Le Barbican fait vivre sa saison Project a Black Planet avec écoute collective, performances, ateliers, discussions et exposition. À Londres, le panafricanisme quitte le seul cadre historique pour devenir une expérience de sons, d’archives, de récits et de création partagée.
À Londres, le Barbican consacre l’été à une grande saison panafricaine. Project a Black Planet se déploie du 5 juin au 6 septembre 2026, avec plus de cinquante événements mêlant art, cinéma, musique, discussions, ateliers et rencontres. Au centre du programme, l’exposition Project a Black Planet : The Art and Culture of Panafrica, visible à l’Art Gallery du 11 juin au 6 septembre, rassemble plus de 300 œuvres, entre peintures, installations, affiches, revues et films.
La semaine du 26 juin au 3 juillet concentre plusieurs rendez-vous marquants. Le vendredi 26 juin, la soirée Listening Session : Everything Is Political–What Is The Future of Panafrica? ouvre la séquence à 20h30 dans l’Art Gallery. Animée par Busayo Twins, elle s’appuie sur des discours enregistrés, des prises de parole et des fragments sonores de figures panafricaines pour interroger leur résonance aujourd’hui. Les billets donnent aussi accès à l’exposition entre 18h et 20h, avant la séance d’écoute.
Le lendemain, samedi 27 juin, le Barbican change d’échelle avec Stories of Panafrica, une journée organisée dans le Conservatory et la Garden Room, en partenariat avec The Africa Centre. Le programme annonce performances, musique, discussions, ateliers, mouvement, écriture créative et fabrication. L’événement réunit notamment Usifu Jalloh, Nii Kwartey Owoo, Shea Best, Fikayo Adebajo, Anthony Kalume, Keith Shiri, Endurance Steel Orchestra, Mahogany Carnival Design et IRIE ! dance theatre.
Des archives à écouter
La force de cette semaine tient à sa variété de formats. Le public n’est pas seulement invité à regarder une exposition. Il écoute, chante, débat, écrit, fabrique, se déplace. Dans Stories of Panafrica, le conteur Usifu Jalloh ouvre la journée avec Me Wan Go Home, une exploration musicale des parcours et des combats de grandes figures panafricaines en quête de foyer et de liberté. Le programme convoque Harriet Tubman, Granny Nanny et d’autres voix de résistance, avec une participation active du public par le chant.
L’après-midi poursuit cette logique de transmission. Le Barbican annonce des moments autour des griots, des mémoires orales, du tambour, du mouvement et de l’écriture. Le cadre du Conservatory, immense jardin intérieur de l’institution londonienne, donne à la journée une atmosphère particulière : la parole y circule dans un espace moins frontal qu’une salle classique. On vient écouter, mais aussi répondre.
En soirée, le 27 juin, la saison se prolonge avec Ben LaMar Gay’s We Chree à 19h30 à LSO St Luke’s. Le compositeur et musicien de Chicago y joue en trio avec Rob Frye aux bois et Mike Reed à la batterie. Sa musique traverse jazz, hip-hop, house, avant-garde et influences latines, dans une filiation expérimentale marquée par Chicago et par ses séjours au Brésil.
Londres, carrefour noir atlantique
Le vendredi 3 juillet, la deuxième séance d’écoute de la période adopte un angle plus britannique. Generation(s) of Panafrica–An Ode to Street Soul, menée par Nate Agbetu et Toyin Agbetu, revient sur le street soul, un courant indépendant de la musique noire britannique de la fin des années 1980 et du début des années 1990. Le Barbican le présente comme une part encore trop peu documentée de l’histoire musicale noire au Royaume-Uni.
La rencontre prend la forme d’un dialogue public entre père et fils. Toyin Agbetu, musicien, universitaire et militant panafricain, revisite son catalogue, ses labels, ses alias et son lien avec les radios communautaires pirates. La séance explore une époque où la création indépendante répondait à l’effacement institutionnel et au racisme par l’organisation, la musique et les réseaux de quartier.
Ces rendez-vous s’inscrivent dans une exposition ambitieuse. Le Barbican présente Project a Black Planet comme la première grande exposition consacrée à l’influence du panafricanisme sur l’art visuel et la culture. Les œuvres viennent d’Afrique, du Brésil, des Caraïbes, d’Amérique du Nord et d’Europe occidentale, avec des artistes comme Chris Ofili, Marlene Dumas, Claudette Johnson, El Anatsui, Kader Attia, Ibrahim El-Salahi, William Kentridge, Simone Leigh, Lubaina Himid ou Lynette Yiadom-Boakye.
À Londres, le panafricanisme n’est donc pas présenté comme un chapitre fermé. Il apparaît comme une matière vivante, faite d’images, de sons, de corps, de paroles et de mémoires familiales. Entre la galerie, le jardin intérieur, la salle de concert et les séances d’écoute, le Barbican transforme une idée politique en parcours culturel sensible.
Informations pratiques
Événement : Project a Black Planet: A Season
Lieu : Barbican Centre, Silk Street, Londres EC2Y 8 DS
Dates de la saison : 5 juin – 6 septembre 2026
Exposition : Project a Black Planet: The Art and Culture of Panafrica, 11 juin–6 septembre 2026, Barbican Art Gallery
Vendredi 26 juin : Listening Session: Everything Is Political–What Is The Future of Panafrica?, 20h30, Art Gallery; accès à l’exposition inclus entre 18h et 20h
Samedi 27 juin : Stories of Panafrica, 12 h, Conservatory & Garden Room; Ben LaMar Gay’s We Chree, 19h30, LSO St Luke’s
Vendredi 3 juillet : Listening Session: Generation(s) of Panafrica–An Ode to Street Soul, 20h30, Art Gallery
Tarifs indicatifs : exposition à partir de £20.50 ; Stories of Panafrica £15, £12 Young Barbican, gratuit pour les moins de 16 ans ; séances d’écoute £21.50, £12 Young Barbican.
