Notre semaine culturelle débute avec la finale du Africa Alive Festival à Francfort

20/02/2026 – Patricia Bechard

De Francfort à Nairobi, en passant par Paris, la création africaine s’expose, se projette et se joue sur toutes les scènes. Derniers jours d’Africa Alive, afro-pop de Calema à l’Accor Arena, highlife de Santrofi au New Morning, jazz de Mokhtar Samba au Sunset, cinéma à Kitale et à l’ADIFF : une cartographie vibrante où se croisent diasporas, industries culturelles et nouvelles écritures du continent.

La 32e édition du Africa Alive Festival se tient à Francfort-sur-le-Main du 29 janvier au 22 février 2026 et s’achèvera dans deux jours. Il reste donc peu de temps pour découvrir, en cours de route, une programmation riche de films africains et d’événements culturels.


Il ne reste que deux jours avant la clôture du Africa Alive Festival 2026. Depuis le 29 janvier, la ville de Francfort accueille la 32e édition de ce rendez-vous incontournable consacré aux cinématographies africaines. Longs métrages, documentaires et courts métrages ont été présentés en version originale sous-titrée, offrant au public allemand un panorama exigeant et diversifié du cinéma du continent.

Cette édition a été marquée par un hommage à Souleymane Cissé, disparu en février 2025. Réalisateur majeur, souvent associé à Ousmane Sembène dans l’histoire du cinéma africain, Cissé a fait l’objet d’une rétrospective réunissant plusieurs de ses œuvres emblématiques.

Parmi les films projetés figuraient La Jeune Fille (1975), qui explore le destin d’une jeune femme rejetée par sa famille après un viol ; Le Vent (1982), centré sur un couple d’étudiants issus de milieux sociaux différents ; et Yeelen (1987), récit initiatique inspiré des traditions bambara, décrivant le conflit entre un père et son fils. À travers ces projections, le festival a rappelé la place centrale de Cissé dans la construction d’un langage cinématographique africain autonome et engagé.

Un focus soudanais et des rencontres culturelles en ville

La programmation 2026 a également mis en avant le documentaire soudanais, avec notamment Khartoum (2025) d’Anas Saeed, Rawia Alhag, Ibrahim “Snoopy” Ahmad et Timeea M Ahmed, ainsi que Soudan, souviens-toi (2024) de la journaliste et réalisatrice Hind Meddeb. Ces films abordent les effets de la guerre civile, les déplacements de population et la fragilité des trajectoires individuelles dans un contexte de conflit.

Les projections ont été accompagnées de discussions permettant d’approfondir les enjeux politiques et sociaux soulevés à l’écran. Le festival s’est ainsi affirmé comme un espace de réflexion autant que de diffusion.

Les séances se sont déroulées dans plusieurs lieux culturels de la ville, notamment le Deutsches Filminstitut & Filmmuseum, le Filmforum Höchst et la Brotfabrik. En parallèle des projections, des concerts, performances, lectures et ateliers ont élargi l’expérience artistique, permettant au public de découvrir d’autres formes d’expression issues du continent africain et de ses diasporas.

À deux jours de la clôture, le Africa Alive Festival offre encore la possibilité de prendre le programme en cours et de découvrir une sélection de films rarement distribués en Allemagne. Pour les spectateurs curieux de cinéma africain contemporain et patrimonial, ces dernières séances constituent une occasion précieuse.

Informations pratiques

Dates : du 29 janvier au 22 février 2026 (fin dans deux jours)
Lieu : Francfort-sur-le-Main, Allemagne
 Principaux sites : Deutsches Filminstitut & Filmmuseum, Filmforum Höchst, Brotfabrik
Programme : longs métrages, documentaires et courts métrages africains en version originale sous-titrée, rétrospective Souleymane Cissé, focus sur le Soudan, concerts, performances et ateliers culturels.

Calema à l’Accor Arena : l’afro-pop lusophone en scène le 21 février

Le 21 février 2026, le duo Calema se produira à l’Accor Arena. Originaires de São Tomé-et-Principe et installés au Portugal, António et Fradique Mendes Ferreira se sont imposés comme l’un des groupes afro-pop les plus suivis en Europe.

Le concert parisien s’inscrit dans une trajectoire ascendante. Depuis plusieurs années, Calema enchaîne les tournées à guichets fermés dans l’espace lusophone, notamment au Portugal où le duo a rempli à plusieurs reprises les grandes salles de Lisbonne et Porto. Leur présence à l’Accor Arena confirme leur capacité à fédérer un public élargi, au-delà de la diaspora lusophone.

Leur identité musicale repose sur un croisement maîtrisé entre afro-pop, R&B contemporain, semba angolais et influences zouk et latines. Les productions sont structurées autour de mélodies immédiates, de refrains fédérateurs et de rythmes dansants. Les textes, majoritairement en portugais, explorent les thèmes de l’amour, des relations, de la séparation et du lien aux origines.

Nés à São Tomé-et-Principe avant de grandir au Portugal, les deux frères ont construit un pont culturel entre Afrique lusophone et Europe. Cette double appartenance irrigue leur répertoire. Leurs albums successifs ont consolidé une base de fans importante dans les communautés africaines d’Europe, tout en séduisant un public plus large grâce à une esthétique pop accessible.

Sur scène, Calema privilégie une configuration live complète : musiciens, choristes et dispositif visuel élaboré. Les concerts alternent morceaux rythmés et séquences plus intimistes, portées par des arrangements épurés. L’équilibre entre production contemporaine et présence instrumentale contribue à leur crédibilité scénique.

L’Accor Arena est l’une des plus importantes salles d’Europe qui accueille habituellement des artistes internationaux de premier plan. Pour un duo afro-pop issu d’un petit archipel d’Afrique centrale, y programmer un concert constitue un marqueur fort de reconnaissance institutionnelle et commerciale.

Au-delà de l’événement musical, la trajectoire de Calema témoigne de l’évolution du marché afro-pop en Europe. Longtemps cantonnées à des circuits communautaires ou spécialisés, les musiques africaines et diasporiques investissent désormais des infrastructures majeures.

Informations pratiques

Date : samedi 21 février 2026
Lieu : Accor Arena, Paris 12ᵉ
Style : afro-pop, R&B, influences lusophones et afro-caribéennes
Origine : São Tomé-et-Principe / Portugal

Kitale Film Week 2026, carrefour du cinéma (22 février- 1 er mars)

Du 22 février au 1er mars 2026, Kitale accueille une nouvelle édition du Kitale Film Week. Ce festival kényan met à l’honneur le cinéma africain et international, entre projections, ateliers et rencontres professionnelles au cœur du comté de Trans Nzoia.

Du 22 février au 1er mars 2026, la ville de Kitale, dans le comté de Trans Nzoia, devient un carrefour cinématographique avec le Kitale Film Week. L’événement, désormais identifié comme un rendez-vous structurant du paysage audiovisuel kényan, s’inscrit dans une dynamique de décentralisation culturelle, loin des grandes capitales.

Contrairement à la majorité des festivals africains concentrés dans les métropoles — Nairobi, Lagos, Le Caire ou Durban — Kitale Film Week assume une implantation régionale. Cette localisation constitue l’un de ses atouts majeurs : élargir l’accès au cinéma d’auteur et aux productions africaines contemporaines à des publics qui en sont souvent éloignés.

La ligne éditoriale du festival privilégie les films africains, tout en restant ouverte à des œuvres internationales. Fictions, documentaires, courts métrages et productions étudiantes composent une programmation éclectique. Les organisateurs mettent l’accent sur des récits ancrés dans les réalités sociales, culturelles et environnementales du continent, tout en favorisant les dialogues interculturels.

Au-delà des projections, le Kitale Film Week se distingue par son volet pédagogique et professionnel. Des ateliers sont proposés aux jeunes réalisateurs, scénaristes et techniciens, avec un objectif clair : renforcer les compétences locales et encourager l’émergence de nouvelles voix. Des tables rondes et panels réunissent également des producteurs, distributeurs et critiques afin d’analyser les défis de l’industrie cinématographique en Afrique de l’Est.

Le festival accorde une attention particulière au jeune public. Des séances scolaires sont organisées, permettant aux élèves de découvrir des films africains récents et d’échanger avec des professionnels du secteur. Cette orientation éducative participe à la formation d’une nouvelle génération de spectateurs et de créateurs.

Dans le contexte kényan, marqué par une croissance progressive de la production audiovisuelle, le Kitale Film Week joue un rôle structurant. Les plateformes numériques ont récemment accru la visibilité des œuvres est-africaines, mais la diffusion en salle reste un enjeu. Le festival offre ainsi un espace de projection et de reconnaissance pour des films parfois absents des circuits commerciaux.

La situation géographique de Kitale, à environ 380 kilomètres de Nairobi, renforce la dimension stratégique de l’événement. En s’implantant dans l’ouest du pays, le festival contribue à l’équilibre territorial des initiatives culturelles. Il attire des professionnels et des visiteurs au-delà de la région, créant une dynamique économique et symbolique pour le comté de Trans Nzoia.

L’édition 2026, prévue du 22 février au 1er mars, devrait poursuivre cette ambition : valoriser les talents africains émergents, consolider les réseaux professionnels et offrir au public une programmation exigeante. Dans un paysage continental où les grands festivals jouent souvent un rôle diplomatique et institutionnel, Kitale Film Week propose un modèle plus ancré dans la proximité et l’engagement communautaire.

À travers cette initiative, le Kenya affirme sa volonté de structurer une industrie cinématographique régionale dynamique, en complément des pôles établis. Le festival devient ainsi un espace d’expérimentation et de visibilité pour des œuvres qui interrogent les transformations sociales du continent.

Informations pratiques

Dates : 22 février – 1er mars 2026
Lieu : Kitale, Trans Nzoia County
Type : festival de cinéma (films africains et internationaux)
Activités : projections, conférences, ateliers, rencontres professionnelles, séances jeunesse
Public : tout public
Accès : Kitale est accessible par route ou vol domestique depuis Nairobi

Santrofi en concert au New Morning le 27 février

Le 27 février 2026, le groupe ghanéen Santrofi investit le New Morning à Paris. Figure du renouveau du highlife, la formation propose un concert ancré dans les traditions ouest-africaines, traversé par des influences afrobeat, afro-caribéennes et funk.

Le collectif Santrofi s’est imposé ces dernières années comme l’un des porte-étendards du highlife contemporain. Né au Ghana, ce genre musical emblématique d’Afrique de l’Ouest, apparu au début du XXᵉ siècle, mêle cuivres, guitares rythmiques, percussions et lignes de basse syncopées. Santrofi en propose une lecture actuelle, nourrie d’afrobeat, de funk et de sonorités afro-caribéennes.

Dirigé par le producteur et bassiste Emmanuel Kwadwo Ofori, le groupe réunit plusieurs musiciens issus de la scène ghanéenne. Sur scène, la formation développe une structure orchestrale dense : section de cuivres, guitare lead inspirée des maîtres du highlife classique, rythmique soutenue et chœurs puissants. L’énergie live constitue l’un des marqueurs de leur identité.

Le concert parisien s’inscrit dans la tournée de promotion de leur album Making Moves, qui revisite l’esthétique highlife des années 1970 tout en intégrant des arrangements contemporains. Les compositions alternent morceaux festifs et titres plus introspectifs, portés par des textes en anglais et en langues ghanéennes.

Santrofi revendique également un dialogue avec la scène afro actuelle. Le collectif a collaboré ou partagé la scène avec plusieurs artistes majeurs du Ghana, dont Black Sherif, Kidi, Yaw Tog et AratheJay. Ces interactions illustrent la circulation des influences entre highlife traditionnel, afro-rap et afro-beat contemporain. Toutefois, ces artistes ne sont pas annoncés comme participants au concert parisien ; il s’agit de collaborations antérieures dans le parcours du groupe.

Le choix du New Morning n’est pas anodin. Salle emblématique du 10ᵉ arrondissement, elle accueille depuis des décennies des artistes de jazz, de musiques du monde et de grooves internationaux. Santrofi y trouve un espace adapté à sa configuration scénique et à son répertoire dansant.

Le public parisien pourra ainsi découvrir un groupe qui contribue à repositionner le highlife sur la scène internationale. Dans un contexte où l’afrobeats domine les classements mondiaux, Santrofi propose une alternative enracinée dans l’histoire musicale ouest-africaine, tout en restant connectée aux dynamiques contemporaines.

Informations pratiques

Date : vendredi 27 février 2026
Heure : 20 h 30
Lieu : New Morning, Paris 10ᵉ
Album récent : Making Moves

Mokhtar Samba & The African Messengers au Sunset le 27 février

Le 27 février 2026 à 20 h 30, le batteur sénégalais Mokhtar Samba se produira au Sunset Sunside Jazz Club à Paris avec son projet The African Messengers. Une performance qui croise jazz moderne, afrobeat et héritage rythmique ouest-africain.

Figure majeure des musiques afro-jazz depuis les années 1980, Mokhtar Samba s’est imposé comme l’un des batteurs africains les plus respectés sur la scène internationale. Né au Sénégal, il s’est installé en France où il a collaboré avec de nombreux artistes de premier plan, naviguant entre jazz, musiques africaines, funk et world music.

Au fil de sa carrière, il a accompagné des musiciens tels que Manu Dibango, Salif Keïta ou encore Jacques Higelin, développant un jeu reconnaissable par sa précision rythmique et sa capacité à fusionner les traditions africaines avec l’improvisation jazz. Son approche repose sur une batterie polyrythmique, inspirée des percussions mandingues et wolof, enrichie d’un langage harmonique et dynamique issu du jazz contemporain.

Avec The African Messengers, Mokhtar Samba dirige un collectif instrumental conçu comme un laboratoire sonore. Le projet articule grooves afrobeat, lignes de basse puissantes, cuivres expressifs et espaces d’improvisation ouverts. L’écriture alterne passages structurés et séquences improvisées, laissant aux musiciens la liberté d’explorer les textures et les dynamiques.

La formation combine héritage africain et modernité jazz. Les compositions s’appuient sur des motifs rythmiques ancrés dans les traditions d’Afrique de l’Ouest, tout en intégrant des harmonies contemporaines et des dialogues entre instruments. La batterie occupe un rôle central, non seulement comme moteur rythmique mais comme véritable voix narrative.

Le concert au Sunset s’inscrit dans la programmation jazz et world de cette salle emblématique du quartier des Halles. Réputé pour accueillir des artistes internationaux et des projets exigeants, le club offre un cadre intimiste propice à l’écoute et à l’interaction entre musiciens et public. Dans cet espace, la dimension improvisée du projet prend toute son ampleur.

La performance promet un équilibre entre énergie groove et sophistication harmonique. L’afrobeat, avec ses cycles rythmiques répétitifs et dansants, rencontre la liberté du jazz, tandis que les arrangements laissent émerger solos et échanges instrumentaux. L’ensemble vise à créer une expérience immersive, où la tradition dialogue avec l’innovation.

À travers ce projet, Mokhtar Samba poursuit un travail entamé depuis plusieurs décennies : affirmer la place des musiques africaines dans le champ du jazz international, non comme simple influence, mais comme matrice rythmique et esthétique à part entière.

Informations pratiques

Date : vendredi 27 février 2026
Heure : 20 h 30
Lieu : Sunset (Paris, 1er arrondissement)
Style : jazz, afrobeat, world music

Nairobi accueille l’Africa Media Festival 2026 (25-26 février)

Les 25 et 26 février 2026, l’Africa Media Festival réunit à Nairobi journalistes, créateurs, éditeurs et innovateurs venus de plus de 26 pays. Cette quatrième édition interroge la liberté des médias, les modèles économiques et l’impact des technologies émergentes sur les récits africains contemporains.

Organisé par Baraza Media Lab, le festival s’est imposé en quatre ans comme l’un des principaux espaces panafricains de réflexion stratégique sur l’avenir des médias. Ce qui n’était au départ qu’une initiative régionale est devenu une plateforme structurante, réunissant plus de 1 900 participants et plus de 200 intervenants issus du journalisme, de la production audiovisuelle, de la recherche et de l’entrepreneuriat créatif.

Le thème de l’édition 2026 — Resilient Storytelling: Reimagining Media Freedom — donne le ton. Il ne s’agit plus seulement de défendre la liberté de la presse dans l’abstrait, mais d’examiner les conditions concrètes de sa survie : indépendance financière, sécurité des rédactions, pressions politiques, dépendance aux plateformes numériques, désinformation et mutation accélérée des outils technologiques.

Durant deux jours, le Nairobi National Museum accueille panels, ateliers pratiques, démonstrations technologiques et sessions participatives. Les formats varient : interventions courtes dites “Ignite Talks”, discussions ouvertes menées par les participants eux-mêmes, formations techniques sur la narration multimédia ou la sécurité numérique. L’objectif est opérationnel : fournir des outils directement mobilisables par les professionnels.

La programmation 2026 met en avant des figures majeures du secteur. Parmi elles, Will Church, directeur de la liberté des médias chez Thomson Reuters, intervient sur l’évolution des cadres internationaux de protection de la presse. Joy Lusige, journaliste vidéo à ZDF, partage son expérience de production audiovisuelle transnationale depuis l’Afrique de l’Est.

Francesca Ekondaho, coordinatrice Afrique au Pulitzer Center, aborde les opportunités de financement et de collaborations internationales pour les rédactions africaines. Anita Eboigbe, directrice des opérations de Big Cabal Media, analyse les stratégies de viabilité économique dans un marché numérique fragmenté. De son côté, Dr Zippy Okoth, professeure à KCA University, propose une lecture académique des mutations des pratiques médiatiques et de leurs implications sociales.

Plusieurs sessions s’attaquent frontalement à la question de la répression et de la censure. Des représentants du Committee to Protect Journalists et de PEN International participent à une discussion consacrée aux journalistes emprisonnés ou contraints à l’exil. Ces échanges rappellent que la liberté médiatique demeure, dans certains contextes, une question de survie.

L’intelligence artificielle occupe également une place centrale. Ateliers et démonstrations interrogent l’usage éthique des outils génératifs, l’automatisation rédactionnelle et les risques liés aux biais algorithmiques. Des intervenants issus de DW Akademie explorent les stratégies de lutte contre la désinformation, notamment en période électorale.

Au-delà des débats, le festival met l’accent sur les dynamiques collaboratives. Les rencontres informelles, les espaces de réseautage et les ateliers fermés favorisent la naissance de projets transfrontaliers. Dans un environnement où les financements sont incertains et les marchés publicitaires instables, ces alliances deviennent essentielles.

L’événement intègre également les Africa Media Awards, organisés en partenariat avec The Africa Editors Forum et Journalists for Human Rights. Ces distinctions récompensent des travaux journalistiques à fort impact social et introduisent cette année un prix dédié aux créateurs numériques engagés.

En toile de fond, une question traverse l’ensemble des échanges : qui contrôle le récit africain à l’ère des plateformes mondialisées ? Les intervenants examinent la dépendance aux réseaux sociaux dominants, la captation des revenus publicitaires par des acteurs extérieurs au continent et la nécessité de développer des infrastructures locales plus autonomes.

L’Africa Media Festival ne se contente donc pas d’identifier les fragilités du secteur. Il cherche à structurer des réponses : diversification des revenus, coopérations régionales, mutualisation technologique, renforcement des capacités locales. Cette approche pragmatique explique en partie son attractivité croissante.

En réunissant journalistes indépendants, responsables de grandes organisations internationales, entrepreneurs numériques et universitaires, l’édition 2026 confirme Nairobi comme l’un des pôles stratégiques de réflexion sur l’avenir des médias africains. L’enjeu dépasse le cadre professionnel : il concerne la qualité du débat public, la circulation de l’information et la capacité des sociétés africaines à produire et diffuser leurs propres narrations.

Informations pratiques

Dates : 25 et 26 février 2026
Lieu : Nairobi National Museum, Nairobi, Kenya
Public concerné : journalistes, éditeurs, créateurs numériques, producteurs audiovisuels, chercheurs, étudiants et entrepreneurs des médias
Programme et inscriptions : disponibles via le site officiel de l’événement organisé par Baraza Media Lab

Black History Month 2026 : les Afro-Andins à l’honneur ( jusqu’au 28 février) 

Encore en cours jusqu’au 28 février, la 7ᵉ édition française du Black History Month célèbre son centenaire en mettant à l’honneur les héritages Afro-Andins. Une programmation nationale qui explore mémoire, histoire et création des communautés noires d’Amérique latine.

Il est encore temps d’en découvrir les temps forts. Du 31 janvier au 28 février 2026, la France accueille la 7ᵉ édition du Black History Month, déclinaison nationale d’une commémoration née aux États-Unis en 1926. Introduit en 2018 à Bordeaux par l’association Mémoires & Partages, l’événement s’est progressivement structuré comme un rendez-vous culturel et mémoriel désormais implanté dans plusieurs villes.

Pour cette année du centenaire, les organisateurs ont choisi de déplacer le regard vers un territoire encore peu exploré dans les programmations européennes : les Andes et les héritages afro-descendants d’Amérique latine.

Le thème « Nos héritages Afro-Andins » met en lumière les communautés noires établies le long de la Cordillère des Andes, du Pérou à la Colombie, en passant par l’Équateur et la Bolivie. À partir du XVIᵉ siècle, des populations africaines déportées ont été intégrées aux économies coloniales andines, notamment dans les mines et les ports. Malgré l’esclavage et la marginalisation, elles ont façonné des expressions culturelles singulières, mêlant traditions africaines, influences autochtones et héritages ibériques.

Musique afro-péruvienne, marimba afro-colombienne, danses rituelles et poésie engagée constituent aujourd’hui encore ce patrimoine vivant. La figure de la chorégraphe et intellectuelle afro-péruvienne Victoria Santa Cruz a servi de référence à plusieurs rencontres, soulignant l’importance d’une affirmation identitaire noire dans l’espace latino-américain.

Ce qui a eu lieu, ce qui reste à voir

L’ouverture officielle s’est tenue le 31 janvier à Bordeaux, berceau du Black History Month français. Tables rondes, projections et performances musicales ont inauguré un mois articulé autour de la mémoire transatlantique et du dialogue interculturel.

À Paris, des projections et débats ont croisé littérature, cinéma et gastronomie afro-colombienne. À Rouen, une visite guidée consacrée aux traces de l’esclavage a rappelé l’ancrage français de cette histoire globale.

Au 20 février, plusieurs rendez-vous demeurent programmés jusqu’au 28 février, notamment des projections-débats et concerts consacrés aux rythmes afro-andins. La clôture, prévue à Poitiers, réunira artistes, chercheurs et public autour des enjeux contemporains de transmission et de reconnaissance.

Sept ans après son lancement en France, le Black History Month confirme son inscription dans le paysage culturel national. En mettant l’accent sur les Andes, cette édition élargit la cartographie mémorielle et rappelle la pluralité des expériences afro-descendantes sur le continent américain.

Informations pratiques :
Black History Month – 7ᵉ édition française
Du 31 janvier au 28 février 2026
Programmation à Bordeaux, Paris, Rouen, Poitiers et dans d’autres villes partenaires.
Détails auprès de l’association Mémoires & Partages et des structures culturelles locales.