La Grande Rentrée littéraire de Kinshasa à Bruxelles (10-12 septembre)

08/09/2026 – La rédaction de Mondafrique

Du 10 au 12 septembre, la Grande Rentrée littéraire de Kinshasa investit le Centre Wallonie-Bruxelles et l’avenue de la Nation. Livres, auteurs et débats y interrogent la mémoire, tandis que Brazzaville occupe une place centrale dans cette édition.

À Kinshasa, la rentrée de septembre se lit aussi en livres. Du 10 au 12 septembre, la Grande Rentrée littéraire retrouve le Centre Wallonie-Bruxelles avec l’ambition de faire sortir la littérature des cercles spécialisés. Rencontres d’auteurs, présentations d’ouvrages, conférences et vente de livres doivent se succéder durant trois jours, avec une partie de la manifestation installée directement sur l’avenue de la Nation. Une façon très concrète de placer le livre sur le passage des Kinois plutôt que d’attendre qu’ils franchissent la porte d’une bibliothèque.

Le rendez-vous s’organise cette année autour d’une idée centrale : la littérature comme gardienne des mémoires et comme outil de développement. Le propos peut sembler large, mais il touche une question bien réelle en République démocratique du Congo : celle de la circulation des textes, de leur conservation et de leur capacité à nourrir une mémoire collective qui dépasse les frontières nationales.

L’ouverture, jeudi 10 septembre, donnera immédiatement à cette réflexion une dimension politique. Elle sera marquée par la présentation de Militariser l’agriculture, nouvel ouvrage de Didier Mumengi. L’ancien ministre et essayiste y défend une mobilisation beaucoup plus structurée de l’appareil productif congolais pour répondre à l’insécurité alimentaire. Mécanisation, financement, infrastructures, formation et transformation locale font partie des axes avancés dans le livre. Les Éditions Elembo, qui publient l’ouvrage, annoncent une rencontre avec l’auteur au Centre Wallonie-Bruxelles, en entrée libre.

Ce choix d’ouverture rappelle que la rentrée littéraire kinoise n’entend pas réduire le livre à la fiction. L’essai, le débat d’idées et les questions de société y ont leur place. La littérature est ici envisagée dans un sens large : un espace où s’élaborent des récits mais aussi des propositions, des controverses et une certaine manière de documenter le présent.

Entre Kinshasa et Brazzaville, le livre traverse le fleuve

L’un des principaux enjeux de cette édition se trouve à quelques kilomètres seulement de Kinshasa, sur l’autre rive du fleuve. La République du Congo est annoncée comme invitée d’honneur, avec la participation d’une délégation venue de Brazzaville. L’écrivain et homme politique Henri Djombo, président de l’Union nationale des écrivains et artistes congolais, a répondu favorablement à l’invitation qui lui a été adressée par le Centre Wallonie-Bruxelles.

La présence brazzavilloise donne au thème de la mémoire une portée particulière. Kinshasa et Brazzaville partagent une proximité géographique exceptionnelle, une histoire entremêlée et des espaces linguistiques communs, tout en disposant de scènes éditoriales distinctes. Faire circuler auteurs et ouvrages entre les deux capitales permet de rappeler que les frontières politiques ne coïncident pas toujours avec celles des imaginaires.

La Belgique figure également parmi les présences annoncées, notamment à travers l’écrivain Marc Zewenski. La manifestation dessine ainsi un axe Kinshasa-Brazzaville-Bruxelles qui correspond aussi à l’histoire du lieu qui l’accueille. Le Centre Wallonie-Bruxelles et sa bibliothèque célèbrent cette année leurs quarante ans, donnant à la question de la transmission une résonance supplémentaire.

Mais le changement le plus visible se jouera peut-être dehors. Pendant les trois jours, un marché du livre doit occuper l’avenue de la Nation et se prolonger sur le parvis de la bibliothèque. Ce déplacement compte. Dans un secteur où la distribution reste un obstacle majeur, rendre les ouvrages visibles dans l’espace public est aussi une manière d’élargir leur lectorat. Éditeurs et auteurs gagnent une vitrine ; les visiteurs peuvent feuilleter, acheter et rencontrer directement ceux qui écrivent ou publient.

La Grande Rentrée littéraire poursuit cette fonction depuis sa création : rapprocher écrivains, éditeurs et lecteurs tout en donnant une visibilité aux nouvelles voix congolaises. Panels, conférences et expos-ventes complètent cette dimension de salon. Le 12 septembre, la clôture doit également accueillir la cérémonie du Prix littéraire Zamenga, dont l’édition 2026 a lancé plus tôt dans l’année un appel aux auteurs de nouvelles.

À Kinshasa, ces trois journées permettront donc autant de découvrir des livres que d’observer comment se construit aujourd’hui un espace littéraire congolais : entre mémoire et actualité, création et débat public, circulation régionale et nécessité d’aller chercher de nouveaux lecteurs.

Informations pratiques
Grande Rentrée littéraire de Kinshasa
Dates : du jeudi 10 au samedi 12 septembre 2026
Lieu : Centre Wallonie-Bruxelles et avenue de la Nation, Kinshasa-Gombe, République démocratique du Congo
Ouverture du 10 septembre : présentation de Militariser l’agriculture de Didier Mumengi
Au programme : rencontres littéraires, présentations d’ouvrages, marché du livre, panels et conférences ; remise du Prix Zamenga annoncée le 12 septembre
Accès au lancement de Didier Mumengi : entrée libre, confirmation de présence proposée par les Éditions Elembo