Le Festival international du film de femmes de Salé revient du 28 septembre au 3 octobre pour sa 19e édition. Fictions, documentaires et films destinés au jeune public composent une programmation qui interroge autant la place des réalisatrices que les représentations féminines à l’écran, avec trois jurys internationaux et plusieurs hommages au cinéma marocain.
Créé à Salé et organisé par l’Association Bouregreg, le festival s’est donné pour vocation de rendre visibles les contributions des femmes au cinéma, devant comme derrière la caméra. Cette double approche reste au cœur de l’édition 2026 : considérer les femmes à la fois comme réalisatrices, scénaristes ou productrices et comme personnages dont le cinéma construit et transforme les représentations. La programmation annoncée associe cette année fiction, documentaire et jeune public.
Trois jurys aux parcours internationaux
La compétition de longs métrages sera départagée par un jury présidé par la cinéaste et artiste luxembourgeoise Bady Minck. Elle sera entourée notamment de la Libanaise Tania El Khoury, de la réalisatrice franco-polonaise Julia Kowalski, de Priscilla Adade, dont le parcours relie le Togo, le Bénin, le Ghana et la Belgique, ainsi que de la Marocaine Zakia Tahiri.
La compétition documentaire dispose de son propre jury, présidé par Catherine Bizern, avec la chorégraphe marocaine Meryem Jazouli et Regina Davidzon-Maryanovska, venue d’Ukraine. Le jeune public est lui aussi associé au festival à travers un troisième jury présidé par Houda Idrissi, accompagnée de Hibat Allah Harti et Khaoula Regragui.
Cette diversité géographique prolonge l’une des particularités du rendez-vous de Salé : confronter les cinématographies du Maroc, d’Afrique, du monde arabe et d’autres espaces de production, sans enfermer le « cinéma de femmes » dans un genre distinct.
Le cinéma marocain à l’honneur
Plusieurs personnalités seront distinguées au cours de cette 19e édition. Le festival rend hommage au réalisateur marocain Mohammed Abderrahman Tazi, figure importante du cinéma national, ainsi qu’aux comédiennes Amal Ayouch, Ibtissam Laaroussi et Meryem Zaïmi. Un hommage posthume est également consacré à la cinéaste marocaine Aïcha Benkhedra.
La réalisatrice et écrivaine québécoise Anaïs Barbeau-Lavalette figure elle aussi parmi les personnalités honorées. Connue notamment pour Inch’Allah, La déesse des mouches à feu et plusieurs œuvres documentaires, elle prolonge sa présence au festival par un rendez-vous littéraire organisé le 1er octobre à Rabat avec l’auteur et metteur en scène Steve Gagnon. Leur spectacle Architectures de la joie sera présenté au Bistrot du Pietri.
Regarder aussi la manière dont les femmes sont racontées
Depuis ses débuts, le festival ne limite pas son propos au nombre de femmes présentes dans les métiers du cinéma. Son règlement met explicitement en avant leur image « devant, sur et derrière l’écran ». L’enjeu porte donc aussi sur les récits : quels rôles leur sont attribués, qui raconte leur histoire et quelle place les films accordent-ils à leurs expériences.
Cette orientation explique la coexistence de compétitions de fiction et de documentaire, mais aussi l’attention accordée au jeune public. Salé inscrit ainsi la question de la représentation dans une perspective de transmission, en mettant en regard des cinéastes confirmés, de nouveaux auteurs et des spectateurs plus jeunes. À travers ses jurys, ses hommages et ses différentes sélections, le festival conserve ainsi une identité distincte dans le calendrier cinématographique marocain.
Informations pratiques
Événement : Festival international du film de femmes de Salé — 19e édition
Dates : 28 septembre au 3 octobre 2026
Lieu : Salé, Maroc
Organisation : Association Bouregreg
Compétitions : longs métrages de fiction, documentaires et sélection jeune public
Événement associé : Architectures de la joie, Anaïs Barbeau-Lavalette et Steve Gagnon, 1er octobre à 18 h 30, Bistrot du Pietri, Rabat
