Le 18 septembre à 20h, Sidiki Diabaté se produit à l’Accor Arena pour un nouveau grand concert consacré à la musique mandingue, au Mali et à la paix. L’Accor Arena présente elle-même le spectacle comme une célébration de l’Afrique et de l’héritage mandingue, dans l’une des plus grandes salles d’Europe.
Ce retour à Bercy prend une résonance particulière : c’est la première grande tournée parisienne de Sidiki Diabaté depuis la mort de son père, le kora virtuose Toumani Diabaté, emporté le 19 juillet 2024 par une maladie brève à Bamako. Sans être présenté comme un hommage explicite, le concert du 18 septembre s’inscrit dans la continuité directe d’un nom devenu, à travers trois générations, synonyme de kora dans le monde entier.
Une lignée de griots, de Bamako aux scènes internationales
La famille Diabaté appartient à une lignée de griots que la tradition fait remonter à plus de soixante-dix générations de musiciens mandingues. Le grand-père de Sidiki, également prénommé Sidiki, avait été sacré roi de la kora au Festac 77, le grand festival panafricain des arts noirs organisé à Lagos. Son fils Toumani a porté cet héritage à l’échelle internationale : Grammy Award du meilleur album de world music traditionnelle en 2006 pour In the Heart of the Moon avec Ali Farka Touré, collaborations avec Björk, Taj Mahal ou le groupe flamenco Ketama, ambassadeur de bonne volonté de l’ONU en 2008, docteur honoris causa de la SOAS de Londres en 2014. C’est dans cette ombre, à la fois écrasante et protectrice, que Sidiki Diabaté, né le 8 février 1992 à Bamako et présenté comme appartenant à la 72e génération de cette famille de griots, a appris la kora avant de choisir une voie plus pop, plus urbaine, sans jamais couper le lien avec l’instrument familial. Formé à l’Institut national des arts de Bamako puis au conservatoire Balla Fasséké Kouyaté, il commence par produire du hip-hop, notamment avec le rappeur Iba One, avant d’enregistrer en 2014 avec son père l’album acoustique Toumani & Sidiki, nommé aux Grammy Awards l’année suivante. Il publie ensuite son propre label, Diabatéba Music, sous lequel paraissent l’album Diabateba Music, Vol.1 en 2016 puis l’EP Béni en 2019, et rejoint dès 2015 le collectif Lamomali aux côtés de Matthieu Chedid, Fatoumata Diawara et Toumani Diabaté, autre vitrine, plus feutrée, du même projet : faire dialoguer la kora avec les scènes pop françaises.
De la tradition mandingue au format arena
La trajectoire parisienne de Sidiki Diabaté illustre à elle seule la montée en puissance commerciale de certaines musiques africaines en France, hors des circuits habituels de la « world music ». Zénith de Paris complet en septembre 2022, Accor Arena en novembre 2023 sur une scène centrale à 360 degrés entourée d’écrans géants, Paris La Défense Arena en février 2025 : chaque étape a été plus grande que la précédente. Le retour à l’Accor Arena le 18 septembre 2026 confirme que Sidiki Diabaté peut désormais remplir seul l’une des plus grandes salles du pays, sans le filet d’une programmation collective ou d’un festival. C’est ce basculement — d’artiste patrimonial respecté à tête d’affiche capable de vendre des dizaines de milliers de places — que l’industrie du spectacle observe de près, comme un signal du poids grandissant du public afrodescendant et africain de France dans l’économie des grandes salles.
Le phénomène dépasse le seul cas Diabaté : il s’inscrit dans une série de retours réguliers d’artistes africains dans les plus grandes salles parisiennes, sans passer par les cases habituelles des festivals « musiques du monde ». Pour la kora, instrument associé depuis des siècles à la cour des chefs mandingues, le format arena marque un changement d’échelle radical : la même corde pincée, amplifiée pour vingt mille personnes, sans que l’instrument perde sa fonction première de récit et de transmission.
Informations pratiques
Date : 18 septembre 2026, 20h
Lieu : Accor Arena, 8 boulevard de Bercy, 75012 Paris
Billetterie : à partir de 49 €, sur accorarena.com
