Le 20 mai 2026, l’Institut du monde arabe organise à Paris un grand concert de solidarité avec le Liban. Placée sous la direction artistique d’Ibrahim Maalouf et Hiba Tawaji, cette soirée réunira plusieurs artistes libanais et franco-libanais afin de collecter des fonds pour les populations touchées par la guerre.
Le parvis de l’Institut du monde arabe deviendra, le 20 mai prochain, une scène de solidarité. À 20h, sous le haut patronage du président de la République française, l’IMA accueillera un concert exceptionnel en soutien au Liban et aux Libanais, frappés par une guerre dont les conséquences humanitaires continuent de s’aggraver.
L’événement, placé sous la direction artistique d’Ibrahim Maalouf et Hiba Tawaji, réunira de nombreux artistes libanais et franco-libanais. Abdel Rahman el Bacha, Oussama Rahbani, Oumeïma el Khalil, Tania Saleh, Sary et Ayad Khalifé, Cyril Mokaiesh, Ycare, Nach, Vernis rouge, Astrig Siranossian, Joseph Kamel, Madame Monsieur et d’autres encore ont répondu à l’appel. Rima Abdul-Malak participera également à cette soirée, pensée comme un moment de mobilisation culturelle autant que comme une levée de fonds.
À travers ce concert, l’Institut du monde arabe entend inscrire son action dans la continuité de l’engagement français aux côtés du Liban. Depuis le début de la guerre, l’institution parisienne multiplie les gestes de soutien envers un pays auquel elle est profondément liée par son histoire, sa mission et sa vocation de dialogue entre les deux rives de la Méditerranée. L’IMA présente d’ailleurs jusqu’au 24 août l’exposition «Byblos, cité millénaire du Liban», rappelant la profondeur historique et culturelle d’un pays aujourd’hui meurtri.
Une scène pour la solidarité
La soirée du 20 mai ne se veut pas seulement symbolique. Les bénéfices issus de la billetterie seront intégralement reversés au Centre de crise et de soutien du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères. Les spectateurs pourront également effectuer des dons lors de l’achat de leur billet. Ceux qui le souhaitent auront aussi la possibilité de contribuer directement à l’action menée par la Fondation de France au Liban.
Le choix des artistes donne à cette mobilisation une résonance particulière. Ibrahim Maalouf, figure majeure du jazz contemporain et musicien profondément attaché à ses racines libanaises, partage la direction artistique de la soirée avec Hiba Tawaji, chanteuse dont la voix est associée depuis des années à une certaine idée du Liban, entre mémoire, puissance scénique et ouverture internationale. Autour d’eux, plusieurs générations d’artistes porteront une même cause, chacune avec son langage musical.
Le piano d’Abdel Rahman el Bacha, les compositions d’Oussama Rahbani, la voix d’Oumeïma el Khalil, l’univers engagé de Tania Saleh, les créations de Sary et Ayad Khalifé ou encore la présence d’artistes plus récents comme Joseph Kamel, Nach ou Vernis rouge composeront un plateau à la fois populaire, exigeant et transversal. Ce rassemblement reflète aussi la place singulière de la culture libanaise en France, portée par une diaspora active, présente dans la musique, le théâtre, la littérature, le cinéma et les arts visuels.
Dans un contexte de guerre, ce type d’événement rappelle que la solidarité ne passe pas uniquement par les canaux diplomatiques ou humanitaires. Elle se construit aussi dans l’espace public, par la visibilité donnée à une cause, par la capacité des artistes à fédérer au-delà des appartenances politiques, et par la mobilisation concrète d’un public. Le concert de l’IMA entend précisément créer ce lien entre émotion, engagement et action.
Une aide pour les déplacés
Les fonds collectés viendront soutenir des mécanismes déjà engagés sur le terrain. Depuis le début du conflit, la France affirme être mobilisée en faveur de la stabilité du Liban, du respect de sa souveraineté et de l’aide aux populations civiles. À la suite d’un déplacement du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères à Beyrouth, le 19 mars, une aide humanitaire d’urgence de 17 millions d’euros a été annoncée pour répondre aux besoins les plus pressants.
Cette assistance est mise en œuvre avec les Nations unies, le Comité international de la Croix-Rouge, ainsi qu’avec des ONG libanaises et françaises. Depuis mars 2026, le Centre de crise et de soutien a acheminé vers Beyrouth plus de 100 tonnes d’aide médicale et de matériel essentiel, notamment pour les personnes déplacées. Cette aide a été remise au ministère libanais de la Santé, à plusieurs hôpitaux et à des organisations humanitaires partenaires.
Les besoins sont multiples. Ils concernent la santé, l’accès à l’eau, l’hygiène, l’assainissement, la sécurité alimentaire, l’éducation, la protection des personnes vulnérables et les abris. Dans un pays déjà fragilisé par des années d’effondrement économique, de crise institutionnelle et de tensions régionales, la guerre accentue une précarité devenue structurelle. Les déplacés, les familles d’accueil, les enfants déscolarisés et les personnes âgées figurent parmi les publics les plus exposés.
La Fondation de France concentre, de son côté, son action sur les populations affectées par les hostilités. Elle s’appuie sur des associations libanaises qu’elle connaît de longue date, afin de déployer une aide adaptée aux besoins locaux. Une partie des programmes soutient les productions agricoles locales, qui alimentent ensuite des cuisines communautaires capables de fournir des milliers de repas dans des centres d’accueil ou auprès de familles hébergeant des déplacés.
D’autres actions visent l’aménagement de bâtiments dans les zones jugées plus sûres, la distribution de produits d’hygiène, l’accès à certains médicaments et l’accompagnement éducatif ou psychosocial des enfants. Dans un pays où la solidarité familiale et communautaire compense souvent les insuffisances de l’État, ces dispositifs permettent de soutenir à la fois ceux qui ont dû partir et ceux qui les accueillent.
