Cette semaine, notre sélection culturelle suit les circulations qui relient l’Afrique à ses diasporas et aux grandes scènes européennes. À Paris, Accra, Marrakech ou Assilah, artistes, écrivains, photographes et musiciens déplacent les récits, croisent les héritages et inventent de nouvelles formes. De Joël Andrianomearisoa, Cheikh Sidi Bémol aux jeunes scènes du théâtre, de la mode et de la photographie, une même dynamique s’impose : créer, transmettre et faire dialoguer les mondes.
Prix Marcel Duchamp à Paris (2 octobre-7 février)
Le Prix Marcel Duchamp ouvre son exposition 2026 au Musée d’Art Moderne de Paris avec quatre artistes aux univers très différents. Parmi eux, Joël Andrianomearisoa et Josèfa Ntjam placent les imaginaires africains, la mémoire et les récits diasporiques au cœur d’une sélection ouverte sur le monde.
À partir du 2 octobre, le Musée d’Art Moderne de Paris présente les quatre artistes nommés au Prix Marcel Duchamp 2026 : Joël Andrianomearisoa, Brognon Rollin, Laura Henno et Josèfa Ntjam. L’exposition se poursuit jusqu’au 7 février 2027, tandis que le nom du lauréat sera dévoilé le 22 octobre, pendant la Semaine de l’art à Paris.
Créé en 2000 par l’Association pour la diffusion internationale de l’art français (ADIAF), en partenariat avec le Centre Pompidou, le Prix Marcel Duchamp s’est imposé comme l’une des principales distinctions de l’art contemporain en France. Sa dotation atteint 90 000 euros, dont 35 000 euros pour l’artiste récompensé. Au-delà du prix lui-même, la sélection offre une forte visibilité institutionnelle aux artistes retenus.
Cette année, l’exposition est accueillie au Musée d’Art Moderne de Paris, le Centre Pompidou étant engagé dans une vaste rénovation. Les œuvres sont intégrées aux collections permanentes et accessibles gratuitement au public.
Joël Andrianomearisoa entre Madagascar et scène internationale
Pour une veille consacrée aux scènes africaines, la présence de Joël Andrianomearisoa est particulièrement notable. Né en 1977 à Antananarivo, l’artiste malgache développe une pratique transdisciplinaire qui mêle textile, sculpture, installation, architecture, design et écriture.
Son travail explore les émotions, la mémoire, les matières et les relations entre les lieux. Il s’inscrit dans une trajectoire internationale sans rompre avec Madagascar, qui reste un point d’ancrage essentiel de sa démarche. Andrianomearisoa a exposé dans de nombreuses institutions en Afrique, en Europe et ailleurs dans le monde, et a représenté Madagascar lors de sa première participation nationale à la Biennale de Venise en 2019.
Sa nomination au Prix Marcel Duchamp confirme la place qu’il occupe désormais dans le paysage de l’art contemporain international. Elle permet aussi de dépasser une lecture trop uniforme de « l’art africain », en montrant comment un artiste peut travailler à partir d’histoires et de sensibilités liées au continent tout en s’inscrivant dans des réseaux artistiques mondiaux.
À ses côtés, Laura Henno travaille notamment à partir de la photographie et du cinéma, tandis que le duo Brognon Rollin, formé par David Brognon et Stéphanie Rollin, développe une pratique conceptuelle nourrie de questions sociales, temporelles et politiques.
Josèfa Ntjam, entre archives et futurs imaginés
Autre présence forte de cette sélection, Josèfa Ntjam, née en 1992 à Metz, construit une œuvre à la croisée de la sculpture, du photomontage, de la vidéo, du son et de la performance.
Son univers associe archives photographiques, sciences naturelles, récits historiques, mythologies africaines et science-fiction. Elle travaille par assemblage, superposition et déplacement des références afin de remettre en question les récits dominants sur l’identité, l’origine et l’Histoire.
Cette approche lui permet de faire dialoguer mémoire diasporique et imaginaires spéculatifs. Les références africaines ne sont pas traitées comme un patrimoine figé, mais comme une matière vivante, capable de nourrir des formes nouvelles et des récits tournés vers l’avenir.
La présence simultanée de Joël Andrianomearisoa et de Josèfa Ntjam donne à cette édition un relief particulier. Tous deux entretiennent un rapport fort aux questions de mémoire, de territoire et d’identité, mais avec des langages très différents.
Le jury international annoncera son choix le 22 octobre 2026. En attendant, l’exposition permet surtout de découvrir quatre pratiques qui illustrent la diversité de la création contemporaine aujourd’hui.
Informations pratiques
Prix Marcel Duchamp 2026
Dates : du 2 octobre 2026 au 7 février 2027
Annonce du lauréat : 22 octobre 2026
Lieu : Musée d’Art Moderne de Paris, 11 avenue du Président-Wilson, Paris 16e
Horaires : du mardi au dimanche, de 10h à 18h ; nocturne le jeudi jusqu’à 21h30
Tarif : accès gratuit à l’exposition au sein des collections.
La Nuit du conte à l’IMA (3 octobre)
Le 3 octobre, l’Institut du monde arabe consacre une longue soirée aux récits venus du Sahel, de Kabylie et du Liban. Quatre conteurs et conteuses feront surgir des figures féminines puissantes, entre traditions orales et écritures contemporaines, dans une veillée placée sous le signe de la transmission.
À l’Institut du monde arabe, les histoires vont circuler d’une rive à l’autre. Le 3 octobre, de 18h30 à 22h30, la Nuit du conte réunit Hanane Hajj Ali, Praline Gay-Para, Thierno Diallo et Rachid Akbal, accompagnés au chant et à la musique par Elie Maalouf. Pendant quatre heures, la Salle du Haut Conseil se transforme en espace de récit où se rencontrent le Sahel, la Kabylie et le Liban.
Cette édition s’inscrit dans la saison que l’IMA consacre aux rituels du mariage dans le monde arabe, en écho à l’exposition Vive la mariée !. Mais plutôt que de s’attarder sur les cérémonies et leurs codes, la soirée choisit le détour par l’imaginaire. Les « mariées » annoncées par le programme deviennent ainsi des femmes qui résistent, combattent, rusent ou transforment le monde grâce à la parole.
La référence à Shéhérazade n’est évidemment pas anodine. Dans Les Mille et Une Nuits, raconter permet de gagner du temps, mais surtout de reprendre prise sur son destin. C’est cette force de la parole féminine que la Nuit du conte entend décliner à travers plusieurs traditions narratives.
Des héroïnes qui traversent les frontières
Les quatre artistes invités apportent chacun une relation singulière au récit. Né au Sénégal, Thierno Diallo raconte depuis de nombreuses années des histoires d’Afrique et d’ailleurs. Lauréat du Grand Prix des Conteurs en 2006, il travaille particulièrement autour de la tradition orale ouest-africaine et de sa transmission contemporaine. Son parcours comprend notamment Les femmes du Waalo, consacré à des figures féminines de l’histoire sénégalaise. Il est également à l’origine d’un festival du conte organisé à Dakar et à Hann.
Rachid Akbal, qui conçoit cette Nuit du conte, navigue pour sa part entre théâtre et narration. Le comédien, auteur et metteur en scène franco-algérien développe depuis plusieurs décennies une écriture nourrie notamment par les mémoires de l’Algérie, de l’immigration et des révolutions arabes. Avec sa compagnie Le Temps de Vivre, il défend un théâtre-récit qui confronte les histoires anciennes aux préoccupations contemporaines.
La comédienne libanaise Hanane Hajj Ali apporte une autre voix à cette traversée. Figure reconnue du théâtre au Liban, membre du Théâtre Hakawati, elle a participé à de nombreuses créations où le récit et la mémoire occupent une place centrale. Elle vient spécialement du Liban pour cette soirée parisienne.
Enfin, Praline Gay-Para, née au Liban et formée en ethnolinguistique, travaille depuis plusieurs décennies sur le conte traditionnel mais aussi sur les récits de vie, les rumeurs et les histoires urbaines. Son approche fait volontiers se rencontrer merveilleux et quotidien, faisant du conte une forme en mouvement plutôt qu’un patrimoine figé.
Cette diversité donne tout son sens au voyage proposé : les histoires ne sont pas présentées comme des objets folkloriques attachés à un territoire précis. Elles se répondent, changent de voix et révèlent des préoccupations communes malgré les distances.
Quand le conte parle au présent
La Nuit du conte rappelle surtout que l’oralité reste une pratique bien vivante. Les récits transmis de génération en génération continuent de se transformer au contact des sociétés actuelles, des migrations et des expériences individuelles.
C’est aussi tout l’enjeu du festival Rumeurs Urbaines, dans lequel s’inscrit la soirée. Produit par la compagnie Le Temps de Vivre, ce festival du conte et des arts du récit célèbre sa 27e édition du 23 septembre au 24 octobre 2026. Il défend une conception contemporaine de l’oralité, capable d’intégrer théâtre, musique et préoccupations sociales.
À l’IMA, cette approche prend une dimension particulière. En réunissant des artistes liés au Sénégal, à l’Algérie et au Liban, la soirée met en évidence les circulations qui existent entre Afrique subsaharienne, Maghreb et Proche-Orient. Les récits diffèrent, mais certains motifs se retrouvent : la ruse, la résistance, le désir d’émancipation ou la capacité des femmes à renverser les rapports de force.
Le choix d’une veillée de quatre heures favorise également une écoute différente. Ici, pas de spectacle expédié en une heure : la soirée revendique le temps long du conte, avec une pause prévue au milieu du programme. Une formule volontairement familiale, accessible dès six ans, qui permet aux générations de partager le même espace d’écoute.
Informations pratiques
Événement : La Nuit du conte à l’IMA
Date : samedi 3 octobre 2026
Horaires : de 18h30 à 22h30
Lieu : Institut du monde arabe, Salle du Haut Conseil, 9e étage, Paris
Avec : Hanane Hajj Ali, Thierno Diallo, Praline Gay-Para et Rachid Akbal
Musique et chant : Elie Maalouf
Public : en famille, à partir de 6 ans
Tarif plein : 14 €
Tarif réduit : 10 €
Tarif famille : 6 € par enfant et 10 € par adulte selon les conditions de l’IMA
Réservation : obligatoire.
Rencontres de la photographie à Marrakech (7-10 octobre)
Marrakech accueille du 7 au 10 octobre la sixième édition de ses Rencontres de la photographie. Expositions, projections, lectures de portfolios et prix rythment quatre jours qui veulent faire de la ville un carrefour entre création marocaine, scènes africaines, diasporas et photographie internationale contemporaine.
Du 7 au 10 octobre 2026, les Rencontres de la Photographie de Marrakech investissent plusieurs lieux de la ville pour leur sixième édition. Le festival rassemble photographes, commissaires, professionnels de l’image et public autour d’expositions, projections et rencontres, avec une attention particulière portée à la création émergente.
Cette édition intervient symboliquement l’année du bicentenaire de la photographie. Les organisateurs entendent profiter de cet anniversaire pour rappeler combien le médium s’est transformé : de l’image documentaire aux pratiques hybrides, de l’argentique aux créations numériques, la photographie est devenue un terrain où se croisent mémoire, identité, territoire et récits personnels.
Le festival s’ouvre le 7 octobre à Meydene avec une projection consacrée aux lauréats de l’appel à candidatures 2026. Seize photographes sélectionnés y présenteront leurs travaux, avant une carte blanche au festival espagnol Valencia Photo. La soirée se poursuivra au Palais Bahia avec le vernissage officiel et l’ouverture des principales expositions.
Regards croisés
Les Rencontres ne veulent pas se limiter à une succession d’accrochages. L’événement se présente comme une plateforme où photographes marocains et internationaux peuvent confronter leurs pratiques et développer de nouveaux réseaux professionnels.
Les 8 et 9 octobre, des lectures de portfolios sont ainsi organisées au Musée de l’Art Culinaire Marocain. De jeunes photographes pourront présenter leur travail individuellement à des professionnels, parmi lesquels des directeurs de festivals, commissaires, photographes et enseignants. Ce dispositif donne au rendez-vous une dimension concrète : permettre aux artistes émergents de recevoir un regard extérieur, mais aussi de rencontrer ceux qui programment, exposent ou accompagnent la photographie à l’international.
La programmation revendique une ouverture géographique large. Des photographes européens, africains et issus d’autres régions du monde se croisent dans une sélection qui va du documentaire à des démarches plus conceptuelles.
Parmi les temps forts annoncés figure Silent Synchrony de Priamo Tolu, présenté le 8 octobre. Le photographe a immortalisé entre 1983 et 1993 des figures majeures de la musique comme Miles Davis, Dizzy Gillespie, James Brown ou Miriam Makeba. Plutôt que de restituer simplement l’énergie des concerts, ses portraits cherchent des instants plus suspendus, lorsque les musiciens semblent se retirer du spectacle pour laisser apparaître concentration et intériorité.
Cette présence de Miriam Makeba offre aussi un lien discret avec l’histoire culturelle africaine : la photographie devient ici une archive de ceux qui ont contribué à faire circuler les musiques du continent bien au-delà de ses frontières.
Nouvelles voix
L’un des enjeux de cette édition est également de mieux accompagner la photographie marocaine. Les Rencontres lancent en 2026 le Prix Yzza Slaoui de la Découverte, réservé aux photographes marocains et destiné à distinguer une écriture personnelle et un projet à fort potentiel.
Le lauréat, choisi par un jury international le 9 octobre, recevra une dotation de 2 000 euros ainsi qu’une exposition personnelle ou une projection officielle lors de l’édition 2027. Les frais liés à la production de cette présentation seront pris en charge par le festival. Le prix entend donc inscrire le soutien aux artistes au-delà d’une simple récompense ponctuelle.
La dimension africaine apparaît aussi dans la programmation du dernier jour. Le 10 octobre, l’artiste Cynthia Cooper présente Tombouctou au Musée de l’Art Culinaire Marocain. Son travail utilise la ville malienne comme point de départ d’une exploration de la mémoire, du paysage et des récits de la diaspora africaine. Photographie et techniques mixtes y brouillent la frontière entre documentation et imaginaire, faisant du territoire une forme d’archive vivante.
Ces différentes propositions confirment le positionnement recherché par les Rencontres : faire de Marrakech non seulement un décor pour la photographie, mais un lieu de production et de circulation des regards.
Dans une ville déjà fortement présente sur la carte de l’art contemporain africain, le festival participe ainsi à la constitution d’un écosystème où artistes marocains, créateurs du continent, diasporas et professionnels internationaux peuvent se rencontrer. Pendant quatre jours, Marrakech entend placer l’image au centre de ce dialogue.
Informations pratiques
Événement : 6e Rencontres de la Photographie de Marrakech
Dates : du 7 au 10 octobre 2026
Lieu : Marrakech, Maroc
Principaux sites : Meydene, Palais Bahia, Musée de l’Art Culinaire Marocain, Sofitel et autres lieux partenaires
Au programme : expositions, projections, lectures de portfolios, rencontres professionnelles et Prix Yzza Slaoui de la Découverte
Ouverture : mercredi 7 octobre à partir de 16h à Meydene ; vernissage officiel à 18h au Palais Bahia
Du Congo à Paris au Théâtre de la Concorde (3 octobre)
Le Théâtre de la Concorde réunit le 3 octobre des artistes françaises et congolaises pour une journée entre musique, performances, cinéma et transmission. Né d’une collaboration avec le festival Yambi City à Kinshasa, le projet place les voix des femmes et la création collective au premier plan.
Le 3 octobre, le Théâtre de la Concorde accueille à Paris « Du Congo à Paris : nos corps en résistance, nos voix en première ligne », une journée entièrement consacrée aux artistes et créatrices de République démocratique du Congo et de France. De 14 heures à 22 heures, musique, rap, slam, arts visuels, cinéma, ateliers et performances vont se succéder autour d’un fil conducteur : la place des femmes dans la création et dans la société.
L’événement prolonge une collaboration née à Kinshasa entre le festival français Les Femmes s’en Mêlent, engagé depuis 1997 pour une meilleure visibilité des femmes dans les musiques actuelles, et Yambi City, rendez-vous culturel congolais. De cette rencontre est né CORPS DIPLOMATIQ, projet musical franco-congolais qui donnera son concert à Paris en clôture de journée.
Plutôt que de juxtaposer des artistes françaises et congolaises, le programme mise sur la création commune et la transmission. Cette démarche donne au rendez-vous une dimension particulière : les échanges entre Paris et Kinshasa ne sont pas présentés comme une simple invitation d’artistes africaines sur une scène française, mais comme le prolongement d’un travail commencé en République démocratique du Congo.
De Kinshasa à Paris
La journée débutera à 14 heures avec deux ateliers parallèles. La musicienne congolaise Sarah Solo animera une masterclass consacrée à la guitare dans la rumba congolaise, depuis ses sonorités caractéristiques jusqu’à ses transformations contemporaines. Dans le même temps, la batteuse française Swanny Elzingre, membre du groupe Juniore, proposera l’atelier Être batteuse, consacré autant à la pratique instrumentale qu’à la place des femmes dans un univers musical où certains instruments restent encore fortement associés aux hommes.
À 15h45, Élodie Milo présentera ANATOMIQ, spectacle qui transforme les expériences intimes en matière artistique et collective. Puis, à 17h15, la rencontre De Paris à Kinshasa : agir par la culture réunira l’association Semer en Territoire et la compagnie Alouettes Naïves autour de projets conduits auprès de différents publics en France et en RDC.
À travers ces différentes propositions, la journée cherche moins à produire un discours général sur l’égalité qu’à montrer comment les artistes s’emparent directement de ces questions. Le corps, la scène et la parole deviennent des espaces où peuvent se formuler des expériences souvent maintenues à distance des représentations dominantes.
Voix de femmes
À 18h40, la performance Voix d’Elles donnera une place particulière aux témoignages de femmes confrontées à la guerre en République démocratique du Congo. Les poétesses, musiciennes et plasticiennes Orakle, Sarah Ndele, B-Grace et Nelia Liyenge porteront ces paroles à travers plusieurs disciplines artistiques.
La rappeuse congolaise Orakle poursuivra à 19h30 avec une conférence consacrée à la place des femmes dans les musiques congolaises, de la rumba au rap. Cette réflexion sera proposée parallèlement à la projection de Précieuse(s), documentaire de Fanny Guiard-Norel qui aborde à son tour les questions d’émancipation et de transmission féminine.
La soirée se terminera à 21 heures avec CORPS DIPLOMATIQ. Le collectif réunira les Françaises Oxni et Élodie Milo et les Congolaises Orakle, B-Grace et Nelia Liyenge, accompagnées notamment de Sarah Solo et Swanny Elzingre. Le projet est directement issu du travail commencé lors de Yambi City à Kinshasa.
Ce parcours de huit heures donne au rendez-vous une cohérence rare : ateliers, débats et concert ne sont pas traités comme des formats séparés, mais comme différentes façons de faire circuler expériences et savoirs entre artistes.
« Du Congo à Paris » offre ainsi un aperçu concret de ce que peut devenir une coopération culturelle lorsqu’elle repose sur la création partagée. Kinshasa n’y apparaît pas comme un simple point de départ exotique et Paris comme l’aboutissement naturel du projet : les deux villes constituent les étapes d’une même circulation artistique.
Informations pratiques
Événement : Du Congo à Paris : nos corps en résistance, nos voix en première ligne
Date : samedi 3 octobre 2026
Horaires : de 14h à 22hLieu : Théâtre de la Concorde, 1-3 avenue Gabriel, Paris 8e
Tarif : gratuit sur réservation
À noter : un billet spécifique est nécessaire pour la masterclass guitare, l’atelier batterie et la projection.
Le 47e Moussem culturel international d’Assilah (2-18 octobre)
Assilah accueille du 2 au 18 octobre la session d’automne de son 47e Moussem culturel international. Débats sur l’Afrique et le monde arabe, arts plastiques, littérature et photographie composent une édition fidèle à l’identité de cette ville marocaine devenue, au fil des décennies, un carrefour d’idées et de création.
Du 2 au 18 octobre 2026, Assilah accueille la session d’automne de la 47e édition de son Moussem culturel international. La manifestation, organisée par la Fondation du Forum d’Assilah, poursuit une formule devenue sa signature : faire dialoguer réflexion intellectuelle, création artistique et grands enjeux contemporains.
Cette année, la programmation accorde une place importante aux questions africaines. Dès les 2 et 3 octobre, un colloque intitulé Les enjeux énergétiques et hydriques en Afrique et les projets stratégiques : vers une nouvelle géopolitique réunira chercheurs, experts et personnalités autour de deux ressources devenues centrales dans les équilibres du continent. Eau, énergie, infrastructures et coopération régionale seront abordées comme des enjeux dépassant largement la seule économie.
Ce choix donne immédiatement le ton de la session d’automne. À Assilah, la culture n’est pas conçue comme un secteur isolé des transformations politiques et sociales. Depuis plusieurs décennies, le Moussem associe artistes, écrivains, universitaires, journalistes et responsables publics afin de créer un espace où les disciplines et les géographies se croisent.
Afrique en débat
Le premier colloque mettra donc l’Afrique au centre d’une réflexion sur les nouvelles tensions autour de l’eau et de l’énergie. Dans un contexte marqué par la croissance démographique, les besoins en infrastructures, les transformations climatiques et la multiplication des grands projets, le sujet touche directement à l’avenir des sociétés africaines.
Le Moussem prolongera ensuite ce dialogue avec une deuxième grande rencontre, prévue les 10 et 11 octobre, consacrée au monde arabe à l’horizon 2030. Intitulée Défis, mutations et perspectives, elle abordera les transformations économiques, politiques et sociales qui traversent la région.
Entre les deux, les 5 et 6 octobre, Assilah rendra hommage à Toni Maraini, historienne et spécialiste de l’art, à travers une rencontre centrée sur sa relation avec les arts plastiques marocains. Cet hommage rappelle combien le Moussem s’est construit autour d’une histoire longue de rencontres entre créateurs marocains et personnalités venues d’autres horizons.
La programmation littéraire se poursuivra au-delà de la première semaine avec plusieurs rendez-vous consacrés à l’écriture et à la poésie arabe, dont la huitième édition du Prix Buland Al Haidari des jeunes poètes arabes, prévue le 17 octobre.
Arts en partage
Les arts plastiques restent un autre pilier du Moussem. Peinture, gravure et lithographie réuniront des artistes marocains, arabes et internationaux. À la galerie Mohamed Benaissa des beaux-arts, au Centre Hassan II des Rencontres Internationales, une exposition présentera notamment les œuvres des artistes marocains Mohamed Mrabti et Younes El Kharraz.
Le Palais de la culture accueillera pour sa part une exposition photographique consacrée à Mohamed Benaissa, disparu en 2025, figure indissociable de l’histoire récente du Moussem et ancien secrétaire général de la Fondation du Forum d’Assilah. Une exposition collective des créations réalisées par les enfants dans le cadre du programme « Talents du Moussem » y sera également présentée.
Cette attention portée aux jeunes publics est loin d’être secondaire. Des ateliers comme « Talents de l’enfant » ou « Expression littéraire et écriture de l’enfant » rappellent la volonté de transmettre les pratiques artistiques plutôt que de limiter le festival à une succession de conférences et d’expositions.
Assilah entretient d’ailleurs une relation très particulière avec les arts visuels. Ses murs peints, devenus l’une des signatures de la ville, témoignent depuis des décennies du passage d’artistes marocains et étrangers. Le Moussem a contribué à transformer cette petite cité de la côte atlantique en espace culturel à ciel ouvert, où l’art s’inscrit directement dans l’espace urbain.
La session d’automne 2026 poursuit cette histoire tout en l’ouvrant sur des préoccupations très actuelles. En réunissant réflexion africaine, débats arabes, arts plastiques, littérature et transmission, Assilah défend une conception large de la culture : un lieu où l’on expose des œuvres, mais aussi où l’on analyse les transformations du monde.
Informations pratiques
Événement : 47e Moussem culturel international d’Assilah — session d’automne
Dates : du 2 au 18 octobre 2026
Lieu : Assilah, Maroc
Temps forts : colloque sur l’eau et l’énergie en Afrique les 2 et 3 octobre ; hommage à Toni Maraini les 5 et 6 octobre ; colloque sur le monde arabe les 10 et 11 octobre
Au programme : débats, expositions, arts plastiques, photographie, littérature, poésie et ateliers pour enfants
Principaux lieux : Centre Hassan II des Rencontres Internationales, galerie Mohamed Benaissa des beaux-arts et Palais de la culture.
Prix de la mode du monde arabe à l’IMA (6 octobre)
L’Institut du monde arabe consacre le 6 octobre deux masterclass aux nouvelles scènes de la mode arabe. Créateurs, historiens et professionnels y discuteront d’héritage, d’identité et de savoir-faire, mais aussi des passerelles à construire entre Paris, le Maghreb, l’Égypte et les grands pôles créatifs arabes.
Comment puiser dans un patrimoine sans le transformer en décor ? Et comment permettre aux jeunes créateurs du monde arabe de circuler davantage entre les écoles, ateliers, entreprises et capitales internationales de la mode ? Le 6 octobre, l’Institut du monde arabe réunit à Paris designers, historiens et professionnels autour de deux masterclass organisées dans le cadre du Prix de la mode du monde arabe.
Lancé par l’IMA, ce prix veut identifier et accompagner des créateurs issus du monde arabe et de ses diasporas. Sa deuxième édition se déroule en 2026, mais la première table ronde du 6 octobre donne la parole aux lauréats de l’édition précédente : Mouthana Alhaj Ali, Djalel Chib, Ahmed Hassan, Lina Kouhaili et Oubadah Nouktah. Face à eux, les historiens de la mode Khémaïs Ben Lakhdar et Pierre-Jean Desemerie interrogeront la manière dont leurs créations transforment les héritages reçus.
L’objectif est précisément d’éviter une vision figée de la « mode arabe ». Car derrière cette expression se trouvent des parcours, des territoires et des langages très différents. Architecture, mémoire familiale, accessoires, artisanat ou design peuvent devenir les matériaux d’une création contemporaine qui n’a pas à choisir entre tradition et modernité.
L’héritage comme matière à inventer
Intitulée « Modes arabes, mondes pluriels : héritages, identités et créations contemporaines », la première rencontre, de 18h à 19h30, s’intéressera aux multiples formes de transmission qui traversent le travail des designers.
Il peut s’agir d’un héritage culturel ou familial, mais aussi d’un savoir-faire local, d’une expérience de l’exil ou d’une mémoire liée à un territoire. L’enjeu n’est pas seulement de préserver ces références : il est de comprendre comment elles peuvent être déplacées, déconstruites ou réinterprétées pour produire une écriture personnelle.
Le sujet touche directement aux débats qui accompagnent aujourd’hui l’essor des scènes créatives du Maghreb et du Moyen-Orient. Broderies, bijoux, techniques textiles ou formes vestimentaires traditionnelles sont de plus en plus visibles dans la mode internationale. Mais leur présence pose aussi la question de savoir qui les utilise, comment elles sont racontées et quelle place est accordée aux artisans et aux créateurs des régions dont elles sont issues.
En réunissant plusieurs profils plutôt qu’en consacrant une rencontre à une seule maison, l’IMA veut montrer cette pluralité. La mode arabe apparaît ainsi moins comme une esthétique identifiable que comme un ensemble de pratiques traversées par des histoires individuelles, des migrations et des influences multiples.
De Casablanca au Caire, créer des passerelles durables
La seconde masterclass, programmée de 19h30 à 21h, déplace la discussion vers l’économie de la mode. Sous le titre « Créer des passerelles. France, pays arabes et nouveaux modèles de collaboration dans la mode », elle s’intéresse aux structures capables d’accompagner les talents au-delà de leur lancement.
Parmi les intervenants figurent Youness Bouchida, CEO d’Audace Initiative au Maroc, et Fatma Ghaly, à la tête de la maison égyptienne Azza Fahmy, référence internationale dans le domaine de la joaillerie. Seront également présents Kim Hou, responsable du Tremplin Mode et Textile, et Frédéric Morales, représentant de l’Institut Français de la mode pour la région du Golfe. La discussion sera modérée par la journaliste Samira Ibrahim.
Le Maroc et l’Égypte occupent ici une place particulièrement intéressante. Tous deux disposent de savoir-faire artisanaux anciens, mais aussi de nouvelles générations de marques cherchant à structurer leur développement, accéder à des formations, trouver des financements et atteindre des marchés internationaux.
La question centrale devient alors celle de l’écosystème : comment relier écoles, incubateurs, institutions culturelles, entreprises et créateurs ? Comment favoriser la mobilité entre Paris, Casablanca, Marrakech, Le Caire ou les capitales du Golfe, sans réduire les talents arabes à une source d’inspiration pour les grandes maisons occidentales ?
Cette réflexion donne tout son intérêt à la soirée. La mode n’y est pas abordée uniquement comme un spectacle ou une succession de collections, mais comme une véritable industrie culturelle faite de formation, de production, de savoir-faire et de réseaux professionnels.
Informations pratiques
Événement : Masterclass du Prix de la mode du monde arabe
Date : mardi 6 octobre 2026
Horaires : première rencontre de 18h à 19h30 ; seconde de 19h30 à 21h
Lieu : Institut du monde arabe, Salle du Haut Conseil, niveau 9, Paris
Tarif : accès libre dans la limite des places disponibles
Programme : Modes arabes, mondes pluriels puis Créer des passerelles
Heritage Theatre Arts Festival à Accra (5-11 octobre)
Accra accueille du 5 au 11 octobre le Heritage Theatre Arts Festival, une semaine consacrée aux arts de la scène et aux récits africains. Performances, ateliers, masterclass et rencontres professionnelles réuniront des artistes venus du Ghana, d’Afrique du Sud, de Sierra Leone, du Togo, mais aussi d’Europe et des États-Unis.
Du 5 au 11 octobre 2026, la School of Performing Arts de l’Université du Ghana, à Legon, devient le centre d’un vaste dialogue entre traditions théâtrales africaines et pratiques contemporaines. Le Heritage Theatre Arts Festival 2026 rassemble artistes, étudiants, professionnels de la culture et publics autour d’une programmation qui entend faire du théâtre un espace de transmission, mais aussi de coopération internationale.
Le thème choisi cette année donne la direction : « Celebrating African Stories. Connecting Cultures. Inspiring Generations. » La formule résume une ambition qui dépasse la simple succession de spectacles. Pendant une semaine, représentations théâtrales, ateliers, masterclass, expositions, échanges culturels et conversations professionnelles doivent permettre aux participants de confronter leurs méthodes, leurs récits et leurs expériences.
Des artistes et professionnels sont annoncés du Ghana, d’Afrique du Sud, de Sierra Leone et du Togo, auxquels s’ajoutent des participants venus d’Espagne et des États-Unis. Cette diversité donne au festival une double dimension : panafricaine d’abord, avec la rencontre de plusieurs traditions scéniques du continent ; internationale ensuite, avec l’ouverture à des partenaires extérieurs et aux diasporas.
Le théâtre comme lieu de transmission
Le festival est organisé par Heritage of Africa en collaboration avec la School of Performing Arts de l’Université du Ghana. Selon son initiateur, Gladstone Nditsi Kwawukume, le projet veut utiliser le théâtre comme outil de préservation culturelle, d’éducation, de développement de la jeunesse et de coopération internationale.
Cette orientation correspond à l’identité même de la School of Performing Arts. L’établissement combine formation académique et pratique dans plusieurs disciplines, notamment le théâtre, la danse et la musique. Ses programmes mettent en avant aussi bien les traditions ghanéennes et africaines que les formes contemporaines, avec l’objectif de former artistes, chercheurs et professionnels des industries culturelles.
Le choix d’installer le festival dans une université n’est donc pas anodin. La scène devient ici un espace d’apprentissage autant qu’un lieu de représentation. Étudiants et jeunes artistes pourront assister à des masterclass, participer à des ateliers et rencontrer des professionnels venus de plusieurs pays.
Cette articulation entre création et formation est particulièrement importante pour les arts vivants africains. Beaucoup de pratiques théâtrales reposent encore sur la transmission directe, l’oralité, le geste et la mémoire collective. Leur conservation ne passe pas seulement par les archives : elle dépend aussi de leur capacité à être rejouées, enseignées et réinventées.
Le festival veut précisément maintenir cette continuité entre patrimoine et création contemporaine, sans réduire les traditions à des objets figés.
Accra, carrefour des scènes africaines
Le Heritage Theatre Arts Festival s’inscrit aussi dans une dynamique plus large qui confirme la place d’Accra comme l’un des pôles culturels actifs d’Afrique de l’Ouest.
La capitale ghanéenne accueille régulièrement festivals, programmes de coopération culturelle et événements liés aux diasporas. L’Université du Ghana joue un rôle important dans cet écosystème grâce à ses départements de théâtre, de danse et de musique, mais aussi par ses recherches sur les formes artistiques et les patrimoines du continent.
En août 2026, sa School of Performing Arts a d’ailleurs reçu un prix récompensant son action en faveur de la préservation et de la promotion du patrimoine culturel, du théâtre, de la danse et de la musique ghanéens et africains. L’institution présente sa mission comme un équilibre entre conservation des héritages et innovation artistique.
Le festival permet d’élargir cette démarche en mettant les artistes ghanéens en relation avec d’autres scènes africaines. Afrique du Sud, Sierra Leone et Togo possèdent leurs propres traditions théâtrales, leurs langues, leurs systèmes de formation et leurs réseaux de diffusion. Les réunir à Accra favorise des échanges qui restent parfois difficiles à organiser à l’échelle du continent.
C’est probablement là que réside l’intérêt principal du rendez-vous : créer des connexions directes entre artistes africains sans que ces rencontres passent nécessairement par les grandes capitales européennes ou nord-américaines.
À Accra, pendant une semaine, la scène devient donc autant un lieu de spectacle qu’un laboratoire pour penser la circulation future du théâtre africain.
Informations pratiques
Événement : Heritage Theatre Arts Festival 2026
Dates : du 5 au 11 octobre 2026
Lieu : School of Performing Arts, University of Ghana, Legon, Accra
Organisateurs : Heritage of Africa et University of Ghana School of Performing Arts
Participants annoncés : Ghana, Afrique du Sud, Sierra Leone, Togo, Espagne et États-Unis
Au programme : représentations théâtrales, ateliers, masterclass, expositions, échanges culturels, networking et rencontres professionnelles
Cheikh Sidi Bémol, du guellal au Québec
Avec Guellal Montréal, son treizième album, Cheikh Sidi Bémol fait dialoguer traditions algériennes et poésie autochtone du Québec. Entre guellal, melhoun, rock et blues, Hocine Boukella poursuit une aventure musicale commencée il y a près de trente ans, où les héritages se rencontrent sans jamais se confondre.
Il y a d’abord un son : celui du guellal, percussion emblématique de l’Ouest algérien, reconnaissable à ses basses profondes et à ses frappes sèches. Puis un déplacement, vers Montréal, à plusieurs milliers de kilomètres de l’Algérie. C’est entre ces deux géographies que Cheikh Sidi Bémol a construit son nouvel album.
Sorti le 18 septembre 2026, Guellal Montréal est le treizième disque de Hocine Boukella, alias Cheikh Sidi Bémol. Depuis son premier album en 1998, le musicien algérien développe une écriture où rock, blues, rythmes populaires, culture amazighe et poésie se rencontrent sans hiérarchie. Une méthode qu’il a baptisée avec humour le « gourbi-rock », comme pour mieux refuser les catégories trop propres.
Cette fois, la rencontre dépasse le seul mélange des genres musicaux. L’album est né de plusieurs séjours au Québec et de la découverte de textes et de spiritualités liés aux peuples autochtones du Canada. À Chicoutimi notamment, Boukella dit avoir été frappé par certaines résonances avec l’univers amazigh : le rapport à la terre, à la nature et à la mémoire, mais aussi une manière de penser la place de l’être humain dans son environnement.
Quand le guellal traverse l’Atlantique
Cheikh Sidi Bémol ne cherche pas à faire de ces cultures lointaines des miroirs parfaits. Il part plutôt des correspondances qu’il perçoit pour les transformer en matière musicale.
Des textes inspirés de la poésie autochtone trouvent ainsi une nouvelle forme en kabyle, en arabe ou en français. Le guellal assure le fil conducteur de l’ensemble. Traditionnellement associé aux musiques populaires de l’Ouest algérien, l’instrument accompagne notamment le melhoun, poésie chantée qui a profondément nourri les répertoires régionaux et compte parmi les racines du raï.
Pour ce projet, un guellal a même été fabriqué à Montréal. Le geste résume l’esprit de l’album : déplacer un instrument, mais surtout la mémoire qu’il transporte, puis le faire résonner dans un nouvel environnement.
Parmi les morceaux qui incarnent cette rencontre figure Ya Gamra Dawi. Cette chanson d’amour en darija est née d’un texte autochtone découvert au Québec. La lune y devient l’intermédiaire auquel on confie ceux que l’on aime. Une image suffisamment simple et universelle pour franchir les langues sans effacer leurs différences.
Le percussionniste Mehdi Askeur, membre de l’Orchestre National de Barbès, participe également au projet. Autour du guellal restent présentes les guitares électriques et cette couleur blues-rock qui accompagne Cheikh Sidi Bémol depuis ses débuts.
Son parcours discographique raconte d’ailleurs cette fidélité au métissage : El Bandi, Gourbi Rock, Paris Alger Bouzeguène, Afya ou encore Chouf ! ont progressivement installé une musique difficile à enfermer dans un genre unique.
Une tradition qui reste en mouvement
C’est précisément cette liberté qui donne sa cohérence à près de trente ans de carrière. Chez Hocine Boukella, le patrimoine n’est jamais traité comme une pièce à conserver sous verre. Il peut croiser le rock, le blues ou des récits venus d’un autre continent sans perdre ses attaches.
Guellal Montréal pousse cette logique plus loin. Le disque ne prétend pas fusionner cultures algériennes et autochtones en une identité commune. Il cherche plutôt ce que leur rencontre peut produire lorsqu’elle passe par la sensibilité d’un musicien, ses traductions et ses propres souvenirs.
Le 25 septembre, Cheikh Sidi Bémol a présenté l’album au Cabaret Sauvage, à Paris, lors du concert de lancement de sa nouvelle tournée. Le duo IWAL, dont l’univers puise notamment dans les sonorités des Aurès, assurait la première partie. Aux titres du nouvel album se sont ajoutés plusieurs morceaux devenus familiers de son répertoire, parmi lesquels Blad Tchina, El Bandi et Ma Kayen Walou.
La tournée doit désormais prolonger cette circulation, avec des étapes en France et en Belgique, puis des passages envisagés en Algérie en 2027 et au Canada.
Près de trois décennies après son premier disque, Boukella continue ainsi de défendre une idée simple : une tradition reste vivante lorsqu’elle accepte de voyager. Avec Guellal Montréal, le voyage traverse l’Atlantique et revient chargé de nouvelles voix.
Informations pratiques
Album : Guellal Montréal
Artiste : Cheikh Sidi Bémol – Hocine Boukella
Sortie : 18 septembre 2026
Format : 12 titres, disponible en physique et en numérique
Label : CSB Productions
Distribution : L’Autre Distribution
Tournée : concerts annoncés en France et en Belgique, avant des étapes prévues en Algérie et au Canada
À noter : un ouvrage associé au projet, comprenant notamment paroles, traductions et partitions, est proposé autour de l’album et lors de certains concerts.
