Disponible sur Netflix depuis le 12 juin, « The Polygamist » adapte le roman à succès de l’écrivaine zimbabwéenne Sue Nyathi. Entre drame familial, pouvoir, ambition et trahisons, cette production sud-africaine explore les failles d’un homme dont l’empire économique menace de s’effondrer sous le poids de ses mensonges.
À première vue, Jonasi Gomora a tout pour incarner la réussite. Entrepreneur prospère, chef d’entreprise respecté, figure admirée de son entourage, il affiche également une vie familiale qui semble irréprochable. Son épouse, Joyce, cultive sur les réseaux sociaux l’image d’un couple exemplaire et d’une famille unie.
Mais derrière cette façade soigneusement entretenue se cache une réalité beaucoup plus instable. Jonasi mène plusieurs vies à la fois. Épouses, maîtresses, relations secrètes et arrangements tacites finissent par former un équilibre fragile qui menace de se rompre à tout instant. Lorsque les vérités commencent à émerger, c’est l’ensemble de son univers qui vacille.
Adaptée du roman publié en 2012 par l’autrice zimbabwéenne Sue Nyathi, la série s’intéresse moins à la polygamie elle-même qu’aux rapports de pouvoir qu’elle révèle. Argent, statut social, dépendance affective, loyauté familiale et quête de reconnaissance se croisent dans une intrigue où chacun tente de préserver sa place.
Portée par S’dumo Mtshali dans le rôle de Jonasi et Gugu Gumede dans celui de Joyce, la série s’inscrit dans la tradition des grands drames populaires sud-africains tout en bénéficiant des moyens d’une production Netflix ambitieuse. Avec vingt-deux épisodes, elle constitue la plus importante « supernovela » sud-africaine produite à ce jour par la plateforme.
Une Afrique contemporaine loin des clichés
L’intérêt de « The Polygamist » réside aussi dans le portrait qu’elle dresse de l’Afrique urbaine contemporaine. On est loin ici des représentations folkloriques ou misérabilistes souvent associées au continent dans les productions occidentales.
La série se déroule dans un univers d’affaires, de réseaux sociaux, de réussite économique et d’ambition personnelle. Les personnages évoluent dans un monde moderne où les questions de réputation, de visibilité publique et de pouvoir financier occupent une place centrale. Pourtant, les héritages culturels et les structures familiales continuent d’exercer leur influence sur les trajectoires individuelles.
À travers ses personnages féminins, la série interroge également la manière dont les femmes négocient leur place au sein de systèmes où le pouvoir demeure largement masculin. Chaque épouse ou maîtresse incarne une stratégie différente face à la domination, à l’amour, à la dépendance ou à l’émancipation.
Cette tension entre modernité et héritage constitue l’un des fils rouges du récit. Elle explique sans doute pourquoi l’histoire imaginée par Sue Nyathi continue de trouver un écho plus de dix ans après la publication du roman.
Avec « The Polygamist », Netflix poursuit par ailleurs son investissement dans les productions africaines originales, après le succès de séries comme « Blood & Water », « Unseen » ou « Kings of Jo’Burg ». Une évolution qui témoigne du poids croissant des industries audiovisuelles africaines sur les plateformes internationales.
Informations pratiques
Titre : « The Polygamist »
Plateforme : Netflix
Pays : Afrique du Sud
Date de mise en ligne : 12 juin 2026
Créé d’après le roman de : Sue Nyathi
Distribution : Gugu Gumede, S’dumo Mtshali, Kwanele Mthethwa, Kenneth Nkosi, S’thandiwe Kgoroge et Celeste Ntuli.
Format : 22 épisodes.
