Human Rights Watch dénonce, dans un communiqué diffusé le 12 janvier, une augmentation des violences sexuelles liées au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, de la part de tous les belligérants.
L’organisation de défense des droits humains affirme que « les violences sexuelles liées au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo se sont intensifiées, tandis que le soutien aux survivantes a considérablement diminué », notamment suite aux coupes budgétaires américaines dans l’aide humanitaire. « Le M23 soutenu par le Rwanda, d’autres groupes armés et les forces militaires utilisent les violences sexuelles comme une arme de guerre, alors que les survivantes sont confrontées à un climat d’impunité qui protège les responsables et à un système de santé privé de moyens pour les accompagner », accuse Human Rights Watch, qui demande à l’armée congolaise de « prendre toutes les mesures nécessaires pour faire respecter la discipline » en son sein « afin de prévenir les violences sexuelles » et aux autorités d’appuyer les enquêtes et d’encourager les poursuites contre les auteurs des crimes.
En partenariat avec l’organisation congolaise de défense des droits des femmes Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral (SOFEPADI), Human Rights Watch publie les résultats d’une enquête qui établit la responsabilité d’au moins cinq groupes armés non étatiques ainsi que de l’armée congolaise. « Les groupes armés et les forces militaires utilisent les violences sexuelles comme une arme de guerre dans l’est de la RD Congo », a déclaré Ida Sawyer, directrice de la division Crises et conflits. « Les survivantes de ces crimes atroces sont confrontées à un climat d’impunité qui protège les responsables et à un système de santé privé de moyens pour les accompagner. »
En novembre 2025, les deux organisations ont interviewé 23 survivantes de violences sexuelles dans le nord-est de la RD Congo ainsi que quatre survivantes congolaises ayant fui en Ouganda l’est de la RDC. Elles ont également échangé avec les autorités provinciales congolaises de la santé et de la justice ainsi que des organisations nationales et internationales qui fournissent une assistance aux survivantes.
Grossesses et contaminations au VIH
Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) a signalé plus de 80 000 cas de viol dans l’est de la RDC entre janvier et septembre 2025, soit une hausse de 32% par rapport à la même période en 2024. En parallèle, les coupes soudaines dans le financement de l’aide et la fermeture de l’USAID ordonnées par Donald Trump début 2025 ont brusquement mis fin aux soins médicaux d’urgence et à d’autres formes de soutien pour des milliers de survivantes. Beaucoup ont contracté le VIH ou des grossesses non désirées alors que les cliniques et les hôpitaux de la région étaient à cours de kits de prophylaxie post-exposition auparavant fournis par des projets financés par les États-Unis. Ces kits doivent être administrés dans les 72 heures suivant l’exposition pour prévenir le VIH et la grossesse.
