De Paris au Val-de-Marne, de Lomé à Mombasa, de Tambasansang aux plateformes mondiales, la création africaine et afro-diasporique occupe cette semaine des scènes contrastées. Concerts, festivals, séries et expositions dessinent un paysage culturel traversé par le rituel, la fête, l’enquête et l’expérimentation formelle. Une programmation plurielle, où les œuvres dialoguent avec les réalités sociales, les imaginaires contemporains et les cadres politiques qui les façonnent.
Du 30 janvier au 1er février 2026, le Tambasansang Cultural Festival réunit habitants et visiteurs dans l’est de la Gambie. Trois jours de musiques, danses et rituels pour célébrer un patrimoine vivant, transmis collectivement.
À l’écart des grands circuits touristiques, le Tambasansang Cultural Festival s’impose comme l’un des rendez-vous culturels les plus ancrés localement en Gambie. Organisé dans le village de Tambasansang, dans l’Upper River Region, l’événement se tiendra sur trois jours, du 30 janvier au 1er février 2026, selon des dates confirmées par l’organisation.
Le festival est pensé avant tout comme un moment communautaire. Ici, il ne s’agit pas de reconstituer une tradition pour le regard extérieur, mais de rendre visibles des pratiques qui structurent encore la vie quotidienne : musique, danse, oralité, transmission intergénérationnelle. Tambasansang devient, le temps de quelques jours, un espace de rassemblement où se croisent habitants des villages voisins, membres de la diaspora de retour au pays et visiteurs curieux de découvrir une Gambie rurale et vivante.
Les performances musicales occupent une place centrale. Tambours, chants traditionnels mandingues et interventions de griots rythment les journées. Ces figures, gardiennes de la mémoire orale, racontent les lignées, les événements fondateurs et les valeurs qui organisent la communauté. La musique n’est pas ici un simple divertissement : elle est un langage social, un outil de cohésion et de reconnaissance mutuelle.
Une célébration communautaire
Danses collectives, démonstrations rituelles et cérémonies ponctuent le programme, souvent sans séparation nette entre artistes et public. Les spectateurs deviennent participants, invités à entrer dans le cercle, à apprendre les gestes, à partager le tempo. Cette porosité fait partie de l’identité du festival, qui refuse la mise à distance entre ceux qui montrent et ceux qui regardent.
La dimension culinaire est également essentielle. Les repas préparés sur place, à base de produits locaux, sont proposés comme des moments de partage. Ils prolongent les échanges, favorisent les rencontres et donnent au festival une atmosphère familiale, loin des formats standardisés des grands événements culturels. L’artisanat local — tissus, objets utilitaires, créations traditionnelles — trouve aussi sa place, rappelant que la culture s’exprime autant dans les gestes quotidiens que sur scène.
Le Tambasansang Cultural Festival s’inscrit dans une dynamique plus large de valorisation des cultures rurales gambiennes. Dans un pays souvent réduit à sa côte touristique, l’événement rappelle la richesse des régions de l’intérieur et leur rôle central dans la préservation des identités culturelles. Il contribue également à renforcer la fierté locale, en donnant aux jeunes générations un espace où voir leurs traditions reconnues et célébrées.
Pour les visiteurs étrangers, le festival offre une expérience rare : celle d’une immersion sans filtre dans une communauté qui se raconte elle-même. Loin de l’exotisme de façade, Tambasansang propose un autre rapport au temps, à la fête et à la transmission. On y vient moins pour consommer un spectacle que pour assister à une culture en action.
À mesure que l’événement gagne en visibilité, ses organisateurs insistent sur un équilibre délicat : accueillir sans dénaturer, ouvrir sans transformer. Le Tambasansang Cultural Festival revendique cette simplicité comme une force. Celle d’un rendez-vous où la culture n’est ni figée ni mise en scène, mais vécue collectivement, dans un esprit de continuité.
Informations pratiques
Événement : Tambasansang Cultural Festival
Dates : 30 janvier – 1er février 2026
Lieu : Tambasansang, Upper River Region, Gambie
Durée : 3 jours
Type : Festival culturel et communautaire
À savoir : événement en plein air, organisation locale, immersion culturelle privilégiée
Sons d’hiver, laboratoire musical de l’Île-de-France (30 janvier- 21 fevrier)
Du 30 janvier au 21 février 2026, le Festival Sons d’hiver déploie à Paris et dans le Val-de-Marne une programmation exigeante et ouverte, où jazz, hip-hop et musiques expérimentales dialoguent au fil de concerts itinérants.
Chaque hiver, Festival Sons d’hiver s’impose comme l’un des rendez-vous musicaux majeurs de l’Île-de-France. Pour son édition 2026, le festival investit à nouveau Paris et le Val-de-Marne, du 30 janvier au 21 février, avec une ambition inchangée : offrir un espace d’exploration sonore où se croisent héritages du jazz, écritures contemporaines et formes hybrides issues des musiques actuelles.
Créé au début des années 1990, Sons d’hiver a longtemps été identifié comme un festival de jazz. Il en a conservé l’exigence artistique et le goût de l’improvisation, tout en élargissant progressivement son spectre. Aujourd’hui, la programmation mêle jazz moderne, hip-hop, musiques électroniques, rock expérimental et projets inclassables. Ce décloisonnement est devenu sa signature, attirant un public varié, composé d’amateurs avertis comme de curieux en quête de nouvelles expériences d’écoute.
La géographie du festival participe pleinement de son identité. Les concerts se déploient dans plusieurs villes du Val-de-Marne — Créteil, Vitry-sur-Seine, Vincennes, Villejuif ou encore Alfortville — ainsi qu’à Paris, notamment au Théâtre de la Cité internationale. Cette circulation entre les territoires permet de toucher des publics différents et de faire dialoguer des lieux aux jauges et aux atmosphères contrastées, des salles intimistes aux scènes plus institutionnelles.
Une programmation pensée comme un parcours
Sons d’hiver ne se contente pas d’aligner des concerts. L’édition 2026 est conçue comme un parcours, où chaque soirée éclaire une facette différente de la création musicale contemporaine. Des figures reconnues du jazz international y côtoient des artistes émergents, des formations acoustiques dialoguent avec des dispositifs électroniques, et certaines soirées font se rencontrer des traditions musicales éloignées géographiquement mais proches dans leur rapport au rythme et à l’improvisation.
Le festival accorde également une place importante aux créations originales. Projets inédits, collaborations spécialement conçues pour l’événement, relectures d’œuvres existantes : Sons d’hiver se positionne comme un espace de production autant que de diffusion. Cette dimension créative renforce son rôle de laboratoire, où les artistes peuvent expérimenter hors des cadres commerciaux habituels.
L’un des enjeux centraux du festival est la relation au public. En privilégiant des lieux de proximité et des formats accessibles, Sons d’hiver maintient une forme de convivialité rare dans les grandes manifestations musicales. Les échanges entre artistes et spectateurs, parfois informels, font partie intégrante de l’expérience. Cette attention portée à l’écoute et à la rencontre contribue à fidéliser un public qui revient moins pour des têtes d’affiche que pour une ligne artistique cohérente.
Dans le paysage culturel francilien, Sons d’hiver occupe une place singulière. Il ne cherche ni l’effet de masse ni la programmation consensuelle. Son positionnement repose sur la confiance accordée à l’intelligence du public et sur une vision exigeante de la musique comme espace de recherche. Cette constance explique sa longévité et son inscription durable dans le calendrier hivernal.
À l’heure où de nombreux festivals misent sur la visibilité immédiate et la rentabilité, Sons d’hiver continue de défendre une autre temporalité : celle de l’écoute attentive, de la découverte progressive et de la curiosité. Trois semaines durant, il offre un panorama vivant des musiques qui se fabriquent aujourd’hui, à la croisée des genres et des territoires.
Informations pratiques
Événement : Festival Sons d’hiver
Dates : 30 janvier – 21 février 2026
Lieu : Paris et Val-de-Marne (Île-de-France)
Type : Festival musical itinérant
Genres : jazz, hip-hop, musiques électroniques, expérimentales
Format : concerts et créations originales
Hamid El Kasri, le souffle du gnawa à Paris (31 janvier)
Le 31 janvier 2026, Hamid El Kasri est en concert à Paris. Le maître gnawa marocain y déploie une musique rituelle fondée sur la voix, le rythme et la répétition, entre tradition vivante et expérience collective.
Le 31 janvier 2026, Hamid El Kasri se produit à Paris pour un concert consacré au gnawa, tradition musicale et spirituelle nord-africaine inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. La date apparaît dans plusieurs agendas spécialisés des musiques africaines et figure parmi les rendez-vous marquants de l’hiver pour les amateurs de musiques rituelles.
Hamid El Kasri est l’un des mâalems les plus respectés de sa génération. Né à Ksar El Kebir, formé à Meknès puis à Marrakech, il est reconnu pour sa voix grave et ample, capable de porter des suites longues sans perdre en intensité. Son jeu de guembri, précis et profond, structure l’ensemble du rituel sonore, soutenu par les qraqeb, dont le cliquetis métallique impose une pulsation continue.
Le gnawa n’est pas une musique de format court. Les morceaux s’étirent, s’installent, progressent par cycles. Les chants évoquent la mémoire des communautés afro-maghrébines, la filiation, la protection et la guérison symbolique. Sur scène, Hamid El Kasri ne simplifie pas ce répertoire : il en conserve la durée, la répétition et la tension rythmique, même dans un contexte de concert.
Une soirée entre scène et rituel
À Paris, la performance s’annonce comme une soirée immersive, où la frontière entre concert et expérience collective reste volontairement poreuse. Le public n’est pas invité à consommer un spectacle, mais à entrer dans un tempo, à accepter une autre temporalité. La montée progressive du rythme, l’appel-réponse entre le mâalem et les chœurs, l’endurance musicale font partie intégrante de l’écoute.
Habitué des grandes scènes internationales — du Festival d’Essaouira aux festivals européens de musiques du monde — Hamid El Kasri est aussi connu pour avoir collaboré avec des musiciens de jazz et d’improvisation. Mais ses concerts en solo gnawa restent les plus fidèles à l’esprit originel de cette musique. Celui de Paris s’inscrit dans cette ligne : une proposition directe, sans ornement superflu.
Dans le contexte parisien, cette date attire un public large : amateurs de musiques traditionnelles, membres des diasporas maghrébines et africaines, mais aussi auditeurs curieux des formes répétitives et modales. En plein hiver, ce concert offre une alternative aux formats électriques ou électroniques dominants : une musique portée par le corps, la voix et le rythme.
Hamid El Kasri rappelle ainsi que le gnawa n’est ni une relique ni un folklore figé, mais une pratique vivante, capable de trouver sa place sur une scène parisienne sans perdre sa force ni sa cohérence.
Informations pratiques
Artiste : Hamid El Kasri
Date : 31 janvier 2026
Ville : Paris
Lieu : Cabaret Sauvage
Genre : gnawa/musique traditionnelle nord-africaine
Format : concert vocal et rythmique
Instrumentation : guembri, qraqeb, chant
Billetterie : réservation en ligne (plateformes culturelles parisiennes)
Mizani : une enquête au cœur des ténèbres kényanes (5 février)
Avec Mizani, Showmax propose une série policière kényane sombre et engagée. Portée par une enquête sur le trafic d’organes à Mombasa, elle mêle drame intime, corruption systémique et quête de rédemption.
Prévue pour le 5 février 2026, Mizani s’inscrit dans la montée en puissance des fictions africaines ambitieuses sur les plateformes de streaming. Produite pour Showmax, la série adopte les codes du crime drama contemporain tout en les ancrant fermement dans une réalité kényane rarement explorée avec autant de frontalité.
Mizani suit le parcours d’un journaliste d’investigation à la réputation solide, dont la vie bascule lorsque sa fille est brutalement enlevée. Très vite, l’affaire dépasse le cadre d’un drame familial. En cherchant à la retrouver, il met au jour l’existence d’un réseau clandestin de trafic d’organes opérant sur la côte est-africaine, avec Mombasa comme plaque tournante. L’enquête révèle alors un enchevêtrement de complicités : policiers corrompus, intermédiaires médicaux, notables intouchables.
Là où la série se distingue, c’est dans son refus du sensationnalisme. Le trafic d’organes n’est jamais réduit à un simple ressort narratif. Il est présenté comme un système, alimenté par la misère, la demande internationale et l’effondrement de certains garde-fous institutionnels. Mizani prend le temps de montrer les zones grises : des personnages ni totalement coupables ni totalement innocents, pris dans des logiques de survie ou de silence.
Entre enquête criminelle et drame moral
La série articule son récit autour d’une tension constante entre investigation et culpabilité intime. Le journaliste n’est pas un héros lisse. Sa quête de vérité se heurte à ses propres renoncements passés, à des compromis professionnels qui, peut-être, ont rendu ce drame possible. À mesure que l’enquête progresse, la question centrale se déplace : s’agit-il seulement de sauver sa fille, ou de réparer quelque chose de plus large — un regard trop longtemps détourné ?
Le choix de Mombasa comme décor n’est pas anodin. Ville portuaire, carrefour commercial et touristique, elle apparaît ici sous un jour rarement montré à l’écran. Les contrastes sont omniprésents : plages et arrière-salles, hôtels de luxe et cliniques clandestines, circulation fluide de l’argent et invisibilité des victimes. La mise en scène joue sur ces oppositions pour renforcer le sentiment d’étouffement et de danger latent.
Sur le plan formel, Mizani adopte une narration tendue, parfois austère, privilégiant l’atmosphère à l’action spectaculaire. Les silences, les regards et les non-dits occupent une place centrale. Cette retenue contribue à donner du poids au propos, en évitant l’écueil du thriller standardisé.
Avec cette série, Showmax poursuit une ligne éditoriale claire : soutenir des récits africains qui abordent frontalement des enjeux sociaux et politiques, sans les édulcorer pour un public international. Mizani ne cherche pas à plaire à tout prix. Elle propose un regard dur, parfois inconfortable, mais nécessaire sur une criminalité transnationale qui reste largement méconnue.
À la croisée du polar, du drame familial et de la critique sociale, la série s’adresse à un public en quête de fictions exigeantes, capables de raconter l’Afrique contemporaine autrement que par le prisme de l’exotisme ou du divertissement pur.
Informations pratiques
Titre : Mizani
Première diffusion : 5 février 2026
Plateforme : Showmax
Format : Série
Genre : Policier/crime drama
Pays : Kenya
Langue : anglais/swahili (sous-titres disponibles)
Raï Nation 2 : Paris célèbre le raï populaire (6 février)
Le 6 février 2026, Raï Nation 2 investit l’Adidas Arena à Paris. Une grande soirée dédiée au raï algérien, réunissant figures historiques et artistes populaires pour célébrer une musique festive, sociale et profondément transgénérationnelle.
Le 6 février 2026, Raï Nation 2 transforme l’Adidas Arena en vaste scène consacrée au raï, musique populaire algérienne née à Oran et devenue, au fil des décennies, l’un des langages musicaux les plus fédérateurs du Maghreb et de ses diasporas.
Pensé comme une immersion musicale et culturelle, l’événement réunit plusieurs figures majeures du genre, issues de différentes générations. À l’affiche, Zahouania, voix emblématique du raï féminin, connue pour ses textes directs et son énergie scénique, côtoie Cheb Bilal, figure incontournable du raï populaire des années 1990-2000. Autour d’eux, Bilal Sghir, Samira l’Oranaise, Cheb Bello, Cheba Djenet ou encore Houari Dauphin composent un plateau volontairement large, reflétant la diversité du raï contemporain.
Le raï est une musique de la parole et du corps. Historiquement liée aux milieux populaires, aux fêtes, aux cafés et aux cabarets, elle raconte l’amour, l’exil, la fête, les désillusions sociales. Sur scène, cette dimension collective est centrale : refrains repris en chœur, rythmes dansants, proximité avec le public. Raï Nation 2 assume pleinement cet héritage festif, sans chercher à lisser ou intellectualiser le genre.
Une soirée entre mémoire et fête populaire
L’intitulé Raï Nation 2 suggère la continuité d’un format déjà éprouvé : un grand concert fédérateur, pensé pour un public large, mêlant nostalgiques du raï classique et amateurs de formes plus actuelles. La programmation repose sur une logique claire : faire dialoguer les voix qui ont façonné le genre avec celles qui le prolongent aujourd’hui, dans un même élan populaire.
Le choix de l’Adidas Arena permet un format ample, à la hauteur de l’ambition de l’événement. Ici, le raï quitte les salles intermédiaires pour investir une grande enceinte parisienne, confirmant son statut de musique majeure dans le paysage culturel francilien. Le public attendu est à la fois diasporique, intergénérationnel et festif, venu autant pour danser que pour retrouver des voix familières.
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Sans dispositif scénique complexe annoncé, l’essentiel repose sur les performances vocales, l’enchaînement des artistes et l’énergie collective. Raï Nation 2 s’inscrit ainsi dans une tradition de concerts-événements où la musique populaire se vit comme un moment de rassemblement, plus que comme un simple spectacle.
Dans un hiver culturel dense, cette soirée apparaît comme un temps fort pour les amateurs de musiques nord-africaines, rappelant que le raï, loin d’être figé dans le passé, continue de remplir les salles et de faire vibrer les foules.
Informations pratiques
Événement : Raï Nation 2 – Une immersion musicale & culturelle
Date : 6 février 2026
Ville : Paris
Lieu : Adidas Arena
Genre : raï/musiques nord-africaines
Artistes : Zahouania, Cheb Bilal, Bilal Sghir, Samira l’Oranaise, Cheb Bello, Cheba Djenet, Houari Dauphin…
Format : grand concert festif
Public : tout public, amateurs de raï et de musiques populaires
Yoh ! Bestie: quand l’amitié se heurte à l’amour (6 février)
Suite attendue de Yoh ! Christmas, Yoh ! Bestie arrive sur Netflix début février 2026. Cette comédie romantique sud-africaine explore la frontière fragile entre amitié, jalousie et désir, dans le décor lumineux d’un mariage.
Prévu pour le 6 février 2026, Yoh ! Bestie s’inscrit dans la stratégie de Netflix de renforcer son offre de fictions locales à portée mondiale. Le film prolonge l’univers de Yoh ! Christmas, succès des fêtes 2023, et en déplace les enjeux vers un terrain plus intime : celui des sentiments longtemps contenus.
Là où Yoh ! Christmas jouait avec les codes du récit choral et les pressions familiales liées aux fêtes, Yoh ! Bestie resserre le cadre autour d’un duo central. Thando, héroïne déjà connue du public, voit revenir son meilleur ami Charles après un voyage prolongé. Il n’est plus seul : il est fiancé. Ce simple basculement suffit à fissurer l’équilibre. Le film s’intéresse alors à une question universelle : que reste-t-il d’une amitié quand l’un des deux comprend trop tard qu’il désirait davantage ?
Classée comme comédie romantique, l’œuvre évite les effets faciles. Le ton reste léger, mais les situations sont traitées avec une attention particulière portée aux émotions contradictoires : loyauté, frustration, peur de perdre l’autre, difficulté à nommer ce qui fait mal. La jalousie, souvent caricaturée dans le genre, devient ici un révélateur. Elle oblige les personnages à clarifier leurs attentes et à assumer leurs choix.
L’intrigue se déroule en grande partie à Knysna, sur la Garden Route sud-africaine, à l’occasion d’un mariage de destination. Le cadre idyllique joue un rôle narratif précis : l’espace clos de la cérémonie, l’enchaînement des rituels et la promiscuité forcée accélèrent les confrontations. Comme souvent dans les récits de noces, l’événement agit moins comme une célébration que comme un révélateur de vérités longtemps différées.
Continuité et renouvellement du casting
Le film retrouve plusieurs visages appréciés de la série, dont Katlego Lebogang (Thando) et Siya Sepotokele (Charles). Leur dynamique gagne en maturité : les dialogues sont plus directs, les silences plus lourds de sens. De nouveaux personnages gravitent autour du couple central, apportant un regard extérieur sur cette amitié ambiguë et servant de miroir aux hésitations des protagonistes.
Avec Yoh ! Bestie, Netflix confirme son intérêt pour des récits sud-africains capables de parler au-delà de leur contexte local. Les références culturelles restent présentes — langues, codes sociaux, humour — mais sans jamais devenir opaques. Le film s’adresse autant au public sud-africain qu’à la diaspora et aux spectateurs internationaux familiers des rom-coms contemporaines.
Sans critiques disponibles à ce stade, l’anticipation se mesure à l’enthousiasme suscité par les premières images et annonces. Le public de Yoh ! Christmas attend une suite qui ne se contente pas de reproduire une formule gagnante, mais qui ose déplacer le regard. En choisissant l’amitié comme point de départ et la jalousie comme moteur dramatique, Yoh ! Bestie promet une variation sensible sur un thème universel.
Informations pratiques
Titre : Yoh ! Bestie
Sortie : 6 février 2026
Plateforme : Netflix
Format : Long métrage
Genre : Comédie romantique
Pays de production : Afrique du Sud
Langues : anglais/langues sud-africaines (sous-titres disponibles)
À Lomé, le design ouest-africain en partage (jusqu’au 15 mars)
Présentée au Palais de Lomé du 28 novembre 2025 au 15 mars 2026, l’exposition Design in West Africa : Unity in Multiplicity rassemble des designers ouest-africains autour d’un design ancré, pluriel et résolument contemporain.
Ouverte depuis le 28 novembre 2025 et visible jusqu’au 15 mars 2026, Design in West Africa : Unity in Multiplicity occupe les espaces du Palais de Lomé. L’exposition est pleinement accessible pendant l’hiver 2026.
Conçue comme un panorama du design ouest-africain contemporain, elle réunit plus d’une vingtaine de créateurs issus du Nigeria, du Ghana, du Sénégal, du Mali, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Togo. Le propos est clair : montrer une scène multiple, sans chercher à produire une esthétique unique ou un récit unifié.
Mobilier, objets, textiles et installations mettent en avant un rapport direct aux matériaux — bois, fibres naturelles, métal, tissus, éléments recyclés — et aux usages. Les pièces exposées dialoguent avec des savoir-faire locaux tout en répondant à des enjeux contemporains : durabilité, réemploi, transformation des formes traditionnelles.
Un design situé, entre usages et création
L’exposition évite toute lecture folklorisante. Le design présenté n’est ni décoratif ni figé : il est pensé comme une pratique située, liée aux contextes sociaux, économiques et culturels des pays représentés. Les œuvres montrent comment les designers s’approprient héritages et contraintes pour produire des objets fonctionnels, parfois critiques, toujours ancrés dans le présent.
Le choix du Palais de Lomé renforce cette lecture. Ancien bâtiment du pouvoir colonial devenu lieu culturel, il offre un cadre sobre et lisible, où les objets dialoguent avec l’histoire sans l’écraser. L’exposition s’inscrit ainsi dans une dynamique de réappropriation des espaces et des récits.
Sans spectaculaire inutile, Design in West Africa: Unity in Multiplicity propose une lecture claire et accessible du design ouest-africain actuel : un champ de création structuré, divers, et pleinement engagé dans les réalités contemporaines.
Informations pratiques
Exposition : Design in West Africa: Unity in Multiplicity
Lieu : Palais de Lomé, Lomé (Togo)
Dates : 28 novembre 2025 → 15 mars 2026
