Le silence algérien sur le rapport de Benjamin Stora

23/01/2021 – Nicolas Beau

Les conclusions du rapport de l’historien Benjamin Stora remises à Emmanuel Macron sur la mémoire de la guerre d’Algérie, sujet sensible entre tous,  auraient du provoquer une réaction des autorités algériennes. Ce ne fut pas le cas alors que le Président Tebboune a subi une nouvelle opération en Allemagne.

Les derniers bulletins médicaux du président Tebboune, faussement rassurants, médicales pourraient expliquer l’étonnant silence des autorités à propos du fameux rapport de Benjamin Stora remis au président Macron sur la question mémorielle entre l’Algérie et la France. Avec un président en Allemagne et un ministre des anciens-combattants en Espagne, on comprend qu’il n’y a plus grand monde pour assurer la communication sur ce sujet délicat.

« Qu’il marche du pied gauche! »

Les communiqués officiels distillent, ces derniers jours, une langue de bois médicale qui est tout sauf crédible pour une population qui a enduré, dans un déni total des autorités, les dernières années du règne d’un Président Bouteflika terrassé par la maladie; « Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a subi avec succès aujourd’hui, en Allemagne, une opération chirurgicale au niveau de son pied droit », a annoncé la Présidence algérienne en  indiquant que M. Tebboune retournera en Algérie dans les « prochains jours, dès que son staff médical aura donné son feu vert », précise le communiqué.. Si on pouvait emprunter aux Américains l’expression « canard boiteux », elle s’appliquerait parfaitement à M. Tebboune. 

Accueilli plutôt dans l’indifférence, ce dernier communiqué de la présidence a néanmoins inspiré quelques esprits ironiques sur la toile algérienne : « Le pauvre quand il reviendra il ne pourra plus dire que les Algériens ont les meilleurs chirurgiens du monde », « Espérons que dorénavant il va marcher du pied gauche, il y a là un signe… », « L’Algérie suspendue au feu vert d’un hôpital allemand »… Au même moment le site Algerie Part révèle que le ministre des Moudjahidines (Anciens Combattants)  Tayeb Zitouni, absent de son poste depuis quelques mois pour des raisons de santé, est actuellement hospitalisé en Espagne. Conclusion : au nom de l’histoire de la guerre de libération, les dignitaires de la Nouvelle Algérie évitent les hôpitaux français et se démarquent ainsi des dignitaires de l’Ancienne Algérie, lesquels sans honte, allaient se faire soigner au Val-de-Grace !Il est peu probable que ce choix « politiquement correct » des responsables algériens atténue la colère des Algériens, aujourd’hui interdits de voyager et confrontés à un système médical défaillant.