Jusqu’au 6 juin, le Festival international du cinéma africain de Khouribga réunit réalisateurs, producteurs et cinéphiles venus de tout le continent. Créé il y a près d’un demi-siècle, il demeure l’un des rares espaces entièrement consacrés aux cinématographies africaines.
Alors que les grands festivals internationaux accordent encore une place limitée aux productions africaines, la ville marocaine de Khouribga poursuit discrètement son travail de passeur. Depuis près de cinquante ans, elle accueille un événement devenu une référence pour les professionnels du continent : le Festival international du cinéma africain de Khouribga, plus connu sous le sigle FICAK.
Fondé en 1977, le festival est considéré comme le plus ancien rendez-vous cinématographique entièrement consacré au cinéma africain. Bien avant que les plateformes et les réseaux sociaux ne facilitent la circulation des œuvres, il offrait déjà aux réalisateurs africains un espace de visibilité, de rencontre et de réflexion.
L’édition 2026 se poursuit jusqu’au 6 juin et réunit cinéastes, critiques, producteurs, chercheurs et passionnés venus de nombreux pays du continent. Comme chaque année, les projections sont accompagnées de débats, de rencontres professionnelles et d’hommages à des personnalités qui ont marqué l’histoire du cinéma africain.
Au fil des décennies, le festival a accompagné plusieurs générations de réalisateurs. Beaucoup y ont présenté leurs premiers films avant d’être reconnus sur la scène internationale. Cette fidélité à la découverte constitue l’un des traits distinctifs de Khouribga.
Une mémoire vivante du cinéma africain
Le FICAK occupe une place particulière dans le paysage culturel africain. Contrairement à d’autres festivals qui cherchent à couvrir toutes les cinématographies du monde, il demeure centré sur l’Afrique et sur les récits produits par les Africains eux-mêmes.
Cette orientation lui permet de suivre, année après année, les évolutions du continent à travers le regard des cinéastes. Les films sélectionnés abordent des sujets extrêmement variés : mémoire historique, transformations sociales, migrations, jeunesse, urbanisation, rapports familiaux ou encore questions identitaires.
Le festival constitue ainsi un observatoire privilégié des préoccupations qui traversent les sociétés africaines contemporaines. À travers les œuvres projetées, le public découvre non seulement des histoires, mais aussi des visions du monde parfois absentes des circuits de diffusion internationaux.
Cette mission est d’autant plus importante que le cinéma africain continue de faire face à de nombreux défis. Le financement des productions reste souvent difficile, les réseaux de distribution demeurent limités et les écrans sont largement dominés par les productions américaines ou européennes.
Dans ce contexte, des festivals comme Khouribga jouent un rôle essentiel. Ils permettent aux films de rencontrer leur public et favorisent les échanges entre professionnels venus de différentes régions du continent.
Un lieu de rencontre entre générations
Mais le FICAK ne se résume pas à une succession de projections. Sa longévité lui a permis de devenir un espace de transmission où se croisent plusieurs générations de cinéastes.
Les jeunes réalisateurs y rencontrent des figures reconnues du cinéma africain. Les étudiants échangent avec les producteurs. Les critiques débattent avec les réalisateurs. Cette dimension humaine contribue largement à la réputation du festival.
Chaque édition est également l’occasion de mettre à l’honneur des artistes qui ont contribué à écrire l’histoire du cinéma africain. Ces hommages rappellent que le continent possède une tradition cinématographique riche, souvent méconnue du grand public.
Dans une période où les plateformes modifient profondément les habitudes de consommation culturelle, Khouribga continue de défendre l’expérience collective du cinéma. Regarder un film, puis en discuter avec son réalisateur ou avec d’autres spectateurs, demeure au cœur de son projet.
Près d’un demi-siècle après sa création, le festival conserve ainsi sa raison d’être : offrir aux cinémas africains un espace où ils peuvent se montrer, se rencontrer et dialoguer. Une mission qui explique sa longévité et son statut particulier dans le paysage culturel du continent.
Informations pratiques
Festival international du cinéma africain de Khouribga (FICAK)
Dates : jusqu’au 6 juin 2026
Lieu : Khouribga, Maroc
Au programme
Compétition officielle de films africains
Projections de longs métrages et documentaires
Rencontres avec les réalisateurs
Conférences et tables rondes
Hommages à des personnalités du cinéma africain
Échanges professionnels
Site : https://ficak.ma
