De Lagos à Paris, en passant par Saint-Louis et Rotterdam, la culture africaine multiplie les rendez-vous du 31 octobre au 7 novembre. Cinéma avec l’AFRIFF, musique traditionnelle au Sénégal, rap guinéen, sonorités gnawa, gastronomie des diasporas et danses afro-caribéennes composent une semaine particulièrement dense. À Paris, Lassiry Hip Hop, Fehd Benchemsi et Djelykaba Bintou occupent le devant de la scène. Sept manifestations qui témoignent de la vitalité des créations africaines et de leur circulation entre continents, traditions et générations.
L’Afrique et les Caraïbes font danser Belleville (31 octobre-1er novembre)
Les 31 octobre et 1er novembre, le Paris Afro Caribbean Festival investit Belleville. Gwoka, zouk, konpa et musiques congolaises rythmeront deux journées de cours et de bals. Un rendez-vous consacré aux danses populaires et aux liens culturels qui unissent l’Afrique et les Caraïbes depuis plusieurs générations.
À Paris, les musiques africaines et caribéennes partagent depuis longtemps les mêmes pistes de danse. Les 31 octobre et 1er novembre 2026, le Paris Afro Caribbean Festival réunira leurs amateurs au Saumur, dans le quartier de Belleville. Deux journées consacrées au gwoka, au zouk, au konpa et aux musiques congolaises, avec des ateliers suivis de bals ouverts aux danseurs de différents niveaux.
Organisé par l’association VideoParis, le festival entend réunir plusieurs générations autour de pratiques musicales qui occupent une place importante dans les communautés antillaises, haïtiennes et africaines de la capitale. Son programme associe apprentissage, activité physique et soirées dansantes, avec une attention particulière portée aux danses sociales.
Le samedi 31 octobre, les activités commenceront à 15 heures avec un cours de gwoka et une séance de fitness caribéen. À partir de 18 heures, place au grand bal, qui se poursuivra jusqu’à 4 h 30 du matin. Le zouk et le konpa domineront la première partie de la soirée, avant une séquence consacrée aux musiques congolaises et au gouyad.
Du gwoka aux musiques congolaises
Le choix des disciplines raconte une histoire musicale faite d’échanges, de migrations et de transformations. Originaire de Guadeloupe, le gwoka repose sur un dialogue entre tambours, chant et danse. Longtemps associé aux pratiques populaires guadeloupéennes, il constitue aujourd’hui un élément majeur du patrimoine culturel de l’archipel.
Inscrit en 2014 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, le gwoka reste une pratique vivante, transmise par les musiciens, les danseurs et les associations. Son enseignement à Paris témoigne de cette continuité culturelle au sein de la diaspora antillaise.
Le zouk occupe une autre place dans cette histoire. Popularisé dans les années 1980 par le groupe Kassav’, il s’est rapidement diffusé au-delà des Antilles françaises. Ses rythmes et ses mélodies ont trouvé un public important en Afrique, notamment dans les pays francophones.
Le konpa, développé en Haïti dans les années 1950, s’est lui aussi imposé sur les pistes de danse internationales. Sa pulsation régulière et son répertoire sentimental en ont fait une référence des bals caribéens.
La programmation accordera également une place aux musiques congolaises. La rumba congolaise, dont les racines sont liées aux échanges transatlantiques, illustre particulièrement les circulations musicales entre l’Afrique et les Amériques. Les orchestres congolais ont développé leurs propres arrangements, leurs guitares et leurs styles de danse, tout en puisant dans des influences venues des Caraïbes.
Belleville, une piste de danse partagée
Le dimanche 1er novembre, le festival reprendra à 16 heures avec deux cours de konpa et de gouyad. Un bal consacré au zouk et au konpa suivra de 18 heures à minuit, pour clôturer cette première édition annoncée à Belleville.
Ces ateliers donnent aux participants l’occasion de découvrir les mouvements et les codes des danses proposées avant de les pratiquer collectivement. Cette organisation favorise la rencontre entre habitués des soirées afro-caribéennes et personnes souhaitant s’initier.
Le choix de Belleville inscrit également l’événement dans un quartier marqué par une forte diversité culturelle. Les restaurants, commerces, salles de spectacle et lieux associatifs y reflètent les multiples origines de ses habitants et de ses visiteurs.
Pour les organisateurs de soirées afro-caribéennes, l’enjeu consiste aussi à maintenir des espaces de rencontre accessibles dans une capitale où les lieux festifs subissent des contraintes économiques importantes.
Avec des billets annoncés entre 5 et 50 euros selon les activités, le festival propose différentes formules, de l’accès à un bal jusqu’au pass couvrant les deux journées.
À Belleville, le Paris Afro Caribbean Festival mettra ainsi en présence plusieurs traditions musicales dont les histoires se croisent depuis des décennies. Sur la piste, ces échanges prendront une forme simple : celle de danseurs réunis autour de rythmes qu’ils connaissent, découvrent ou transmettent.
Informations pratiques
Événement : Paris Afro Caribbean Festival
Dates : samedi 31 octobre et dimanche 1er novembre 2026
Lieu : Le Saumur
Adresse : 10 rue de Belleville, 75020 Paris
Samedi 31 octobre :
15 h–16 h 30 : gwoka
16 h 30–18 h : Caribbean Fit
18 h–2 h : bal zouk et konpa
2 h–4 h 30 : musiques congolaises, gouyad et zouk
Dimanche 1er novembre :
16 h–18 h : cours de konpa et gouyad
18 h–minuit : bal zouk et konpa
Tarifs : de 5 à 50 € selon les activités et les formules choisies. Pass deux jours et billets pour les soirées proposés sur réservation.
Public : adultes, débutants et danseurs confirmés selon les activités.
Organisateur annoncé : VideoParis / Afro Caribbean Nation
Renseignements : 06 95 63 06 68
Programme officiel : https://www.paris.fr/evenements/paris-afro-caribbean-festival-126193
Billetterie : https://www.bizouk.com/events/details/paris-afro-caribbean-festival-gwo-ka-zou/132820
AFRIFF 2026 : Lagos mise sur l’avenir du cinéma africain (1er-7 novembre)
Du 1er au 7 novembre, Lagos accueille la quinzième édition de l’Africa International Film Festival. Films, formations et marché professionnel composent une programmation tournée vers les nouveaux récits et leur diffusion. Pour les cinéastes africains, l’enjeu dépasse la sélection : trouver des publics et des financements.
Lagos s’apprête à accueillir la quinzième édition de l’Africa International Film Festival (AFRIFF), du 1er au 7 novembre 2026. Fondé en 2010 par Chioma Ude, le festival s’est imposé comme un rendez-vous majeur pour les professionnels du cinéma africain. Cette année, son programme associe projections, rencontres avec les réalisateurs, formations et négociations commerciales. Une ambition qui reflète les mutations d’un secteur confronté à la nécessité de mieux financer ses productions et d’élargir leur diffusion.
Placée sous le thème Frames of the Future: Africa’s Creative Intelligence, cette édition s’intéresse aux nouveaux modes de création, aux technologies émergentes et aux modèles économiques du cinéma. Selon les organisateurs, environ 21 000 spectateurs ont fréquenté la précédente édition. Un chiffre qui témoigne de l’intérêt du public pour cette manifestation installée au cœur de Nollywood, l’industrie cinématographique nigériane.
Le film d’ouverture, Lady, premier long métrage de la réalisatrice nigériane Olive Nwosu, suit une jeune chauffeuse de taxi chargée de transporter des travailleuses du sexe pendant leurs déplacements nocturnes à Lagos. Ce choix donne d’emblée une place centrale aux personnages féminins et aux réalités urbaines. La sélection comprend également des fictions, des documentaires et des courts métrages venus de plusieurs horizons cinématographiques.
Un marché pour financer les histoires africaines
Le principal enjeu économique du festival se jouera du 2 au 5 novembre à Twinwaters, dans le quartier de Lekki. L’Africa Film & Content Market (AFCM) y organisera sa deuxième édition. Producteurs, distributeurs, investisseurs et représentants de plateformes audiovisuelles pourront y rechercher des partenaires, négocier des accords et présenter leurs projets.
Le marché annonce un objectif de 1 500 participants et des délégations professionnelles de plusieurs pays. Sa première édition, organisée en 2025, avait réuni plus de 700 participants venus de plus de quarante pays. Cette progression attendue illustre la volonté de construire à Lagos un espace commercial durable pour les productions africaines.
Le financement reste un obstacle important pour de nombreux réalisateurs du continent. Trouver les moyens de produire un film ne garantit ni sa sortie en salle ni son accès aux plateformes internationales. Les producteurs doivent aussi composer avec les coûts de distribution, la fragmentation des marchés et des réseaux d’exploitation inégalement développés.
L’AFCM cherche précisément à rapprocher les créateurs des acteurs capables d’accompagner leurs œuvres, depuis le développement jusqu’à leur commercialisation. Pour les professionnels présents, la valeur de cette rencontre se mesurera donc aux collaborations engagées et aux accords susceptibles de se concrétiser après le festival.
Former les talents et explorer les nouvelles technologies
AFRIFF accorde également une place importante à la formation. Onze masterclasses et ateliers gratuits, accessibles sur inscription, sont annoncés autour de plusieurs métiers du cinéma. Parmi les intervenants figurent notamment les acteurs et producteurs Richard Mofe-Damijo et Femi Adebayo. Les participants pourront approfondir leurs connaissances du jeu, de la production et des pratiques professionnelles.
L’intelligence artificielle sera aussi discutée. Son utilisation dans l’écriture, les images et la postproduction ouvre de nouvelles possibilités, mais soulève des interrogations sur les droits d’auteur, les emplois et la rémunération des créateurs. Pour les professionnels africains, l’enjeu consiste à maîtriser ces outils sans affaiblir les compétences artistiques locales.
Le 4 novembre, une journée sera consacrée aux femmes dans le cinéma, avec des projections et des rencontres professionnelles. Le 5 novembre mettra l’accent sur les productions africaines et les coproductions. Le festival se clôturera le 7 novembre avec les Globe Awards.
Pour cette quinzième édition, AFRIFF défend une orientation claire : associer reconnaissance artistique et développement économique. À Lagos, les films seront jugés sur leur qualité, mais leur capacité à circuler au-delà des frontières constituera également une question centrale.
Informations pratiques
Événement : Africa International Film Festival (AFRIFF), 15e édition
Dates : du dimanche 1er au samedi 7 novembre 2026
Ville : Lagos, Nigeria
Lieux : cinémas Filmhouse à Victoria Island et Lekki, notamment Landmark, Twinwaters et The Palms
Marché professionnel : du 2 au 5 novembre, Twinwaters, Lekki
Programme : projections, rencontres, masterclasses et Globe Awards
Accès : pass festival et badges professionnels sur inscription ; masterclasses gratuites sur réservation, selon les places disponibles
Horaires et tarifs : consulter la programmation et la billetterie officielles
Site officiel : https://afriff.com/
Programme : https://afriff.com/program/schedule
Billetterie : https://afriff.com/tickets
À Saint-Louis, la kora ouvre le dialogue (5-7 novembre)
À Saint-Louis, la kora ne jouera pas seule. Du 5 au 7 novembre, le festival Au Tour des Cordes réunira instruments africains et musiciens d’autres traditions. Initié par Ablaye Cissoko, ce rendez-vous défend une ambition concrète : créer, former et transmettre sur place aux nouvelles générations.
Du 5 au 7 novembre 2026, Saint-Louis du Sénégal accueillera la sixième édition du festival Au Tour des Cordes. Trois jours consacrés aux instruments à cordes, à leurs traditions et aux rencontres musicales qu’ils permettent. À l’origine de cette manifestation, Ablaye Cissoko, koriste sénégalais reconnu sur les scènes internationales, poursuit un projet engagé depuis plusieurs années : faire de sa ville d’adoption un lieu de création où les musiciens africains travaillent avec des artistes venus d’autres horizons.
La programmation réunit des instruments rarement associés sur une même scène. La kora, le xalam, le n’goni et le riti rencontreront le violon, la viole de gambe, le oud, le kanun, le sétar iranien et différentes guitares. Chaque instrument apporte son répertoire, ses techniques et sa manière d’accompagner la voix. Leur confrontation ouvre des possibilités musicales que les formations traditionnelles ne permettent pas toujours d’explorer.
Pour Ablaye Cissoko, issu de la tradition des griots mandingues, cette démarche prolonge un travail mené tout au long de sa carrière. Ses collaborations avec des musiciens de jazz, de musique classique et de traditions orientales ont montré comment la kora pouvait évoluer dans différents univers sonores sans perdre sa personnalité.
La tradition mandingue à l’épreuve des rencontres
Instrument emblématique de l’Afrique de l’Ouest, la kora appartient notamment à l’héritage musical mandingue. Traditionnellement associée aux griots, elle accompagne les récits historiques, les généalogies et les chants transmis entre générations. Sa caisse de résonance en calebasse et ses cordes produisent une sonorité immédiatement reconnaissable, fondée sur des motifs mélodiques et des variations rythmiques.
Au Tour des Cordes refuse pourtant d’enfermer cet instrument dans un répertoire figé. Le festival met la transmission au contact de la création contemporaine. Un joueur de kora peut ainsi partager une composition avec un violoniste, tandis que les instruments traditionnels africains trouvent de nouvelles correspondances avec les cordes méditerranéennes ou orientales.
Cette orientation distingue la manifestation des festivals principalement construits autour de concerts successifs. Les résidences artistiques permettent aux musiciens de préparer des créations communes, de comparer leurs méthodes de travail et de développer des arrangements originaux.
L’édition 2026 annonce notamment la participation de Rokia Traoré, attendue le 7 novembre à l’Institut français de Saint-Louis avec son projet Fifty-Fifty. La chanteuse malienne y poursuit une exploration musicale associant blues, jazz et traditions africaines. Sa présence donne une dimension supplémentaire à une programmation attentive aux liens entre héritages et expressions contemporaines.
Former les musiciens, transmettre aux jeunes
Le festival ne limite pas ses activités aux représentations publiques. Des ateliers, masterclasses et actions de médiation constituent un autre volet du programme. Ils s’adressent particulièrement aux artistes de Saint-Louis et de sa région, avec l’objectif de renforcer les compétences locales.
Du 5 au 7 novembre, l’Institut français accueillera notamment un stage de guitare animé par Doudou Konaré. La formation, gratuite sur inscription, s’adresse aux musiciens déjà engagés dans une pratique artistique. Une masterclass de danse, conduite par Tim et Jonnic, sera également proposée aux artistes confirmés.
Ces formations répondent à un enjeu précis : donner aux professionnels locaux la possibilité de travailler avec des intervenants expérimentés sans devoir quitter leur région. Pour les jeunes musiciens, l’accès à ces rencontres peut faciliter l’apprentissage, développer de nouveaux réseaux et encourager des collaborations futures.
Ablaye Cissoko défend également la découverte des instruments traditionnels dans les établissements scolaires. Son engagement dans l’enseignement de la kora traduit cette volonté de préserver des connaissances longtemps transmises au sein des familles de griots.
À Saint-Louis, ville déjà reconnue pour son festival international de jazz, Au Tour des Cordes affirme ainsi sa propre identité. La manifestation privilégie les instruments, les artistes et le travail collectif. Sa réussite se mesurera autant aux créations présentées sur scène qu’aux compétences transmises aux musiciens sénégalais.
Informations pratiques
Événement : Festival Au Tour des Cordes, 6e édition
Dates : du jeudi 5 au samedi 7 novembre 2026
Lieu : Saint-Louis du Sénégal, notamment l’Institut français et des lieux partenaires
Adresse de l’Institut français : avenue Jean-Mermoz, île Nord, Saint-Louis
Concert annoncé : Rokia Traoré, samedi 7 novembre à 22 h, Institut français de Saint-Louis.
Masterclasses : du 5 au 7 novembre, de 10 h à 13 h. Stage de guitare avec Doudou Konaré et masterclass de danse avec Tim et Jonnic. Participation gratuite sur candidature, avec une date limite annoncée au 31 octobre.
Tarifs des concerts annoncés :
Zone B : 5 000 FCFA
Zone A : 10 000 FCFA
VIP journée : 25 000 FCFA
Pass VIP trois jours : 60 000 FCFA
Tarifs à confirmer auprès de l’organisation.
Contact : +221 33 961 73 61
Courriel : contact@autourdescordes.com
Instagram : @autourdescordes
Institut français : https://sl.ifs.sn/
Lassiry Hip Hop : le rap guinéen prend Paris (4-7 novembre)
Du 4 au 7 novembre, le festival Lassiry Hip Hop s’installe à Paris après son étape guinéenne. À La Place, sept artistes se partageront trois soirées, accompagnées de rencontres professionnelles et d’arts visuels. Derrière les concerts, une question : comment donner au rap guinéen davantage de débouchés ?
Le rap guinéen cherche de nouveaux relais en Europe. Du 4 au 7 novembre 2026, le festival Lassiry Hip Hop investira La Place, centre culturel parisien consacré aux cultures hip-hop. Quatre journées de concerts, de rencontres et de formations prolongeront une programmation organisée à Conakry du 29 octobre au 1er novembre. Pour cette huitième édition, les organisateurs entendent rapprocher les artistes guinéens des réseaux professionnels français.
Porté par Guinée Challenge, en collaboration avec La Place, Lassiry s’est construit autour des cultures urbaines et de leur reconnaissance. Initialement consacré au graffiti, le festival a progressivement élargi son champ au rap, à la danse, au DJing et à la formation professionnelle. Son développement traduit les ambitions d’une scène guinéenne qui cherche à consolider ses structures de production et ses circuits de diffusion.
Le passage par Paris marque une étape dans cette stratégie. Les artistes invités auront l’occasion de rencontrer un autre public, mais aussi des professionnels susceptibles de contribuer à leurs projets. Les organisateurs privilégient les collaborations entre musiciens des deux pays plutôt qu’une programmation exclusivement guinéenne.
Trois soirées pour confronter les styles
La programmation musicale débutera jeudi 5 novembre avec la rappeuse franco-gabonaise Vicky R et le Guinéen Opinel XII. Beatmakeuse et interprète, Vicky R développe une écriture qui associe affirmation personnelle et recherche sonore. Originaire de Coyah, Opinel XII s’est distingué par ses textes incisifs. Il a notamment reçu le prix d’artiste émergent de l’année aux Black Sphère Awards 2026.
Vendredi 6 novembre, Thiird partagera l’affiche avec Tizzy Miller, artiste originaire de Créteil. Leurs approches musicales se distinguent : Thiird explore notamment la drill, tandis que Tizzy Miller mêle rap, R&B et neo soul. Cette rencontre permettra de mesurer les différences de production, d’écriture et d’interprétation entre les deux artistes.
La dernière soirée, samedi 7 novembre, réunira Shayne, Miss Kala Kala et Kakilambé. Shayne, révélé par sa victoire dans l’émission Nouvelle École, défend une esthétique influencée par le punk. Miss Kala Kala apporte une écriture directe, tandis que Kakilambé, formation née à Kamsar, expérimente des sonorités mêlant rap et références culturelles guinéennes.
Ces affiches mettent en présence des artistes aux parcours différents. Elles offrent au public parisien un aperçu des nouvelles expressions du rap guinéen, sans réduire cette scène à un style musical unique.
La professionnalisation au centre du projet
Les concerts ne constituent qu’une partie du programme. Lassiry prévoit également des échanges entre professionnels, des formations et une exposition consacrée au graffiti. Ces activités doivent permettre aux participants de mieux comprendre les mécanismes de l’industrie musicale.
Pour les artistes émergents, les difficultés dépassent souvent la création. Produire un titre, organiser sa promotion, négocier un contrat ou développer une tournée nécessitent des compétences et des moyens rarement accessibles sans accompagnement. La visibilité sur les plateformes numériques ne suffit pas à garantir des revenus réguliers.
La rencontre avec les réseaux français peut faciliter certains apprentissages. Elle permet notamment d’aborder les questions de distribution, de droits musicaux et de stratégie de carrière. Reste à déterminer quelles collaborations pourront se poursuivre une fois les concerts terminés.
Le projet affirme aussi une volonté de transmission. En associant musique, arts visuels et formation, Lassiry défend une conception du hip-hop qui ne se limite pas à la performance scénique. Les échanges entre générations et entre professionnels occupent une place importante dans son fonctionnement.
La Place, implantée au cœur de Paris, offre un cadre adapté à cette démarche. Ses espaces de création et sa programmation consacrée aux cultures urbaines favorisent les rencontres entre artistes, producteurs et publics.
Pour le rap guinéen, cette édition parisienne représente une occasion de développer des contacts hors de son marché national. Sa portée dépendra des projets concrets qui pourront naître de ces quatre journées.
Informations pratiques
Événement : Festival Lassiry Hip Hop, 8e édition
Dates à Paris : du mercredi 4 au samedi 7 novembre 2026
Concerts : les 5, 6 et 7 novembre
Lieu : La Place, centre culturel hip-hop
Adresse : 10 passage de la Canopée, 75001 Paris
Accès : métro Châtelet–Les Halles, RER A, B et D
Programmation musicale :
Jeudi 5 novembre, 19 h 30 : Vicky R et Opinel XII.
Vendredi 6 novembre, 19 h 30 : Thiird et Tizzy Miller.
Samedi 7 novembre, 19 h 30 : Shayne, Miss Kala Kala et Kakilambé.
Tarifs annoncés : 20 € par concert sur la billetterie Shotgun, hors éventuels frais supplémentaires.
Autres activités : rencontres professionnelles, formations et exposition de graffiti du 4 au 7 novembre. Horaires détaillés à consulter auprès de La Place.
Organisateurs : Guinée Challenge et La Place.
Site officiel : https://laplace-paris.com/
Billetterie : https://shotgun.live/fr/venues/la-place
Fehd Benchemsi fait vibrer le gnawa à Paris (6 novembre)
Le musicien marocain Fehd Benchemsi retrouve le Cabaret Sauvage, à Paris, le 6 novembre, avec son groupe The Lalla. Joueur de guembri et acteur international, il mêle traditions gnawa, jazz et gospel. Une démarche musicale construite entre le Maroc et les États-Unis, loin des frontières habituelles.
Le 6 novembre 2026, Fehd Benchemsi retrouvera la scène du Cabaret Sauvage, à Paris, accompagné de son groupe The Lalla. L’artiste marocain y présentera son interprétation du répertoire gnawa, nourrie de jazz, de soul et de gospel. Une musique construite autour du guembri, cet instrument à trois cordes dont les sonorités graves occupent une place essentielle dans les cérémonies traditionnelles marocaines.
Connu du public pour sa carrière d’acteur, notamment dans American Sniper, Queen of the Desert et la série Homeland, Fehd Benchemsi possède un parcours musical moins médiatisé, mais plus ancien que certains de ses rôles à l’écran. Son attachement au gnawa remonte à l’enfance. Dans sa famille, les chansons de Nass El Ghiwane et de Jil Jilala accompagnent ses premières découvertes musicales.
À partir des années 1990, il approfondit sa connaissance des traditions gnawa, fréquente les cérémonies et se familiarise avec les pratiques des maîtres musiciens. Le guembri devient progressivement son instrument de prédilection. Cette immersion façonne une approche qui privilégie la connaissance du répertoire avant son adaptation à d’autres styles.
Le guembri rencontre le jazz et le gospel
Le parcours de Fehd Benchemsi prend une autre dimension lors de son installation à Los Angeles. Aux États-Unis, il collabore avec des musiciens issus du jazz et du gospel, découvrant de nouvelles manières de travailler les harmonies, les voix et les rythmes.
Ces expériences nourrissent ses compositions sans effacer leur ancrage marocain. Le guembri conserve sa fonction centrale, tandis que les arrangements accueillent des influences soul et des techniques d’improvisation empruntées au jazz.
De retour au Maroc, le musicien développe Fehd Benchemsi & The Lallas, une formation réunissant des artistes de différentes origines. Les voix féminines y occupent une place importante, avec des interventions qui répondent aux lignes du guembri et aux percussions.
Le groupe s’est notamment produit au Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira, dont l’édition 2025 a confirmé la place de cette formation dans la création musicale marocaine contemporaine.
Benchemsi distingue néanmoins son travail artistique des cérémonies spirituelles gnawa. Il emprunte leurs structures rythmiques, leur puissance vocale et certains éléments symboliques, sans prétendre reproduire sur scène le déroulement des rituels.
Cette distinction permet de comprendre sa démarche : proposer une musique de concert qui assume ses transformations, tout en reconnaissant les traditions auxquelles elle emprunte.
Une tradition marocaine sur les scènes internationales
Le gnawa possède une histoire complexe, liée notamment aux populations d’origine subsaharienne installées au Maroc. Ses pratiques associent musique, poésie, danse et dimensions spirituelles. Longtemps transmis dans des cadres communautaires, ce patrimoine bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance internationale.
Depuis plusieurs décennies, le Festival Gnaoua d’Essaouira contribue à faire connaître ses maîtres et à multiplier les collaborations avec des musiciens étrangers. Jazz, blues et musiques africaines contemporaines y trouvent des correspondances rythmiques et mélodiques.
Fehd Benchemsi s’inscrit dans cette dynamique, avec une identité artistique façonnée par ses expériences marocaines et américaines. Son groupe participe à la circulation de ce répertoire auprès de publics qui ne connaissent pas nécessairement son histoire.
Paris occupe une place particulière dans ce parcours. Après plusieurs concerts dans la capitale française, notamment aux Folies Bergère en 2025, le musicien revient au Cabaret Sauvage, où il s’était déjà produit.
La configuration circulaire de la salle convient à une musique construite sur la proximité, les échanges vocaux et les répétitions rythmiques. Le concert du 6 novembre donnera au public l’occasion d’entendre cette rencontre entre les basses du guembri et les influences contemporaines du groupe.
Pour Benchemsi, l’enjeu reste celui d’une interprétation personnelle : conserver la force du gnawa tout en développant un langage musical ouvert aux rencontres. Un équilibre qu’il explore désormais sur les scènes marocaines, européennes et américaines.
Informations pratiques
Événement : Fehd Benchemsi & The Lalla
Date : vendredi 6 novembre 2026
Lieu : Cabaret Sauvage, Parc de la Villette, 59 boulevard Macdonald, 75019 Paris
Horaires : Ouverture des portes : 19 h. Début du concert : 20 h. Fin annoncée de l’événement : 22 h 45
Tarifs : 29 € en tarif normal, hors frais de réservation. Tarif Early Bird à 24 €, actuellement épuisé sur la billetterie consultée.
Accès : métro Porte de la Villette, ligne 7 ; tramway T3b, arrêt Ella Fitzgerald.
Organisateur : Nota Production
Site officiel : https://www.cabaretsauvage.com/work/fehd-benchemsi-the-lalla
Billetterie : https://shotgun.live/en/events/fehd-benchemsi-a-paris
Djelykaba Bintou à la conquête du Zénith (7 novembre)
La chanteuse guinéenne Djelykaba Bintou investira le Zénith de Paris le 7 novembre avec son spectacle « Audace ». Portée par une carrière jalonnée de succès et de distinctions, elle franchit une nouvelle étape internationale. Un concert très attendu, dont la billetterie affiche désormais complet.
Le 7 novembre 2026, Djelykaba Bintou Kouyaté montera sur la scène du Zénith Paris–La Villette. Baptisé « Audace », ce concert marquera une étape importante dans la carrière de la chanteuse guinéenne. La billetterie affiche complet à quelques jours du rendez-vous, selon les plateformes spécialisées. Pour cette artiste issue de la tradition des griots mandingues, remplir une grande salle parisienne confirme la portée d’un répertoire qui dépasse désormais les frontières nationales.
Née à Fria, dans la région de Boké, Bintou Kouyaté grandit dans un environnement familial profondément marqué par la musique. Fille du griot Djelykaba Kouyaté, elle découvre très jeune les chants traditionnels et les cérémonies familiales. Mariages et baptêmes constituent ses premières expériences musicales, avant qu’elle ne développe une carrière professionnelle.
Révélée au grand public en 2017 avec son premier album M’ma affaire Mara, elle poursuit son ascension avec Love Story en 2019. Son répertoire mêle mélodies mandingues, zouk, afrobeat et sonorités urbaines. Cette combinaison lui permet de toucher différentes générations, tout en conservant une identité vocale immédiatement reconnaissable.
Son évolution artistique s’accompagne d’une présence croissante sur les plateformes musicales et dans les grandes manifestations culturelles africaines. Ses chansons abordent notamment les relations amoureuses, les rapports sociaux et l’affirmation personnelle.
Une ascension portée par les succès
Djelykaba Bintou s’est progressivement imposée parmi les figures féminines majeures de la musique guinéenne. En 2021, elle reçoit notamment une distinction aux All Africa Music Awards, dans la catégorie des artistes féminines d’Afrique de l’Ouest. Cette reconnaissance continentale contribue à élargir sa notoriété.
L’année 2025 confirme son poids dans l’industrie musicale nationale. Lors de la septième édition des Victoires de la musique guinéenne, elle remporte cinq trophées, dont le Grand Prix, le prix de l’artiste féminine de l’année et celui de la chanson de l’année.
Ces récompenses accompagnent une carrière construite à travers les enregistrements, les collaborations et les représentations publiques. Son EP Diva, publié en 2023, puis ses productions suivantes témoignent d’une volonté de renouveler ses propositions musicales.
Le 25 septembre 2026, elle publie Renaissance, un nouvel album distribué par Keyzit. Cette sortie intervient quelques semaines avant son concert parisien et donne une actualité supplémentaire à sa présence au Zénith.
La chanteuse défend une musique populaire qui puise dans la tradition sans se limiter aux codes anciens. Ses productions accordent une place importante aux arrangements contemporains, aux rythmes dansants et aux refrains facilement repris par le public.
Son parcours illustre également l’affirmation de chanteuses guinéennes capables de construire leur propre identité artistique dans une industrie longtemps dominée par les figures masculines.
Paris, une étape dans son rayonnement international
Programmé à 19 heures, le spectacle « Audace » est présenté par DMC Record. La soirée doit mettre en valeur le répertoire de la chanteuse et son évolution artistique, avec une production adaptée aux dimensions du Zénith.
Cette salle parisienne constitue un test important pour les artistes africains qui souhaitent développer leurs tournées européennes. Sa capacité d’accueil, ses équipements et sa visibilité permettent de toucher un public plus large que celui des salles communautaires traditionnelles.
La diaspora guinéenne occupe une place essentielle dans cette dynamique. Installée notamment en France et dans plusieurs pays européens, elle contribue à la diffusion des chansons, à la fréquentation des concerts et à la notoriété des artistes auprès de nouveaux publics.
Mais remplir une salle ne suffit pas à garantir une installation durable sur le marché international. Distribution, promotion, partenariats et organisation des tournées restent des enjeux déterminants pour prolonger une carrière au-delà d’un concert exceptionnel.
Avec « Audace », Djelykaba Bintou entend franchir une nouvelle étape. Le rendez-vous parisien permettra de mesurer l’ampleur de sa popularité et les perspectives de développement d’une artiste devenue l’une des voix les plus reconnues de la musique guinéenne contemporaine.
Informations pratiques
Événement : Audace – Djelykaba Bintou Kouyaté
Date : samedi 7 novembre 2026
Lieu : Zénith Paris–La Villette
Adresse : 211 avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris
Horaires : Ouverture des portes annoncée : 17 h 30 – Début du concert : 19 h
Tarifs annoncés :
Parterre debout : 49 €
Catégorie 2 : 55 €
Catégorie 1 : 75 €
Carré Or : 110 €
Billetterie : événement actuellement indiqué complet ou indisponible selon les plateformes consultées. D’éventuelles remises en vente restent possibles.
Production : DMC Record
Accès : métro ligne 5, Porte de Pantin ; tramway T3b, Porte de Pantin.
Billetterie officielle : https://www.fnacspectacles.com/event/audace-djelykaba-bintou-kouyate-zenith-paris-la-villette-21773449/
À Rotterdam, les cuisines africaines racontent l’exil (31 octobre-1er novembre)
Les 31 octobre et 1er novembre, l’African Food Festival réunit dix chefs africains à Rotterdam. Au musée Fenix, cuisines ghanéenne, éthiopienne, mozambicaine et cap-verdienne côtoient musique, littérature et artisanat. Une programmation qui explore la place des traditions culinaires dans la mémoire des diasporas installées en Europe.
Les recettes familiales traversent les frontières et survivent parfois mieux que les souvenirs. À Rotterdam, l’African Food Festival en fera la démonstration les 31 octobre et 1er novembre 2026. Installé dans l’espace Plein du musée Fenix, consacré aux migrations, le festival réunira dix chefs et restaurateurs représentant différentes traditions culinaires africaines. Deux journées pour découvrir leurs spécialités, mais aussi les histoires personnelles qui accompagnent leur transmission.
Organisée par la fondation Stichting Unity in Diversity Rotterdam, cette édition associera gastronomie, musique, rencontres littéraires et marché de créateurs. L’entrée sera gratuite. Les visiteurs pourront circuler entre les stands, échanger avec les restaurateurs et participer aux activités proposées.
Le choix du Fenix n’est pas anodin. Installé dans le quartier portuaire de Katendrecht, ce musée ouvert en 2025 explore les déplacements humains et leurs conséquences sur les identités. Rotterdam, ville façonnée par le commerce maritime et l’immigration, offre un cadre particulièrement adapté à cette manifestation.
Des recettes familiales devenues patrimoine
Le festival réunira plusieurs établissements qui font vivre les cuisines africaines aux Pays-Bas. Ruth’s Chop Bar proposera notamment des spécialités de rue ghanéennes. East African Cuisine présentera des plats inspirés des traditions swahilies, tandis que Gebeta Kitchen fera découvrir l’injera, cette galette éthiopienne fermentée qui accompagne différentes préparations.
Les visiteurs retrouveront également les saveurs cap-verdiennes de Bafatada Foods, ainsi que des recettes mozambicaines. Tous les plats servis seront halal et des options végétariennes seront disponibles, afin de rendre l’offre accessible à différents publics.
Derrière chaque préparation se trouvent des pratiques héritées des familles, adaptées aux ingrédients disponibles dans les pays d’installation. Les recettes évoluent, certains produits sont remplacés, les techniques se transmettent autrement. Cette transformation constitue une part essentielle de l’histoire alimentaire des diasporas.
La cuisine représente aussi une activité économique pour les restaurateurs et les entrepreneurs qui participent au festival. Préserver un savoir-faire peut devenir un métier, à condition de trouver une clientèle, des fournisseurs et des lieux de vente. La manifestation leur offre une visibilité auprès d’un public qui dépasse leurs communautés habituelles.
Le marché d’artisans et de créateurs prolongera cette présentation des cultures africaines. Objets, créations contemporaines et productions artisanales permettront de découvrir d’autres formes d’expression portées par les diasporas.
Les femmes érythréennes au cœur d’une rencontre littéraire
Le programme accordera une place particulière à l’histoire de l’Érythrée. Le samedi 31 octobre, de midi à 13 h 15, l’écrivaine Esther Terweij participera à une rencontre autour de son premier roman historique, Zula, publié en 2026.
Dans ce livre, elle explore le rôle des femmes dans le mouvement indépendantiste érythréen, en s’appuyant notamment sur une recherche liée à sa propre histoire familiale. Elle échangera avec Samuel Tekeste, fondateur de Nieuwlander, sur l’identité, la liberté et la transmission des récits longtemps restés en marge de l’histoire officielle.
Cette discussion donnera une dimension politique à une programmation principalement consacrée aux pratiques culturelles. Elle rappellera que les migrations transmettent aussi des mémoires de conflits, d’engagements et de résistances.
Des concerts, des performances de spoken word et des ateliers compléteront les activités. Les artistes invités disposeront d’espaces pour présenter leurs créations et rencontrer le public.
Le festival s’inscrit dans le programme du Black Achievement Month, manifestation néerlandaise consacrée aux contributions des personnes noires à la société. En 2026, Fenix participe à cette initiative, dont plusieurs rendez-vous mettent en valeur les artistes et les créateurs issus des diasporas africaines.
À Rotterdam, les plats proposés raconteront ainsi plusieurs histoires : celles des familles qui les préparent, des pays dont ils proviennent et des générations qui continuent de les transmettre. Le festival permettra d’en découvrir la diversité, sans les réduire à une cuisine africaine unique.
Informations pratiques
Événement : African Food Festival 2026
Dates : samedi 31 octobre et dimanche 1er novembre 2026
Lieu : Plein, musée Fenix
Adresse : Dolf Henkesplein 1, Rotterdam, Pays-Bas
Horaires : Samedi 31 octobre : 10 h–20 h
Dimanche 1er novembre : 10 h–19 h
Entrée : gratuite. Nourriture et boissons proposées par les restaurateurs sur place.
Au programme : dix chefs africains et diasporiques, marché de créateurs, musique, spoken word, ateliers et rencontres.
Rencontre littéraire : samedi 31 octobre, de 12 h à 13 h 15, avec Esther Terweij et Samuel Tekeste autour du roman Zula. Échange en néerlandais.
Organisateur : Stichting Unity in Diversity Rotterdam, en collaboration avec Fenix.
Site officiel et programme : https://www.fenix.nl/en/whats-on/african-food-festival-2026/
