Notre semaine culturelle : Angélique Kidjo, Mohamed Mbougar Sarr, Viviane Chidid…

27/09/2026 – Patricia Bechard

La semaine culturelle se déploie entre Johannesburg, Rabat, Marrakech, Dakar, Kigali, Limoges et Paris. Jazz, cinéma, littérature, danse, patrimoine et création contemporaine composent un programme marqué par les circulations entre Afrique, Europe et diasporas. Des hommages aux grandes figures du jazz sud-africain aux débats sur l’intelligence artificielle, des Ballets Africains de Guinée aux 70 ans du Congrès des écrivains et artistes noirs, les rendez-vous croisent mémoire, transmission et scènes contemporaines.

Maillage, nouveau festival littéraire à Paris (25-27 septembre)

Le Palais de la Porte Dorée lance du 25 au 27 septembre Maillage, un nouveau festival littéraire qui réunit une trentaine d’auteurs autour des migrations, de l’exil, de la mémoire, des identités et de l’environnement. Mohamed Mbougar Sarr, prix Goncourt 2021, est l’invité d’honneur de cette première édition, aux côtés notamment de Hemley Boum, Dinaw Mengestu, Abdellah Taïa et Diaty Diallo.

Pour sa première édition, Maillage entend faire circuler la littérature dans l’ensemble du Palais de la Porte Dorée, du Musée national de l’histoire de l’immigration à l’Aquarium tropical. Rencontres, lectures, performances, ateliers, bande dessinée, musique et création collective composent trois jours de programmation qui coïncident avec la rentrée littéraire française. Le projet présenté pour cette édition mettait déjà l’accent sur les écritures africaines et diasporiques et sur leur place croissante dans la programmation culturelle parisienne.

Mohamed Mbougar Sarr, fil conducteur du festival

Invité d’honneur, Mohamed Mbougar Sarr occupe une place centrale dans la programmation. Né au Sénégal et installé en France, l’écrivain s’est fait connaître avec Terre ceinte en 2014, avant de recevoir le prix littéraire de la Porte Dorée en 2018 pour Silence du chœur. En 2021, La Plus Secrète Mémoire des hommes, réflexion romanesque sur la littérature, les héritages africains et la figure de l’écrivain malien Yambo Ouologuem, lui vaut le prix Goncourt.

Maillage lui consacre plusieurs rendez-vous. Il dialoguera avec l’historien Pierre Singaravélou autour des rapports entre histoire et littérature, puis avec la romancière camerounaise Hemley Boum sur « l’art du romancier ». Dimanche, il retrouvera la musicienne et poétesse franco-brésilienne Gildaa pour L’heure mystique, une performance où littérature et musique se répondent.

Une rencontre inédite avec Dinaw Mengestu

L’un des temps forts aura lieu samedi 26 septembre avec la première rencontre entre Mohamed Mbougar Sarr et Dinaw Mengestu. Né en Éthiopie et installé aux États-Unis, ce dernier a construit une œuvre traversée par l’exil, les migrations et les déplacements d’identité. Organisé en partenariat avec le Festival America, leur entretien doit confronter leurs univers « par-delà les frontières, les langues et les mémoires ».

Autour d’eux, Maillage réunit des auteurs et artistes aux parcours variés : Abdellah Taïa, Rachida Brakni, Diaty Diallo, Thélyson Orélien, Kiyémis, Jadd Hilal ou encore Polina Panassenko figurent parmi les invités. Les discussions abordent notamment les blessures de la colonisation, l’exil, la mémoire familiale et la recherche de nouvelles formes de langage pour dire les identités contemporaines.

La littérature au-delà du livre

Le festival ne se limite pas aux rencontres d’auteurs. Une performance dessinée, des lectures musicales, des ateliers d’écriture, des propositions destinées aux familles et une scène ouverte consacrée au Master Création littéraire de Paris 8 élargissent le programme. Chaque rencontre ou performance est suivie d’une séance de dédicaces.

Ce choix correspond au nom même de Maillage : créer des liens entre les genres, les générations et les récits. Qu’un tel festival s’installe au Palais de la Porte Dorée, lieu consacré à l’histoire de l’immigration, donne une résonance particulière aux thèmes abordés. Les littératures africaines et diasporiques y côtoient d’autres écritures contemporaines sans être cantonnées à un programme spécialisé.

Informations pratiques

Événement : Maillage — festival littéraire de la Porte Dorée
Dates : 25 au 27 septembre 2026
Lieu : Palais de la Porte Dorée, Paris
Invité d’honneur : Mohamed Mbougar Sarr
Rencontre avec Dinaw Mengestu : 26 septembre à 20 h, Auditorium Marie Curie
Tarifs : plusieurs événements gratuits sur réservation ; certaines propositions payantes

Mansa Moussa, Roi d’Or à Limoges (25 septembre)

Les Ballets Africains de Guinée présentent le 25 septembre à Limoges la première européenne de Mansa Moussa, Roi d’Or. Trente-cinq artistes donnent corps à une fresque chorégraphique inspirée du souverain de l’Empire du Mali, mêlant danse, chants, griots, percussions et projections. Le spectacle célèbre aussi l’histoire d’une compagnie née à Paris en 1952 et devenue l’un des emblèmes culturels de la Guinée.

Une caravane traverse le désert, les tambours accompagnent les récits des griots et les danseurs font surgir cérémonies royales, marchés, voyages et pèlerinages. Avec Mansa Moussa, Roi d’Or, les Ballets Africains choisissent l’une des figures les plus célèbres de l’histoire ouest-africaine pour construire un spectacle de deux heures où récit historique et patrimoine musical se rencontrent. La représentation est programmée au Grand-Théâtre de Limoges dans le cadre des Francophonies – Des écritures à la scène.

Mansa Moussa, une figure devenue légendaire

Souverain de l’Empire du Mali au XIVe siècle, Mansa Moussa reste notamment associé à son pèlerinage à La Mecque et à la richesse considérable de son royaume, alimentée par les grands réseaux commerciaux transsahariens. Le spectacle ne se présente toutefois pas comme une reconstitution historique. Il utilise son parcours comme la trame d’une épopée destinée à faire revivre un monde de pouvoirs, d’échanges, de savoirs et de traditions.

Sur scène, danseurs, musiciens, chanteurs et acrobates sont accompagnés de djembés, balafons, koras et ngonis. La création mobilise également projections monumentales et scénographie immersive. Les chants témoignent de la diversité linguistique de l’Afrique de l’Ouest : malinké, bambara, soussou, peul, toma, guerzé, baga, koniagui, dioula et mendé figurent dans le spectacle.

Une compagnie née à Paris en 1952

Mansa Moussa, Roi d’Or est aussi un hommage à Keita Fodéba, fondateur des Ballets Africains. Né en Guinée, celui-ci développe à Paris à partir de la fin des années 1940 un projet associant danse, musique et théâtre, avant d’adopter en 1952 le nom de Ballets Africains. La compagnie se produit cette même année au Théâtre de l’Étoile puis entreprend des tournées en Europe et en Afrique.

Après l’indépendance de la Guinée en 1958, elle devient l’ensemble national du pays. Ses spectacles jouent alors un rôle majeur dans la diffusion internationale des danses, rythmes et récits ouest-africains. La compagnie poursuit depuis cette fonction de représentation culturelle, tout en adaptant son répertoire aux formes de la scène contemporaine.

Le spectacle présenté à Limoges s’inscrit précisément dans cet héritage. La direction artistique est assurée par Manana Cissé et la chorégraphie par Georges Monboye, avec une production de la Fondation Aïcha et le soutien du ministère guinéen de la Culture et du Fonds de développement des arts et de la culture.

Transmettre une mémoire par la scène

La figure de Mansa Moussa permet aux Ballets Africains de replacer sur une scène européenne une histoire africaine longtemps principalement racontée à travers des sources et des représentations extérieures au continent. Mais la transmission passe ici moins par un discours historique que par les corps, les langues, les instruments et les formes narratives héritées des traditions mandingues.

La première européenne de Limoges donne ainsi à voir la manière dont une institution vieille de plus de soixante-dix ans continue de transformer le patrimoine en création scénique. Plus qu’une évocation d’un souverain médiéval, Mansa Moussa, Roi d’Or relie une mémoire impériale ouest-africaine à l’histoire même des Ballets Africains et à leur vocation de transmission.

Informations pratiques

Spectacle : Mansa Moussa, Roi d’Or
Compagnie : Les Ballets Africains de Guinée
Date : 25 septembre 2026 à 20 h 30
Lieu : Grand-Théâtre, Limoges
Durée : 2 heures avec entracte
Public : à partir de 10 ans
Tarifs : prix libre, de 5 à 25 euros
Cadre : Les Francophonies – Des écritures à la scène
Particularité : première européenne

Johannesburg au rythme du Joy of Jazz (25-26 septembre)

Le Standard Bank Joy of Jazz revient les 25 et 26 septembre au Sandton Convention Centre de Johannesburg pour sa 27e édition. Plus de cinquante musiciens venus de plus de dix pays se répartiront sur quatre scènes, avec une programmation qui associe grandes figures internationales, artistes sud-africains et hommages à plusieurs noms majeurs de l’histoire musicale du pays.

À Johannesburg, le Joy of Jazz occupe une place particulière dans un paysage musical où le jazz reste étroitement lié à l’histoire politique et culturelle sud-africaine. L’édition 2026 réunit notamment Angélique Kidjo, Kamasi Washington, Ibrahim Maalouf, Nubya Garcia, Floetry et Tank and the Bangas, aux côtés de McCoy Mrubata, Judith Sephuma, Thandiswa Mazwai, Gabi Motuba, Manana et Nomfusi. Plus de cinquante artistes sont annoncés sur les scènes Dinaledi, Diphala, Conga et Mbira.

Un festival devenu une institution

Créé en 1997 au State Theatre de Pretoria, le Joy of Jazz s’installe en 2000 à Newtown, alors l’un des principaux pôles artistiques du centre de Johannesburg. Cette première édition johannesbourgeoise attire environ 1 800 personnes. En 2014, le festival déménage au Sandton Convention Centre, dans le principal quartier d’affaires de la métropole. Il revendique aujourd’hui plus de 25 000 spectateurs par édition, signe d’un changement d’échelle qui en a fait à la fois un grand rendez-vous musical et un acteur de l’économie culturelle locale.

Au fil des années, le festival a accueilli des artistes comme Abdullah Ibrahim, Hugh Masekela, Miriam Makeba, Branford Marsalis, Dianne Reeves ou le Count Basie Orchestra, tout en maintenant une forte présence de musiciens sud-africains. Cette articulation entre patrimoine national et ouverture internationale reste au cœur de l’édition 2026.

Hugh Masekela et Busi Mhlongo au cœur des hommages

Thandiswa Mazwai revisitera le répertoire de Hugh Masekela, disparu en 2018. Révélée avec Bongo Maffin avant de mener une carrière solo, la chanteuse avait elle-même collaboré avec le trompettiste, l’une des figures majeures du jazz sud-africain.

Un autre hommage sera consacré à Busi Mhlongo, grande voix qui a fait dialoguer traditions zouloues, maskandi, mbaqanga et jazz. Buhlebendalo Mda, Zawadi YaMungu et Xolisa Dlamini reprendront son répertoire, tandis que Khaya Mahlangu rendra hommage au saxophoniste Kippie Moeketsi. Themba et Afrika Mkhize présenteront de leur côté Reflections of Mzansi Big Band, projet orchestral consacré aux différentes strates du patrimoine musical sud-africain.

Ces séquences résonnent particulièrement en 2026, année du cinquantième anniversaire du soulèvement de Soweto de 1976 et du soixante-dixième anniversaire de la Marche des femmes de 1956 contre les lois de l’apartheid. Le festival inscrit ainsi la transmission musicale dans une histoire nationale toujours très présente.

Une scène ouverte sur plusieurs générations

Le versant international du programme témoigne d’une définition large du jazz. La chanteuse béninoise Angélique Kidjo revient au festival, tandis que le saxophoniste américain Kamasi Washington y est annoncé pour la première fois. Le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf, la saxophoniste britannique Nubya Garcia, Floetry, Tank and the Bangas et Ola Onabule élargissent encore la programmation vers la soul, le funk et les musiques africaines contemporaines.

La relève est également mise en avant, notamment avec Gabi Motuba et Manana, lauréats 2026 des Standard Bank Young Artist Awards. Un projet réunissant quatre bassistes femmes — AusTebza, Rochelle Rautenbach, Chantal Willie-Petersen et Orlanda Da Conceição — participe aussi à cette volonté de rendre plus visibles de nouvelles générations d’instrumentistes.

Informations pratiques

Événement : Standard Bank Joy of Jazz 2026
Dates : 25 et 26 septembre 2026
Lieu : Sandton Convention Centre, Johannesburg
Format : quatre scènes
Tarifs annoncés : 1 150 rands pour une journée ; 2 250 rands pour les deux jours
Billetterie : Ticketmaster South Africa

À Rabat, YO! FEST mêle rap, jazz et gnaoua (25-27 septembre)

YO! FEST revient à Rabat du 25 au 27 septembre pour une 13e édition consacrée aux cultures urbaines et à la jeune création. Entre rap, jazz, gnaoua, slam, masterclass et marché culturel, le festival veut conjuguer scène et transmission, avec l’Espagne comme partenaire officiel et la Suède comme pays invité d’honneur.

Après douze éditions consacrées aux cultures urbaines, à la musique et à l’expression de la jeunesse, YO! FEST s’installe cette année à l’Institut national supérieur de musique et d’art chorégraphique (INSMAC) et à l’Institut Cervantes de Rabat. Sous le slogan « Nouvelle vision, même ADN », le rendez-vous conserve son ancrage dans les pratiques urbaines tout en élargissant la place donnée à la formation et aux échanges professionnels.

Une scène où les genres se rencontrent

La soirée d’ouverture, vendredi 25 septembre, donne le ton avec un spectacle faisant se rencontrer blues, slam, jazz, rap et gnaoua. Ce rapprochement de formes musicales qui ont chacune leur histoire correspond à l’identité revendiquée par YO! FEST : ne pas isoler les cultures urbaines dans une catégorie unique, mais les faire dialoguer avec d’autres traditions et pratiques contemporaines.

La présence du gnaoua aux côtés du rap et du slam est particulièrement significative au Maroc, où cette musique patrimoniale dialogue depuis plusieurs décennies avec le jazz, le rock et les musiques électroniques. YO! FEST inscrit cette rencontre dans un cadre tourné vers une nouvelle génération de créateurs, moins attachée aux frontières entre les genres qu’aux circulations entre héritage, création urbaine et scènes internationales.

Au fil de ses éditions, le festival affirme avoir accueilli plus de 50 artistes marocains et étrangers et rassemblé plus de 60 000 spectateurs, avec une audience cumulée de plusieurs millions de personnes à travers les médias et les réseaux sociaux.

Espagne et Suède, deux passerelles culturelles

L’ouverture internationale constitue l’un des axes les plus visibles de cette 13e édition. L’Espagne intervient comme partenaire officiel tandis que la Suède est invitée d’honneur. Les deux pays ne sont pas seulement présents dans la programmation artistique : des masterclass leur sont spécifiquement consacrées le samedi 26 septembre.

L’Institut Cervantes accueillera ainsi une masterclass espagnole, tandis que l’INSMAC recevra la session portée par la Suède. Ces rencontres doivent permettre aux jeunes participants de confronter leurs pratiques à d’autres approches de la création et de développer des contacts au-delà du cadre marocain. Le festival est porté avec le ministère marocain de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, l’Institut Cervantes, la Coopération espagnole et l’ambassade de Suède.

Du spectacle à la transmission

YO! FEST ne se limite pas aux performances. L’édition 2026 s’organise autour de trois axes — scène, transmission et rencontre — qui traduisent une volonté de relier pratique artistique et structuration professionnelle. Les masterclass occupent à ce titre une place importante, tout comme le YO! Market, ouvert pendant les trois journées du festival et conçu comme un espace de découverte, d’échange et de mise en relation.

Cette orientation reflète plus largement l’évolution des scènes urbaines marocaines. Rap, slam, gnaoua et création numérique ne circulent plus uniquement dans des espaces parallèles : ils rencontrent désormais institutions culturelles, programmes internationaux et réseaux professionnels. En choisissant l’INSMAC et l’Institut Cervantes comme principaux lieux de son édition 2026, YO! FEST inscrit précisément ces pratiques dans cet espace intermédiaire entre émergence artistique, formation et coopération culturelle.

Informations pratiques

Événement : YO! FEST 2026 — 13e édition
Dates : 25 au 27 septembre 2026
Lieux : INSMAC et Institut Cervantes, Rabat
25 septembre : ouverture du YO! Market à 15 h ; cérémonie officielle à 17 h ; spectacle à 18 h26 septembre : masterclasses Espagne et Suède ; YO! Market
27 septembre : YO! Market et animation de clôture
Organisation : 365 Opportunities

Les 70 ans du Congrès des écrivains et artistes noirs à Paris (26 septembre)

Soixante-dix ans après le Premier Congrès des écrivains et artistes noirs, organisé à la Sorbonne en septembre 1956, Présence Africaine et plusieurs institutions universitaires reviennent le 26 septembre sur ce moment majeur de l’histoire intellectuelle des décolonisations. À Reid Hall, projections, conférence et table ronde interrogeront l’héritage d’une rencontre qui réunit alors certaines des grandes voix africaines et diasporiques.

Du 19 au 22 septembre 1956, à l’initiative de l’intellectuel sénégalais Alioune Diop et de la revue Présence Africaine, écrivains, artistes et penseurs venus d’Afrique, des Antilles et des États-Unis se retrouvent à la Sorbonne. Dans un monde encore largement colonial, le congrès veut créer un espace commun de réflexion sur les cultures noires, le racisme, la colonisation et les conditions d’une émancipation politique et intellectuelle.

Une rencontre historique à la Sorbonne

Fondée en 1947 par Alioune Diop, Présence Africaine était devenue en moins d’une décennie un lieu essentiel de circulation des idées entre intellectuels africains et diasporiques. Le congrès de 1956 prolonge cette ambition en réunissant des personnalités dont plusieurs occuperont ensuite une place centrale dans l’histoire politique et culturelle du continent.

Léopold Sédar Senghor y prononce une conférence sur les cultures négro-africaines, Frantz Fanon intervient sur « Racisme et culture », Aimé Césaire sur « Culture et colonisation », tandis qu’Amadou Hampâté Bâ présente une communication consacrée à la culture peule. Jacques Rabemananjara, Jean Price-Mars ou encore Jacques Stéphen Alexis figurent également parmi les participants. Les archives sonores de l’INA conservent une partie de ces interventions.

Le rassemblement dépasse la seule littérature. Il entend affirmer la légitimité des cultures africaines et noires à un moment où les mouvements indépendantistes prennent de l’ampleur. À son issue naît la Société africaine de culture, destinée à prolonger les liens intellectuels établis à Paris.

De 1956 à 2026

La rencontre du 26 septembre ne cherche pas seulement à commémorer cet épisode. Elle entend mesurer ce que ses débats ont transmis et ce qu’ils peuvent encore signifier aujourd’hui. Des extraits de Lumières noires, documentaire réalisé en 2006 par Bob Swaim à l’occasion du cinquantenaire du congrès, ouvriront la matinée.

Une conférence intitulée « Présence Africaine, hier et aujourd’hui » réunira le poète et romancier Daniel Maximin, Boniface Mongo-Mboussa, rédacteur en chef de la revue Présence Africaine, et l’historien de l’art Nicolas Baudouin. Elle reviendra sur le rôle joué par la revue et la maison d’édition dans la constitution d’un espace intellectuel reliant Afrique, Caraïbes, Europe et Amériques.

Un héritage toujours discuté

La table ronde « De 1956 à 2026 : quel héritage ? » réunira Boniface Mongo-Mboussa, Lotte Arndt, Valérie Berty et Keithley Woolward. Il s’agira notamment d’interroger la circulation actuelle des œuvres, des idées et des intellectuels africains, mais aussi la manière dont ont évolué les questions d’identité, de représentation et de transmission depuis les indépendances.

L’anniversaire se prolonge par ailleurs au-delà de Reid Hall. Présence Africaine accompagne en 2026 plusieurs manifestations liées au Congrès de 1956, dont une exposition présentée à la Sorbonne du 17 septembre au 30 octobre.

Informations pratiques

Événement : 70e anniversaire du Premier Congrès des écrivains et artistes noirs
Date : 26 septembre 2026, de 15 h à 18 h
Lieu : Reid Hall – Columbia Global Paris Center, 4 rue de Chevreuse, Paris 6e
Organisation : Columbia Global Paris Center, Columbia M.A. in History and Literature, Présence Africaine, Sarah Lawrence in France et NYU in Paris
Langue : français
Accès : gratuit sur inscription ; événement actuellement complet, liste d’attente ouverte

Marrakech mise sur le court métrage (25-30 septembre)

Le Marrakech Short Film Festival revient du 25 au 30 septembre pour une sixième édition qui élargit son terrain d’action. Aux compétitions marocaine et internationale s’ajoutent une nouvelle section documentaire consacrée à l’Afrique et un programme professionnel destiné à accompagner les cinéastes de l’écriture à la circulation de leurs films. Plus de 400 œuvres issues de 90 pays ont été soumises cette année.

Le Marrakech Short Film Festival s’est construit autour d’une idée simple : faire sortir le court métrage des seules salles spécialisées et l’installer dans la ville. Pour cette édition, les projections investissent notamment le palais El Badi, le Cyber Parc Moulay Abdessalam et plusieurs espaces culturels marrakchis. La manifestation conserve ainsi son identité de festival à ciel ouvert tout en développant une dimension professionnelle plus affirmée. Le programme annoncé met en avant cette volonté de passer d’une simple vitrine de films à un lieu de circulation pour les cinéastes, producteurs et professionnels.

Un festival entre Marrakech et le monde

Plus de 400 courts métrages provenant de plus de 90 pays et de cinq continents ont été proposés pour cette sixième édition. Deux compétitions principales, marocaine et internationale, structurent la sélection. Malte est cette année le pays invité, dans le cadre d’une programmation qui place la « diplomatie culturelle » parmi ses axes revendiqués.

Le festival cherche toutefois à maintenir un équilibre entre ouverture internationale et ancrage local. Le court métrage marocain conserve sa propre compétition et les différents rendez-vous sont répartis dans des lieux de la ville plutôt que concentrés dans un unique complexe. L’ouverture se déroule le 25 septembre au palais El Badi, tandis que les compétitions se poursuivent notamment au Cyber Parc avant une clôture le 30 septembre.

Cette implantation distingue également le Marrakech Short Film Festival du grand Festival international du film de Marrakech, organisé plus tard dans l’année. Né comme une manifestation dédiée aux formats courts et aux nouvelles générations de réalisateurs, le premier revendique désormais un rôle d’intermédiaire entre jeunes auteurs, festivals étrangers et industrie cinématographique.

« Bridges of Reality », le documentaire africain en première ligne

La principale nouveauté éditoriale est « Bridges of Reality », section consacrée aux courts documentaires liés au continent africain et à ses diasporas. Le programme est conçu comme une initiative appelée à se prolonger au-delà de cette seule édition et veut privilégier des récits ancrés dans les réalités et les perspectives africaines.

La sélection, présentée les 28 et 29 septembre à l’Institut français de Marrakech, est accompagnée par le curateur Alex Moussa Sawadogo, figure connue des réseaux cinématographiques africains. Les séances sont proposées en accès libre.

L’enjeu dépasse la création d’une catégorie supplémentaire. Le documentaire africain reste confronté à des difficultés de financement, de distribution et d’accès aux circuits internationaux. En lui réservant un programme identifié, le festival entend favoriser à la fois sa visibilité auprès du public et sa circulation professionnelle.

AMANAR, du film au marché

L’autre évolution majeure se situe en coulisses. AMANAR, la plateforme professionnelle du festival, rassemble réalisateurs, scénaristes, producteurs, programmateurs et organismes de financement autour de la coproduction, du financement, de la postproduction, des ventes internationales et de la sélection en festival. Ses Industry Days sont programmés les 26 et 27 septembre à Marrakech.

Un Development Lab accompagne parallèlement cinq projets marocains de courts métrages les 28 et 29 septembre, avant une présentation publique le 30. Des mentors issus notamment du CNC français et de différents réseaux internationaux participent à ce travail.

Avec ce dispositif, le Marrakech Short Film Festival tente de répondre à une difficulté récurrente : permettre aux œuvres de franchir l’étape qui sépare la réalisation d’un film de son financement, puis de sa diffusion. Sa sixième édition ne mise donc plus seulement sur la découverte de nouveaux cinéastes, mais sur les outils susceptibles de leur permettre de poursuivre leur parcours.

Informations pratiques

Événement : Marrakech Short Film Festival — 6e édition
Dates : 25 au 30 septembre 2026
Lieu : Marrakech – palais El Badi, Cyber Parc Moulay Abdessalam, Institut français et autres espaces partenaires
Pays invité : Malte
« Bridges of Reality » : 28 et 29 septembre à 15 h, Institut français de Marrakech, entrée libre
AMANAR Industry Days : 26 et 27 septembre
Billetterie : pass annoncés à partir de 50 dirhams

À Salé, le cinéma au féminin (28 septembre-3 octobre)

Le Festival international du film de femmes de Salé revient du 28 septembre au 3 octobre pour sa 19e édition. Fictions, documentaires et films destinés au jeune public composent une programmation qui interroge autant la place des réalisatrices que les représentations féminines à l’écran, avec trois jurys internationaux et plusieurs hommages au cinéma marocain.

Créé à Salé et organisé par l’Association Bouregreg, le festival s’est donné pour vocation de rendre visibles les contributions des femmes au cinéma, devant comme derrière la caméra. Cette double approche reste au cœur de l’édition 2026 : considérer les femmes à la fois comme réalisatrices, scénaristes ou productrices et comme personnages dont le cinéma construit et transforme les représentations. La programmation annoncée associe cette année fiction, documentaire et jeune public.

Trois jurys aux parcours internationaux

La compétition de longs métrages sera départagée par un jury présidé par la cinéaste et artiste luxembourgeoise Bady Minck. Elle sera entourée notamment de la Libanaise Tania El Khoury, de la réalisatrice franco-polonaise Julia Kowalski, de Priscilla Adade, dont le parcours relie le Togo, le Bénin, le Ghana et la Belgique, ainsi que de la Marocaine Zakia Tahiri.

La compétition documentaire dispose de son propre jury, présidé par Catherine Bizern, avec la chorégraphe marocaine Meryem Jazouli et Regina Davidzon-Maryanovska, venue d’Ukraine. Le jeune public est lui aussi associé au festival à travers un troisième jury présidé par Houda Idrissi, accompagnée de Hibat Allah Harti et Khaoula Regragui.

Cette diversité géographique prolonge l’une des particularités du rendez-vous de Salé : confronter les cinématographies du Maroc, d’Afrique, du monde arabe et d’autres espaces de production, sans enfermer le « cinéma de femmes » dans un genre distinct.

Le cinéma marocain à l’honneur

Plusieurs personnalités seront distinguées au cours de cette 19e édition. Le festival rend hommage au réalisateur marocain Mohammed Abderrahman Tazi, figure importante du cinéma national, ainsi qu’aux comédiennes Amal Ayouch, Ibtissam Laaroussi et Meryem Zaïmi. Un hommage posthume est également consacré à la cinéaste marocaine Aïcha Benkhedra.

La réalisatrice et écrivaine québécoise Anaïs Barbeau-Lavalette figure elle aussi parmi les personnalités honorées. Connue notamment pour Inch’Allah, La déesse des mouches à feu et plusieurs œuvres documentaires, elle prolonge sa présence au festival par un rendez-vous littéraire organisé le 1er octobre à Rabat avec l’auteur et metteur en scène Steve Gagnon. Leur spectacle Architectures de la joie sera présenté au Bistrot du Pietri.

Regarder aussi la manière dont les femmes sont racontées

Depuis ses débuts, le festival ne limite pas son propos au nombre de femmes présentes dans les métiers du cinéma. Son règlement met explicitement en avant leur image « devant, sur et derrière l’écran ». L’enjeu porte donc aussi sur les récits : quels rôles leur sont attribués, qui raconte leur histoire et quelle place les films accordent-ils à leurs expériences.

Cette orientation explique la coexistence de compétitions de fiction et de documentaire, mais aussi l’attention accordée au jeune public. Salé inscrit ainsi la question de la représentation dans une perspective de transmission, en mettant en regard des cinéastes confirmés, de nouveaux auteurs et des spectateurs plus jeunes. À travers ses jurys, ses hommages et ses différentes sélections, le festival conserve ainsi une identité distincte dans le calendrier cinématographique marocain.

Informations pratiques

Événement : Festival international du film de femmes de Salé — 19e édition
Dates : 28 septembre au 3 octobre 2026
Lieu : Salé, Maroc
Organisation : Association Bouregreg
Compétitions : longs métrages de fiction, documentaires et sélection jeune public
Événement associé : Architectures de la joie, Anaïs Barbeau-Lavalette et Steve Gagnon, 1er octobre à 18 h 30, Bistrot du Pietri, Rabat

À Kigali, littérature et IA face à face (28 septembre-3 octobre)

Le Festival international du livre et des arts Umurage revient à Kigali du 28 septembre au 3 octobre pour une deuxième édition placée sous le thème « The Future is Written: Human Voices, Intelligent Tools ». Auteurs, éditeurs, artistes, enseignants et spécialistes du numérique y examineront la manière dont l’intelligence artificielle transforme l’écriture, la traduction, l’édition et la circulation des œuvres.

À Kigali, Umurage choisit de placer l’intelligence artificielle au cœur d’une réflexion qui dépasse largement la technologie. Le festival entend interroger ce que deviennent les livres, les langues et les récits lorsque des outils capables d’écrire, traduire, illustrer ou diffuser des contenus entrent dans les pratiques quotidiennes des créateurs. Sa deuxième édition réunit auteurs, artistes, éditeurs, chercheurs, enseignants, responsables publics et professionnels du numérique.

L’IA au prisme des récits africains

Le thème retenu, « The Future is Written: Human Voices, Intelligent Tools », pose une question centrale : comment utiliser ces technologies sans marginaliser les voix, les cultures et les langues qui donnent leur singularité aux œuvres ? Les discussions doivent porter notamment sur l’intelligence artificielle, l’édition multilingue, les langues autochtones, la propriété intellectuelle, l’illustration et les nouvelles formes de diffusion numérique.

Le festival insiste sur un enjeu particulièrement sensible pour les industries culturelles africaines. L’IA peut faciliter la traduction et permettre à certains textes de toucher de nouveaux lecteurs, mais elle pose aussi la question des données utilisées pour entraîner les modèles, de la rémunération des créateurs et de la place accordée à des langues encore peu représentées dans l’univers numérique.

Umurage ne présente donc pas la technologie comme un substitut au travail humain. Les organisateurs défendent au contraire l’idée d’outils susceptibles d’élargir les possibilités de création, à condition que les auteurs et les communautés culturelles conservent la maîtrise de leurs récits.

Un festival né autour de la transmission

Umurage a été lancé en 2025 au Kigali Genocide Memorial Amphitheatre autour d’un premier thème consacré à la renaissance culturelle, au patrimoine et au pouvoir du récit. Cette édition inaugurale associait déjà littérature, arts, éducation et économie créative, avec une attention particulière portée à la jeunesse et aux femmes.

En 2026, le rendez-vous prend une nouvelle ampleur avec six jours d’activités. L’ambition affichée est de renforcer l’écosystème rwandais du livre tout en reliant les professionnels du pays à ceux du continent et aux réseaux internationaux. Le programme associe rencontres, ateliers, expositions et discussions professionnelles autour de la publication et de la valorisation des œuvres.

Norrsken House Kigali, espace consacré à l’innovation et à l’entrepreneuriat, accueille notamment la cérémonie officielle du festival le 1er octobre. Le choix du lieu traduit ce rapprochement revendiqué entre création culturelle, nouvelles technologies et économie.

Une place particulière pour les auteurs francophones

La dimension linguistique constitue un autre axe important. Du 30 septembre au 2 octobre, le Centre culturel francophone du Rwanda accueillera trois journées de masterclass destinées aux auteurs écrivant en français. Organisées par Arise Book Academy, elles aborderont l’écriture, l’édition, la traduction et les possibilités de diffusion sur les marchés rwandais, africains et internationaux.

Cette attention au français s’inscrit dans une démarche plus large consacrée au multilinguisme. Dans un continent où les œuvres circulent entre langues africaines, français, anglais, arabe ou portugais, la traduction constitue à la fois un outil d’ouverture et un enjeu économique.

À travers cette deuxième édition, Umurage se situe ainsi au croisement de deux transformations : celle des industries culturelles africaines, qui cherchent à renforcer leurs propres réseaux de production et de diffusion, et celle provoquée par l’arrivée rapide de l’intelligence artificielle dans les métiers du livre. Le festival choisit de les examiner à partir d’une même priorité : préserver la place de la voix humaine dans la fabrication et la transmission des récits.

Informations pratiques

Événement : Umurage International Book & Art Festival 2026
Dates : 28 septembre au 3 octobre 2026
Lieu : Kigali, Rwanda
Thème : « The Future is Written: Human Voices, Intelligent Tools »
Cérémonie officielle : 1er octobre, Norrsken House Kigali
Masterclass francophones : 30 septembre au 2 octobre, de 15 h à 17 h, Centre culturel francophone du Rwanda
Organisation : Arise Education / Arise Book Academy, en partenariat avec le ministère rwandais de la Jeunesse et des Arts

Viviane Chidid célèbre 26 ans de carrière à Dakar (26 septembre)

Viviane Chidid célèbre vingt-six années de carrière le 26 septembre sur l’esplanade du Grand Théâtre de Dakar avec « The Queen Celebration ». Pensée comme davantage qu’un concert rétrospectif, la soirée mêlera performances live, invités africains et internationaux, mode et mise en scène d’un parcours qui a contribué à rapprocher le mbalax des sonorités R&B et urbaines.

À Dakar, Viviane Chidid transforme son anniversaire de carrière en spectacle à part entière. « The Queen Celebration » doit se déployer en six séquences, depuis une ouverture consacrée à son parcours jusqu’à un final réunissant l’artiste et ses invités. Au programme figurent ses principaux succès revisités sur scène, des collaborations avec des artistes africains et internationaux, un défilé de mode et une séquence consacrée aux actions sociales de sa fondation. Le projet présenté pour cette édition insiste précisément sur cette articulation entre musique, mode et dimension panafricaine.

Du Super Étoile à une carrière solo

Née Victoria Catherine Chidid à Mbour, Viviane se fait connaître dans les années 1990 au sein du Super Étoile de Dakar de Youssou N’Dour. Son passage dans cette formation constitue une étape déterminante avant le lancement de sa carrière solo. Son premier album, Entre Nous, paraît en 1999 et contribue à installer sa voix auprès du public sénégalais et ouest-africain.

Elle développe ensuite un univers où le mbalax dialogue avec le R&B, le hip-hop et d’autres formes de musiques urbaines. Cette hybridation devient l’une des signatures de son parcours, notamment avec le projet Viviane & Frères et l’album Esprit, sorti en 2004. Au fil des années, elle s’impose parmi les figures féminines les plus visibles de la scène sénégalaise, avec une carrière qui dépasse largement les frontières nationales.

Cette longévité constitue le fil conducteur du spectacle du 26 septembre. Plusieurs générations de publics ont accompagné une artiste qui a traversé les transformations du marché musical sénégalais, depuis l’âge des grands orchestres et des albums physiques jusqu’à celui des plateformes numériques, des clips et des collaborations panafricaines.

Le mbalax au contact des musiques urbaines

Le parcours de Viviane Chidid témoigne aussi de l’évolution du mbalax lui-même. Héritier des rythmes sénégalais et porté notamment par les percussions sabar, le genre s’est ouvert depuis plusieurs décennies au jazz, à la pop, au funk et aux sonorités électroniques. Viviane a fait de cette circulation entre références locales et influences internationales l’un des moteurs de son identité musicale.

Son travail a également contribué à élargir la place occupée par les chanteuses dans une industrie longtemps dominée par de grandes figures masculines. En 2023, elle reçoit notamment un Trace Award comme artiste féminine de l’année, distinction qui confirme sa visibilité à l’échelle africaine.

Musique, mode et image

« The Queen Celebration » assume enfin une dimension visuelle importante. Une séquence entière, intitulée « Le Rendez-vous de la Mode », est consacrée à ses tenues de scène, tandis que la communication de l’événement met largement en avant textiles africains, silhouettes spectaculaires et références panafricaines.

Cette dimension prolonge une évolution plus large du statut des grandes artistes africaines, dont la carrière ne repose plus uniquement sur les albums et les concerts. Mode, image, partenariats et événements de grande ampleur participent désormais à la construction d’un univers artistique global. À Dakar, Viviane Chidid choisit ainsi de célébrer ses vingt-six années de parcours en réunissant sur une même scène les différentes facettes d’une carrière construite entre héritage sénégalais et culture pop contemporaine.

Informations pratiques

Événement : The Queen Celebration — Viviane Chidid
Date : 26 septembre 2026
Lieu : esplanade du Grand Théâtre national de Dakar
Programme : concert, invités africains et internationaux, mode et séquences caritatives
Tarifs annoncés : 10 000 FCFA, 20 000 FCFA VIP, 50 000 FCFA V.VIP
Billetterie : site officiel de Viviane Chidid

« Vive la mariée ! » à l’Institut du monde arabe (29 septembre-28 février)

L’Institut du monde arabe ouvre le 29 septembre « Vive la mariée ! », une exposition consacrée aux cultures du mariage en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Une quarantaine de costumes et parures des XIXe et XXe siècles, dont plusieurs jamais montrés en France, dialoguent avec les œuvres de 27 artistes contemporains du Maghreb et de ses diasporas.

Le mariage est ici envisagé comme un fait social autant qu’un patrimoine. L’exposition s’intéresse aux vêtements, bijoux, gestes, musiques et rituels qui accompagnent la mariée, mais aussi à ce qu’ils révèlent des rapports familiaux, des identités et de l’évolution des sociétés maghrébines. La sélection annoncée réunit patrimoine matériel et création contemporaine autour de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie.

Une quarantaine de costumes et parures

La première partie du parcours s’appuie sur une quarantaine de pièces issues de collections marocaines, algériennes et tunisiennes. Datées des XIXe et XXe siècles, elles mettent en lumière les différences régionales, mais aussi les pratiques partagées entre communautés musulmanes et juives. Caftans, coiffes, ceintures, bijoux et parures racontent la préparation de la mariée, la constitution du trousseau et la succession de cérémonies pouvant s’étendre sur plusieurs jours.

L’exposition s’attarde aussi sur les fonctions symboliques de ces objets. Certains bijoux ou motifs possèdent une dimension protectrice ; d’autres indiquent un statut social ou une appartenance régionale. La mariée reste la figure centrale, mais le parcours accorde également une place aux femmes qui l’entourent, depuis celles qui confectionnent les pièces jusqu’à celles qui accompagnent les différentes étapes de la cérémonie.

Le regard de 27 artistes contemporains

Face à ces objets patrimoniaux, l’Institut du monde arabe réunit les créations de 27 artistes principalement originaires d’Algérie, du Maroc, de Tunisie et de leurs diasporas. Photographie, vidéo, textile, broderie et installations interrogent ce que le mariage représente aujourd’hui, entre continuité des traditions et transformation des normes sociales.

Le propos ne se limite donc pas à célébrer l’apparat. Certains artistes explorent la joie collective et la transmission familiale ; d’autres questionnent les contraintes, les attentes sociales ou les idéologies attachées au mariage. Parmi les œuvres figurent notamment des photographies de Lazhar Mansouri et Djamel Farès, des créations de Ghizlane Sahli, Shourouk Rhaiem, Sara Ouhaddou, Ymane Fakhir ou encore Meriem Bouderbala.

Cette confrontation entre archives, objets anciens et création actuelle permet d’observer ce qui subsiste, ce qui se transforme et ce qui disparaît lorsque les traditions circulent entre générations et entre pays d’origine et diasporas.

Tradition et création

La scénographie ne s’arrête pas aux objets exposés. Musiques, danses, archives et références aux pratiques culinaires prolongent la dimension immatérielle du mariage. L’exposition s’inscrit dans la Saison Méditerranée 2026 et sera accompagnée de projections, rencontres, concerts et tables rondes consacrés aux représentations contemporaines du couple, de la famille et des rituels matrimoniaux.

Le mariage devient ainsi un observatoire des sociétés maghrébines. À travers les vêtements, les gestes et les œuvres contemporaines, « Vive la mariée ! » montre comment une célébration profondément codifiée continue de se recomposer au contact des changements sociaux, des migrations et des nouvelles générations.

Informations pratiques

Exposition : Vive la mariée ! Algérie, Maroc, Tunisie
Dates : du 29 septembre 2026 au 28 février 2027
Lieu : Institut du monde arabe, Paris
Commissariat : Élodie Bouffard et Nawel Dehina
Horaires : du mardi au vendredi de 10 h à 18 h ; week-ends et jours fériés de 10 h à 19 h ; fermé le lundi
Tarifs : 12 € ; tarif réduit 10 € ; 12-26 ans 6 € ; gratuit pour les moins de 12 ans