, arts graphiques et mode. Ce décloisonnement témoigne de l’intérêt croissant porté aux formes contemporaines de création.
Marché des Arts du Spectacle d’Abidjan
Reste un défi essentiel : transformer l’effervescence artistique en perspectives durables. Les jeunes créateurs ont besoin de lieux de répétition, de dispositifs de production, de réseaux professionnels et de possibilités de diffusion. La multiplication des événements constitue une première réponse, sans résoudre à elle seule les difficultés économiques du secteur.
Alté Club mise ainsi sur une idée simple : la vitalité culturelle d’un pays se mesure aussi à sa capacité d’accompagner ceux qui inventent ses expressions futures. En donnant une scène à des artistes encore peu exposés, le festival entend participer à cette reconnaissance.
Pour Abidjan, l’enjeu est aussi de consolider sa place parmi les villes africaines où s’élaborent de nouvelles esthétiques. Le 17 octobre, Alté Club en proposera un aperçu, entre découvertes musicales, initiatives créatives et rencontres professionnelles.
Informations pratiques
Festival Alté Club
Date : Samedi 17 octobre 2026,
Lieu : Institut français de Côte d’Ivoire, avenue Franchet-d’Esperey, quartier du Plateau, Abidjan.
Programme et actualisations : Institut français de Côte d’Ivoire.
