Algérie, un possible retrait en douceur de Gaïd Salah

Algérie, un possible retrait en douceur de Gaïd Salah

Rédigé le 07/10/2019
La redaction de Mondafrique

Un scénario étudié au sein de l’armée reviendrait à écarter, avec son accord, l’actuel chef d’état major, Gaïd Salah, qui cristallise sur son nom le rejet grandissant des manifestants du Hirak

Les quelques vingt à trente hauts gradés qui autour de Gaïd Salah, le vice ministre de la Défense et le « primus inter pares » de l’institution militaire,, dirigent effectivement l’Algérie, ont conscience de la mauvaise image de leur chef. La situation ne peut qu’empirer dans la mesure où Gaïd joue le rôle du méchant face aux manifestants du Hirak et prend graduellement les moyens de contenir les mobilisations populaires, e emprisonnant, chaque semaine, quelques dizaines de militants supplémentaires et en interdisant aux cars de manifestants d’accéder, le vendredi, à Alger.

Discrets conciliabules

Pour éviter que le fossé ne se creuse d’avantage entre l’armée et le peuple, dont l’alliance est toujours revendiquée dans les communiqués de l’Etat Major, un plan B est aujourd’hui à l’étude. Il consisterait à pousser Gaïd Salah vers la sortie d’ici décembre et avec son accord, puis de lui choisir un successeur plus oecuménique, sinon plus conciliant.

La collégialité du commandement militaire mue par la volonté de préserver la cohérence de l’institution et le secret des délibérations des conclaves militaires offrent en effet quelques ressources pour négocier, en douceur, les changements de personnes.

Guerre de succession

Deux généraux semblent avoir le vent en poupe dans ce qui s’apparente à une lutte feutrée pour la successsion de Gaïd Salah. Le premier, le général major L, a la haute main sur le secteur des transmissions et à ce titre, est un des conseillers écoutés par Gaïd Salah.

Ce haut gradé est loin de faire l’unanimité au sein du ministère de la Défense en raison de son implication dans le monde du business, notamment dans le domaine hautement technologique qui fut longtemps la chasse gardée du général Nezzar, aujourd’hui en fuite

Le second prétendant au trone est un militaire plus discret et plus consensuel, le général H, Très estimé de ses pairs, ce militaire est en charge de formation des cadres au plus haut niveau.

C’est ce dernier qui, pour l’instant, tient la corde.