L’éviction spectaculaire du chef du contre espionnage algérien, le général Hassan
Rédigé le 20/05/2026
La rédaction de Mondafrique
Les bouleversements à la tète du contre espionnage algérien (DGSI), la branche la plus puissante des services, témoigne de la très forte influence américaine à Alger. Le général Hassan qui en était le patron et qui passait pour un interlocuteur privilégié de Paris depuis les années noires (1992-1998) vient en effet d’être évincé. Son remplacement par un gradé très proche des Américains, le général Zahi, témoigne de la vitalité des relations entre l’Algérie et les États-Unis qui sont souvent sous évaluées par les observateurs alors que les deux pays coopèrent étroitement au Sahel notamment.
Le général Zahi, promu le 9 décembre passé, directeur adjoint au sein de la DGSI (direction générale de la sécurité intérieure)
Alors que les relations franco-algériennes connaissent un mieux, un coup de tonnerre s’est produit le 18 mai Le patron des la sécurité intérieure et du contre espionnage, le général Abdelkader Ait Ouarbi (alias « Hassan »), qui passait pour un ami des Français depuis les années 1990, a été débarqué de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Soit moins d’une année après avoir remplacé le fameux Général Abdelkader Heddad alias Nacer El Jen, qui avait tenté avec un quarteron de conjurés, de prendre la tète de l’armée avant d’échouer dans sa tentative pathétique et de tenter, mais sans succès, de s’enfuir en Espagne. À moins que les Espagnols aient accepté de le renvoyer en Algérie, un scénario que Mondafrique, d’après ses sources, juge plausible.
Connu comme un des éléments très proche du général Mohammed Medien, alias « Toufik », le véritable patron de l’Algérie jusqu’à son renvoi en 2015, avec lequel il entretient une relation familiale, le général Hassan avait été un des artisans les plus féroces de la répression contre les maquis islamistes armés durant la décennie noire. Le voici écarté de ses fonctions et remplacé par son adjoint depuis décembre dernier, le général Mounir Zahi, adoubé notamment par les Américains qui ont favorisé sa promotion spectaculaire.
Un succès américain
Dépêché aux États unis pour encadrer le projet du dialogue militaire commun entamé en décembre 2023 à Washington, le général Mounir Zahi proposait aux Américains un partenariat gagnant. Ce haut gradé co présidait, côté algérien, une réunion de haut niveau, de dialogue militaire commun, avec du côté américain, la sous secrétaire à la défense par intérim pour les affaires africaines Jennifer Zakriski.Les discussions ne s’étaient pas limitées uniquement aux projet de coopération militaire. Pour la première fois des débats portant sur l’industrie militaires et l’acquisition de nouvelles technologies de défense par l’Algérie avaient été abordés sans complexes.
Celui qui a toujours été un homme de confiance du général Chengriha, le chef de l’armée algérienne, avait fait fort bonne impression face aux Américains, en expliquant la volonté de son pays de diversifier de fournisseurs et moderniser l’appareil militaire par des dispositifs de défense les plus performants sur le marché mondial. En février 2024, il fut l’initiateur d’une réunion à Alger entre le ministre de la justice, Mohammed Reggaz et l’ambassadrice américaine à Alger Elizabeth Moore Aubin portant sur la coopération dans la lutte anti terroriste, blanchiment d’argent et la criminalité transfrontalière. La volonté affichée d’établir des passerelles de coopération afin de renforcer des liens militaires et judiciaires au-delà de la collaboration européenne en méditerranée et sur le continent Africain.
Le résultat positif du travail du général Zahi aura été couronné de succès avec la visite du général Michael Langley, commandant des forces américaines pour l’Afrique (AFRICOM), le 22 janviker 2025. un protocole d’accord de coopération militaire était signé soulignant le rôle stratégique de l’Algérie dans la stabilité régionale en Afrique du nord et au Sahel.
Malaise au sein de la DGSI
En dix ans, la DGSI a vu défiler sept directeurs centraux. Ce turn over témoigne de l’instabilité régnante au sein de l’un des services le plus important du pays. Les nominations sont souvent guidées plus par le partage des postes au sein des clans au pouvoir que par les aptitudes et les compétences.
Parachuté à la tête de la DGSI en 2022 qu’il quitte deux plus tard vaincu par la maladie, le général major Djamel Kehal Medjdoub avait été condamné à trois ans de détention, le 2 décembre 2015, lorsqu’il dirigeait la direction générale de la sécurité et de la protection présidentielle (DGSPP) dans l’affaire de la résidence de Zeralda. .
Son successeur, le général Abdelkader Heddad, alias Nacer El Jen, n’a pas un parcours plus brillant. En fuite en Espagne durant les purges entamées en 2013 par le chef d’état major Gaid Salah, ce haut gradé revient au pays en 2019 après le changement à la tête du haut commandement de l’armée pour reprendre la direction du centre de répression Antar. Il sera propulsé à la tête de la direction de la DGSI.
Il en est de même du Général Abdelkader Ait Ouarabi alias Hassan. Arrêté le 27 juin 2015 dans le cadre de l’intervention du SCORAT dans l’affaire de l’intervention de cette unité d’élite dans la prise du centre gazier à Tinguentourine. Jugé et emprisonné pour cinq ans, il reprend du service à la tête de la DGSI le 22 mai 2025 pour être congédié le 18 mai 2026. Quant au général Wassini Bouazza, il a été nommé à la tète du contre espionnage sous le rêgne de Gaïd Salah, avait été condamné à seize ans de prison.
Le poste du directeur au sein de la DGSI est devenu l’antichambre de la prison au sein des services secrets déstructurés qui ont connu, ces dernières années, une totale régression alors qu’ils éraient la colonne vertébrale du régime et son assurance vie contre toute remise en cause interne ou face aux menaces externes.