C’est sur proposition du ministre de l’intérieur algérien, Said Sayoud, que le patron de la place Bauvau très proche d’Emmanuel Macron, Laurent Nunez, s’était rendu à Alger en février passé. La visite à Paris de son homologue algérien, Said Sayoud, s’inscrit dans une démarche de détente, voire à entendre l’Élysée, de coopération renforcée, après deux années de relation glaciale. Sans pour autant effacer plusieurs contentieux anciens qui rendent ce rapprochement aléatoire.
Christophe Gleizes, le gêneur
Contrairement au cas de l’écrivain algéro-français Boualem Sensal, emprisonné pendant un an avant d’être gracié par le président algérien en 2025 grâce à l’intervention du chancelier allemand Frank-Walter Steinmeier, le cas du journaliste sportif Christophe Gleizes, accusé de connections avec le MAK, un mouvement indépendantiste kabyle qualifié par Alger de « terroriste », sera traité sans intermédiaire. L’usage de « geste humanitaire » associé à une date symbolique n’est pas à exclure lors de la grâce présidentielle qui acccompagne généralement le 5 Juillet, date de la fête de l’Indépendance algérienne. C’est ce qui se murmure dans les milieux informés au sein du pouvoir algérien.
Comme pour Sensal, qui depuis affiche ses positions d’extrème droite qui ne datent pas d’aujourd’hui, les milieux politiques et médiatiques se sont focalisés sur la libération du journaliste Christophe Gleizes. Cette insistance met dans l’embarras le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, dont le but premier est de renforcer la coopération sécuritaire entre Paris et Alger. « J’évoquerai évidemment le cas du conurnaliste avec mes homoloues», est-ilcontraint de répondre au journaliste de France Inter avant de rappeler qu’il y eu un jugement et une condamnation. « Mais ça, ce sont des démarches, insiste-t-il, que nous initions dans la plus grande discrétion, dans l’intérêt du processus qui a été enclenché».
Une coopération sécuritaire pas à pas
Le ministre français de l’Intérieur, originaire de l’Ouest algérien et adoubé depuis plusieurs années par Emmanuel Macron, passe pour un ami d’Alger. Depuis sa visite en février en Algerie, des dossiers bloqués commencent à trouver le chemin du dénouement. La CIMADE, une ONG en charge des migrants? rappelle, qu’en 2024 date de la crise entre Paris et Alger, les Algériens sous OQTF représentent le plus gros contingent dans les Centres de rétention administrative: soit 5000 cas, largement devant les Tunisiens (1900) et les Marocains (1700).
Le traitement du dossier des OQTF progresse, mais l’optimisme affiché est un peu forcé « Quand je suis allé en Algérie à la mi-février, nous n’avions aucun laissez-passer délivré depuis le début de l’année et on avait fait quelques reconduites », a déclaré Laurent Nuñez. « Depuis que je suis allé en Algérie, c’est reparti. » Des chiffres sont annoncés: 120 laissez- passer délivrés par les consulats d’Algérie de février à mars, une vingtaine de plus fin mai.
Le dossier le plus épineux reste celui de de la criminalité transnationale, notamment la Mafia DZ. Ses activités sur le territoire français, ses ramifications en Europe, et ses replis de l’autre coté de la méditerranée complique la politique de lutte contre ce fléau, qui exige une coopération plus globale et plus efficace (police-justice).
Si le cartel de la Mafia Dz a profité de la suspension de coopération sécuritaire et judiciaire entre les deux pays pour se développer de manière démesurée dans le sud de la France. Durant cette période, toutes les demandes d’entraide judiciaire formulées par la France contre les chefs du Cartel, réfugiés de l’autre côté de la méditerranée n’ont pas été traitées. Pire, les chefs de cette organisation criminelle continuaient à gérer leurs affaires sur le sol Français.
