Treizième édition d’Aflam à Marseille (10-18 octobre)

10/10/2026 – La rédaction de Mondafrique

À Marseille, Aflam consacre sa treizième édition aux images que l’histoire a dispersées, abîmées ou rendues invisibles. Archives algériennes, cinéma amazigh et films restaurés composent un programme qui interroge la transmission du patrimoine audiovisuel et les pouvoirs politiques de la mémoire filmée dans la région.

À qui appartiennent les images du passé ? Comment préserver les films qui racontent des histoires absentes des récits officiels ? Ces questions traversent la treizième édition du festival Aflam, organisée à Marseille et en Région Sud du 10 au 18 octobre.

Intégré à la Saison Méditerranée 2026, le festival des cinémas des mondes arabes fait cette année de la conservation et de la circulation des archives l’un de ses principaux axes. La programmation marque également le cinquième anniversaire de Vives archives, un cycle créé en 2021 pour remettre en lumière les œuvres du patrimoine cinématographique arabe.

Projections, expositions, démonstrations techniques et discussions avec des spécialistes composent un programme qui envisage la restauration comme un acte culturel, mais aussi politique.

Archives algériennes et images amazighes

Le 11 octobre, Aflam propose un focus consacré aux Archives numériques du cinéma algérien. Cette rencontre s’inscrit dans un ensemble de séances sur la sauvegarde des œuvres, leur restauration et les conditions de leur rediffusion.

Le lendemain, une exposition intitulée ASSKSW XF ISURA, un regard sur le cinéma amazigh au Maroc place les représentations amazighes au cœur du festival. Elle ouvre une réflexion sur la visibilité des langues, des cultures et des histoires minoritaires dans les cinématographies nationales.

Le 17 octobre, le travail des Archives Bouanani sera présenté autour d’une projection du film Le Mirage. Le 18 octobre, une table ronde poursuivra cette réflexion en interrogeant ce que les récits patrimoniaux nationaux ont pu invisibiliser dans les archives arméniennes, kurdes et amazighes.

Ces propositions rappellent qu’une histoire du cinéma ne se résume pas à ses œuvres célèbres. Elle dépend également de ce qui a été conservé, classé, transmis ou oublié.

Restaurer les films

L’un des événements marquants se déroulera le 12 octobre au Mucem, avec la présentation en première mondiale de la version restaurée d’Ahlam Saghira (Petits rêves), film de 1993 du réalisateur Khaled El Hagar, annoncé en présence de son auteur.

Dès le 10 octobre, une séance reviendra sur la formation de cinéastes arabes à l’IDHEC, tandis que le parcours de Jocelyne Saab fera l’objet d’une rencontre consacrée à la fabrication de ses images de Beyrouth.

Le 13 octobre, des démonstrations de logiciels de restauration numérique permettront d’examiner les outils mobilisés pour sauvegarder les œuvres anciennes.

Aflam ne se limite cependant pas au patrimoine. Des courts métrages contemporains et des films issus de la résidence d’écriture WarshatAflam permettront de découvrir des réalisateurs émergents.

Informations pratiques

Dates : du 10 au 18 octobre 2026.
Ville : Marseille et Région Sud.
Lieux principaux : Mucem, Les Variétés, Videodrome 2, La Baleine, Le Gyptis, Polygone Étoilé et autres espaces partenaires.
Tarifs : selon les lieux, de l’entrée libre à 15 € ; séances au Mucem de 4 à 6 €.
Séances scolaires et groupes : tarifs spécifiques sur réservation.
Programme et billetterie : Festival Aflam — Édition 2026.