Le journaliste français Christophe Gleizes pourrait être libéré le 5 juillet

Rédigé le 01/07/2026
La redaction de Mondafrique

On assiste à un rebondissement dans l’affaire du kidnapping en France de l’influenceur Amir DZ en avril 2024. L’agent consulaire de Créteil, Smain R, arrêté le 12 avril 2025 et mis en examen, est soupçonné d’être impliqué dans l’opération de basse police qui a permis d’enlever Amir DZ avant que les commanditaires ne l’abandonnent sur le bord d’une route. L’agent consulaire pourrait être libéré en échange de la remise en liberté à Alger, le 5 juillet prochain, du journaliste français Christophe Gleizes accusé de connivence avec la mouvance indépendantiste kabyle considérée comme terroriste et condamné à ce titre à sept ans de prison.

L’emprisonnement d’un agent consulaire algérien impliqué dans le rapt de l’ opposant et influenceur algérien Amir DZ a accentué les tensions entre Alger et Paris. Alors que des passerelles diplomatiques tentaient d’être mises en place entre les deux pays plus éloignés que jamais, la justice française décidait, en mars 2026, de prolonger incarcération d’un an du diplomate clairement lié à certains membres des services algériens. Alger fulmine et convoque le chargé d’affaire à l’ambassade de France à Alger dénonçant la décision de « traitement inqualifiable ».

Le rapprochement entre les deux pays, actée par les visites des ministres français de l’intérieur et de la justice à Alger comme celle du ministre algérien de l’intérieur à Paris, est scellé par un programme de partenariat et de coopération dans les domaines sécuritaire et judiciaire dans la logique de l’accord qui avait été signé lors de la visite officielle d’Emmanuel Macron à Alger en 2022.

Seulement voila, des magistrats du siège qui traitant de ce ce dossier calamiteux de kidnapping, s’inquiètent désormais des pressions politiques qui pourraient entraver le traitement impartial de cette sombre affaire. Or le Parquet national antiterroriste (PNAT), dépendant du ministère public et donc du gouvernement, vient de décider en faveur l’élargissement de l’agent consulaire algérien. Cette remise en liberté serait le résultat d’un arrangement peu glorieux afin de sauver la coopération retrouvée entre les deux pays.

Un échange au détriment de la justice

La libération de l’agent consulaire semble avoir été négociéeen échange de la libération du journaliste sportif, Christophe Gleizes, condamné pour connivence avec les indépendantistes kabyles du MAK qu’il avait interrogés lors d’une enquète sur les clubs de football en Algérie. La thèse d’une entente judiciaire, pour ne pas dire d’un échange, semble à l’ordre du jour.. Beaucoup parient sur la libération du journaliste français, condamné à sept ans de détention dans la prison de Koléa, pour le 5 juillet prochain, fête de l’indépendance du pays. C’est à cette date que le président algérien décrète la grâce présidentielle pour les détenus politique, du droit commun et les cas exceptionnels.

C’est le 11 juin que le Parquet national antiterroriste (PNAT) a requis la mise en liberté de l’agent consulaire Smain R de sa détention provisoire prolongée d’un an en mars de cette année. La volte face du PNAT, qui a refusé les demandes précédentes de mise en liberté s’explique-t-elle par des garanties d’un engagement de la partie algérienne dans le dénouement de l’affaire du journaliste français Christophe Gleizes ? Tout est possible. Or, le 18 juin, un juge des libertés et de la détention s’interfère dans l’arrangement et rejette la remise en liberté de l’agent consulaire algérien. L’affaire n’est pas terminée, elle sera examinée, le 13 juillet, devant la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris.

La contestation de la partie civile

Eric Plouvier, l’avocat de l’influenceur Amir DZ, monte au créneau et dénonce un accord tacite entre deux parties. « Au regard des pièces justificatives fournies, le parquet national antiterroriste a requis la mise en liberté et le placement sous contrôle judiciaire de l’intéressé » souligne le représentant de la partie civile. Il met à nu l’arrangement en révélant, dans un communiqué à l’AFP que ces réquisitions ont été faites « soudainement et sans motivation sérieuse ». Si le juge de la détention et des libertés a saisi le juge d’instruction pour contesté la demande de remise en liberté de l’agent consulaire, ce dernier a de suite fait appel, selon une source judiciaire.

L’avocat de la partie civile dénonce ouvertement un troc judiciaire. Pour lui, il y a bel et bien un « marchandage visant à échanger Gleizes contre l’agent consulaire ». La procédure a subi une accélération pour qu’elle soit close avant le 05 juillet, date où la grâce présidentielle peut intervenir pour la libération du journaliste français Christophe Gleizes arrêté en mai 2024 et condamné en en juin 2025 à la prison pour « apologie de terrorisme ».

Les avocats du journaliste ont affiché un optimisme annonçant une amorce à travers l’usage d’une voie judiciaire en Algérie par un recours à une grâce présidentielle. Maître Plouvier comprend bien le sort du journaliste emprisonnée en Algérie, mais soulève le principe de l’indépendance de la justice. Pour lui, les politique ne doivent pas s’interférer dans des dossiers judiciaires sensibles. « Le sort de Christophe Gleizes ne laisse pas Amir Dz indifférent, bien au contraire » rappelle l’avocat de la partie civile. Mais il estime qu’en cas d’un éventuel échange, après une libération, « un fâcheux précédent légitimant des des trocs intercontinentaux ne relevant pas de la compétence des juges ». « Cela donnerait un blanc-seing aux barbouzes de tous les états voyous »