La vie d’Iyad ag Ghali, le chef incontesté d’Al-Qaïda au Sahel, nous entraîne dans toutes les convulsions du Sahara depuis les indépendances. En ce sens, c’est une saga du Mali mais plus largement de la région et du grand jeu mondial pendant plus de soixante ans. Mais Iyad ag Ghali est aussi d’abord et, peut-être même surtout, un Touareg surgi sur les roches noires de l’Adrar des Ifoghas, qui a consacré son existence à garder le contrôle de cet espace hostile rythmé par le bruit des armes. Ce cinquième et dernier épisode raconte l’ascension de l’ancien chef rebelle à la tête de la plus puissante filiale d’al-Qaïda au monde. Une partie des interviews reproduites ici a été enregistrée à l’occasion du tournage du film documentaire La guerre perdue contre le terrorisme (France télévisions, 2023).
Par Nathalie Prévost
À nouveau, l’incubateur libyen
Une nouvelle fois, la Libye sert d’incubateur. Avec la destruction, par l’OTAN, du régime de Kadhafi, un certain nombre de Touaregs installés dans les forces armées libyennes décident de rentrer au pays avec armes et bagages. Pour ne pas se faire entraîner dans un conflit qui ne les concerne pas, pour saisir l’opportunité d’arsenaux abandonnés dans la débâcle, pour ne pas mourir dans les combats : les interprétations divergent. Mais ce qui est certain, c’est que les forces de l’OTAN considèrent avec bienveillance la débandade des garnisons du sud.
L’un de ces « retournés » de Libye, à l’automne 2011, est le colonel Mohamed Rhissa ag Mohamed Ahmed, un Touareg de la région de Menaka qui a vécu 25 ans dans le pays du Guide. Ancienne recrue des camps libyens et ancien combattant de l’opération militaire au Tchad (voir épisode 2), il a participé à la rébellion de 1990 et, comme d’autres déçus de l’accord de Tamanrasset, il est reparti d’où il venait. « Je me suis retrouvé dans le camp du 5 Mars qui avait été déménagé de Tripoli à Sebha [ndlr, dans le sud de la Libye]. Je faisais partie des instructeurs et de ceux qui sensibilisaient les nôtres sur le fait que l’objectif n’était toujours pas atteint. Par la suite, l’État libyen a accepté de nous incorporer dans l’armée nationale (…) avec des grades et tout ce qu’il faut. Une centaine de nos officiers ont été formés à l’EMIA (École Militaire Interarmes). Nous avons entraîné trois ou quatre unités combattantes dénommées Almoughawarine. Pendant tout ce temps, d’un commun accord entre nous, cadres et officiers, ici et là-bas [ndlr, au Mali et en Libye], nous avons continué à nous préparer à reprendre notre révolution pour l’atteinte de notre objectif initial. »
Ibrahim ag Behanga, le rebelle irréductible, est leur interlocuteur au Mali. L’offensive de l’OTAN précipite le calendrier. « Lorsque le conflit libyen a commencé, en février 2011, nous étions déjà prêt à quitter le pays. Nous commandions des compagnies entières. Il y avait Mohamed (Ag Najim) à la tête de la compagnie qui contrôlait tout le sud de la Libye [ndlr à Ghadamès]. Moi j’étais à Ghat, et je commandais une compagnie qui contrôlait la frontière de ce côté. Nous avons échangé tous les deux et nous avons décidé de partir. Il a pris la route vers la frontière avec l’Algérie, avec 50 véhicules, et je l’ai retrouvé au col d’Anaï avec mes 12 véhicules. (…)Nous avons entrepris la traversée en petits groupes. Nous n’étions pas les seuls. Beaucoup d’autres ont fait comme nous.» La mort de Kadhafi, tué le 20 octobre 2011 à Syrte, en marge du bombardement de son convoi par l’armée française, les surprend en cours de route.
Choc des générations
À Zakak, à 150 km au nord-est de Kidal, les retournés de Libye, leurs camarades irrédentistes du Mali [ndlr, les étudiants du Mouvement national de l’Azawad et les vétérans des rébellions antérieures, dont le colonel Hassan ag Fagaga (voir épisodes 3 et 4) ainsi que le groupe d’Ibrahim ag Behanga, mort dans un accident de voiture le 28 août alors qu’il se rendait à la rencontre de Mohamed Najim et de ses camarades] ainsi que des déserteurs de l’armée anciens combattants intégrés, se retrouvent. Ils fondent le MNLA, Mouvement national de libération de l’Azawad et élaborent leur plan de bataille sur trois axes, Menaka, Tombouctou et Tessalit. Selon un participant aux discussions de Zakak, ils sont un peu moins de 400 combattants dont 120 venus de Libye. Nous sommes à la fin de l’année 2011.
Et Iyad, dans tout ça ? Menacé par cette nouvelle rébellion qui gronde, dirigée, certes, par un jeune ifoghas, Bilal ag Cherif, mais dont le gros des forces est issu de la tribu Idnan, il ne regarde pas leurs préparatifs avec sympathie ni confiance. Le président Amadou Toumani Touré l’envoie jouer les médiateurs sur place, à la tête d’une délégation de leaders communautaires du nord, avec des promesses de paix et d’intégration. Certains disent qu’il espérait devenir le chef de cette nouvelle rébellion, comme il l’avait fait avec l’Alliance du 23 mai pour le Changement (voir épisodes 3 et 4). D’autres qu’il tentait de gagner du temps. D’autres encore, qu’il était de mèche avec le Président pour profiter de l’agitation en cours pour reporter les élections d’avril 2012. D’autres enfin qu’il veillait aux intérêts de l’Algérie, toujours très hostile aux éruptions indépendantistes à sa frontière.
Toujours est-il qu’il ne parvient pas à les convaincre. Les jeunes déclinent ses propositions d’arrangement avec le pouvoir et ils accusent leurs aînés d’avoir trahi la cause.
Mohamed Ag Aharib, un vieux compagnon de route et ami, explique : « Iyad était obligé de les rencontrer et (…) de voir comment gérer cette situation. Il a passé plus d’une semaine auprès d’eux. Pendant ce temps, bien sûr, il y a, il y a les Bilal [ag Cherif] et autres qui étaient sur le terrain, qui avaient un mouvement du nom de MNA. Donc, il y a eu, en quelque sorte, un tiraillement entre les deux idéologues de l’époque s’il faut le dire ainsi. Par la suite, Iyad a compris qu’il n’arriverait pas à les convaincre. Ces gens voulaient coûte que coûte en découdre avec les autorités maliennes. Il a passé par tous les moyens pour essayer de les persuader d’aller doucement ; même s’ils avaient des velléités de ce genre, il fallait, selon lui, aller par étapes. (…) Ils n’ont pas voulu l’écouter. Il a compris que la situation allait s’aggraver. Et il a compris aussi qu’il ne fallait pas laisser le terrain vide. Et c’est comme ça qu’il a créé, lui aussi, un mouvement, Ansar Dine [les défenseurs de la foi en français].Il était obligé. (…) Il savait que le Mali ne pourrait pas résister longtemps.»
Un petit groupe aguerri
Son groupe, Ansar Dine, est peu nombreux. Il réunit encore des anciens des camps libyens et de la rébellion de 1990 et quelques fidèles acquis à la nouvelle idéologie d’Iyad ag Ghali. Selon une source de Mondafrique, la katiba al-Ansar d’Al-Qaida au Maghreb islamique se fond dans la katiba Ansar Dine, avec Iyad pour chef. C’est l’arrangement que propose à Iyad Abdelkrim Taleb, l’unique commandant de katiba touareg (voir épisode 4). Nul doute qu’Iyad ag Ghali cherche aussi à s’affranchir progressivement des étrangers en nombre dans l’organisation.
Pour y arriver, il lui faut d’abord dribbler ses rivaux, les jeunes têtes dures venues de Libye. Il ne croit plus en la rébellion armée comme mode de conquête du pouvoir. Il cite en exemple à Bilal ag Chérif l’échec du Polisario « qui a proclamé un État sans État ».
Le 17 janvier 2012, les indépendantistes lancent leur offensive dans le nord du Mali. Ansar Dine attaque de son côté. Comme le dit joliment Bilal ag Cherif, le leader du MNLA, « à partir de ce moment-là, Ansar Dine est devenu actif sur le terrain, sans discussion préalable ni coopération réelle entre eux et le MNLA, et c’est devenu, comme on dit en français, un ‘fait accompli.” Le 25, la garnison d’Aguelhoc tombe. Quarante soldats désarmés sont exécutés par une alliance MNLA, Ansar Dine, AQMI. En moins de trois mois, toutes les garnisons du nord sont prises. L’armée est humiliée. Le choc est immense à Bamako. Le 21 mars, une mutinerie, spontanée, éclate à la ville garnison de Kati, à deux pas de la capitale, et se propage au palais présidentiel. Amadou Toumani Touré est exfiltré. Une junte s’empare du pouvoir, derrière un instructeur d’anglais, le capitaine Amadou Haya Sanogo. Le 26 mars, lors d’une déclaration télévisée, il appelle les Touaregs à venir discuter : « Tout est négociable à l’exception de l’intégrité du territoire national et de l’unité de notre pays. »
Rapprochement avorté avec le MNLA
Après la chute de Gao, qui constitue, pour le MNLA, la frontière du territoire qu’il revendique sous le nom d’Azawad, Bilal ag Cherif et son mouvement proclament un cessez-le-feu le 31 mars et, le 6 avril 2012, l’indépendance de l’Azawad. Entre ces deux dates, Bilal ag Cherif cherche à associer Ansar Dine à sa victoire. Les discussions vont bon train. Un accord est presque trouvé, et déjà rendu public, lorsqu’Iyad ag Ghali se rétracte. Peut-être sous la pression des « puissances étrangères » de la région hostiles à ce projet, comme le dit Bilal ag Cherif. « Je lui ai dit : nous allons faire une déclaration politique pour déclarer l’autonomie ou l’indépendance de l’Azawad. Nous connaissons ton rôle dans notre combat en tant que leader de l’Azawad et nous souhaitons partager cette victoire avec toi. Il m’a dit : ‘non, non, non. Tu es libre de le faire mais ce sera sans Ansar Dine. Nous luttons pour la charia au Mali, pas seulement dans l’Azawad.’»
La suite, on la connait. Toutes les régions du nord passent sous occupation islamiste. Iyad ag Ghali s’installe à Tombouctou, ville symbole de l’Islam africain, avec les autres chefs de katibas. Le MUJAO de Mokhtar Belmokhtar contrôle Gao, avec ses lieutenants arabes du cru. En juin, il en chasse manu militari le MNLA, désormais inutile, qui se replie avec armes et bagages à la frontière algérienne. Iyad ag Ghali ne participe, cependant, pas directement à l’humiliation de ses frères touaregs.
Aller au sud
Dans la foulée des efforts menés par le Burkina Faso, un accord secret est conclu en août, sous l’égide de l’imam Mahmoud Dicko alors à la tête du Haut Conseil islamique malien, entre la nébuleuse d’al-Qaïda et la junte au pouvoir, en faveur d’un statu quo des positions. Mais Iyad se prépare à relancer le jeu. Il ne croit pas dans la parole de l’armée malienne, qui, d’ailleurs, continue périodiquement à s’en prendre à ses partisans. Comme, en septembre de la même année, dans la région de Segou, où 16 disciples et prédicateurs du tabligh maliens et mauritaniens sont tués. Conscient de l’étroitesse de la base touareg de son groupe et du potentiel militaire des éleveurs peuls, peut-être soucieux de desserrer l’étau de l’Algérie voisine, il veut aller au sud. C’est l’analyse du paléoanthropologue nigérien Mohamed Ewangaye Didane : «Il a convaincu les autres leaders d’al-Qaïda qu’il fallait faire mouvement vers le sud. Il voulait s’implanter militairement dans le delta central. Il savait que les Touaregs et les Peuls pouvaient s’allier pour gagner la guerre côte à côte. Après tout, ces peuples du Sahel-Sahara se sont partagé le pouvoir dans cet espace avant la colonisation…» Pour d’autres sources, Iyad espérait, avec son offensive contre Konna, faire tomber le président de transition. Certains disent même qu’il aurait agi en connivence avec des militaires de la junte.
Avant d’attaquer Konna, le 9 janvier, Iyad lance, le 1er janvier 2013, un ultimatum impossible aux autorités maliennes : proclamer le caractère islamique de l’Etat malien et l’autonomie de l’Azawad. Le 3 janvier, il rompt la trêve. Depuis la veille, déjà, les combattants de tous les groupes djihadistes font mouvement vers Douentza, la limite nord-est du delta central. Ils sont environ 1500 hommes, équipés de véhicules neufs et d’armement. Des écoutes françaises attestent que l’Algérie tente alors de convaincre Iyad de renoncer à cette entreprise. Le 9 janvier, les djihadistes attaquent Konna, sur trois axes. Les soldats maliens sont débordés. Cette bataille, qui menace l’aéroport de Sévaré-Mopti, plateforme possible d’une intervention internationale qui tarde à venir, provoque l’entrée en guerre de la France, à laquelle, disent certains, Iyad ag Ghali ne croyait pas.
Le 11 janvier, François Hollande déclenche officiellement l’opération Serval, à la demande du président de transition Dioncounda Traoré. Konna est bombardée et reprise. Les djihadistes se dispersent en débandade. L’intervention française rebat les cartes : elle remet en selle le MNLA à Kidal, permet la reconquête des régions du nord par l’armée malienne – à l’exception de Kidal sanctuarisé par les ex-rebelles – et installe une occupation militaire française qui va durer jusqu’en août 2022. Du côté des djihadistes, les pertes sont importantes. Elles s’élèvent, selon l’armée française, à 600 morts et autant de blessés. Dans les rangs du MNLA, cette intervention est accueillie avec soulagement, après la mort de 167 des leurs tués par les djihadistes.
Revenir dans le jeu
Abou Zeid, Mokhtar Belmokhtar et Yahia Abou el-Hammam, les chefs algériens, vont tous être tués par Serval puis Barkhane, l’héritière sahélienne de la première intervention. Ce faisant, le djihad local s’enracine et s’adapte au terrain malien, au nord et au centre du pays. Il se conforme ainsi à la vision défendue par al-Qaïda en Syrie, en Afghanistan ou en Somalie, du « profil bas », qui consiste à mettre « en avant des figures locales ayant des objectifs cantonnés à certaines zones d’Afrique subsaharienne », écrivent Marc Hecker et Elie Tenenbaum dans La Guerre de vingt ans, djihadisme et contre-terrorisme au XXIe siècle (Robert Laffont, 2021). Le gagnant de ce processus, à la fin, c’est Iyad ag Ghali, même si c’est lui qui a conduit al-Qaïda à la défaite de Konna.
Bien que marginalisé, pendant un temps, par la présence militaire française, il reprend pied à travers le recyclage d’une partie de ses combattants dans un nouveau mouvement, le Haut conseil pour l’Unité de l’Azawad, qui revient à Kidal s’allier au MNLA dans une belle démonstration d’équanimité. Mais surtout, il va aider son ancien disciple du tabligh Amadou Koufa (voir épisode 4) à bâtir l’infanterie peule d’al-Qaïda au Sahel. C’est son coup de génie.
Début 2015 voit la création de la katiba du Macina. Son chef et émir est Amadou Koufa, un prédicateur peul populaire du centre du Mali, ancien disciple d’Iyad, conseiller religieux de ce dernier et compagnon d’armes d’Ansar Dine dès 2012. Amadou Koufa et une vingtaine de ses lieutenants ont été formés dans un camp d’entraînement à Tombouctou, en 2012, pendant l’occupation islamiste du nord. Un autre Peul, l’influent imam Dicko, leur a donné sa bénédiction pour ce faire.
L’armée peule
Pour Mohamed Ewangaye, « la vision d’Iyad pour le Mali est une république fédérale islamique organisée en quatre entités : l’Azawad, le Macina [ndlr, le delta central], le sud Senoufo/Bambara et l’ouest Soninké et Sarakolé, vers le Sénégal et la Mauritanie. » « Son projet et celui des Peuls convergent. Eux, ils veulent réhabiliter leur pouvoir, contrarié par la France à la fin du XIXe siècle, sur les anciens califats du Nigeria, du Burkina et du Mali. »
Les Peuls sont de très bons combattants. Ils deviennent progressivement l’infanterie de l’armée d’Iyad et submergent par leur nombre les lignes adverses. Ils pratiquent aussi les attentats suicide. Leur Islam est empreint de la nostalgie de la Dina du Macina et du califat de Sokoto. « La combinaison entre Touaregs et Peuls a toujours existé. La conquête du Liptako, celle de Sokoto se sont faites avec des Touaregs. Les Touaregs constituaient l’ossature de l’armée d’Ousmane Dan Fodio car ce dernier avait étudié en milieu touareg à Abalak et Agadez, dans le Niger d’aujourd’hui. Il a commencé son djihad avec les Touaregs puis les Peuls du Kebi et du Liptako l’ont rejoint. Touaregs et Peuls ont été rivaux mais aussi partenaires. Ils ont été les deux fers de lance de l’Islam au Sahel », poursuit Mohamed Ewangaye.
Koufa et ag Ghali scellent à partir de 2015 un pacte gagnant-gagnant : les hommes contre les moyens. Iyad apporte, dans la corbeille de la mariée, la manne colossale des rançons, l’armement, la formation militaire et le carnet d’adresses international : Tabligh, al-Qaïda centrale, services secrets libyens, algériens, français aussi (avec lesquels il entretient des contacts depuis 1988, utiles lors des enlèvements d’otages français). Koufa apporte des centaines de combattants Peuls : du centre et de l’est maliens, du Burkina Faso, de l’ouest du Niger. Dès lors, le djihad ne cesse de grandir, en moyens, en espace occupé, en nombre d’attaques.
Hassan al-Ansari (Al-Mourabitoune) et Abou Abderrahman El Senhadji (Aqmi).
En 2017, Iyad ag Ghali peut asseoir son pouvoir publiquement. En mars, il annonce la fusion d’Ansar Dine, de Mourabitoune, de la katiba Macina et d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), sous le nouveau nom de JNIM : Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans en français). Il dirige, depuis lors, la plus puissante filiale d’al-Qaïda dans le monde.
Nous ne ferons pas, ici, la chronique ici des presque dix années qui ont suivi. La montée en puissance du groupe a été marquée par une escalade militaire croissante, culminant, le 25 avril dernier, avec la reprise de Kidal et une attaque complexe qui cherchait à décapiter le régime malien. Iyad ag Ghali n’a pas réussi son dernier coup. Il n’a pas réussi à renverser la junte. L’Algérie, qui lui a souvent servi de bouclier et qui abrite sa famille, se rapproche dangereusement à ses yeux de Bamako. L’histoire n’est pas finie. Au crépuscule de sa vie, après vingt ans de guerre sanglante où il a beaucoup tué mais aussi perdu de nombreux lieutenants et amis chers, diabétique, désormais âgé, quelles options contemple-t-il ? Quelle monture trouvera-t-il encore à chevaucher ?
