Flattant l’ego de trois des anciens chefs d’État du continent parmi les plus contestés et les plus fats d’Afrique de l’Ouest, Denis Sassou Nguesso s’est offert une cérémonie de prestige à travers l’université qui porte son nom, le 13 août 2026. Élevés au rang de docteurs honoris causa, une distinction honorifique qui n’a rien avoir avec la science, le Sénégalais Macky Sall du Sénégal, le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Bissau-Guinéen Umaro Sissoco Embaló ont rivalisé de vanité en toge universitaire aux couleurs rastafari.
L’objectif de cette opération de « diplomatie universitaire » était aussi, pour le riche et généreux Président du Congo, de mettre en avant l’université qui porte son nom, inaugurée en 2021 et qui avait déjà accueilli à cette occasion la brochette de dirigeants douteux. On a peine à comprendre en quoi ces trois personnalités peuvent incarner « la coopération panafricaine du XXIe siècle, tournée vers la formation, la recherche et les défis du développement », promue par l’université dans son site officiel.
Reste que chacun a abondamment communiqué sur la cérémonie pour tenter de redorer un blason bien terni. Mahamadou Issoufou a vanté le bilan de ses deux mandats – malheureusement conclus par le coup d’État contre son héritier Mohamed Bazoum – et, comme d’habitude, mis en avant ses divers projets inaboutis. Il a regretté qu’on ne fasse pas plus de cas de son projet phare : la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Macky Sall n’a pas rougi non plus d’être récompensé pour son œuvre en faveur du développement du système éducatif de son pays, oubliant, comme Issoufou, les dépouilles des étudiants contestataires tués lors de manifestations. La « sentinelle vigilante de l’idéal panafricain« , Denis Sassou N’guesso, a reçu les éloges appuyés de ses hôtes reconnaissants. Umaro Sissoko Embalo, surtout connu pour sa gouvernance peu démocratique et sa proximité avec les trafiquants de drogue, a salué « le peuple résilient de son pays », bien éprouvé par son régime. Il s’est livré à sa propre hagiographie, comme ses deux ainés et amis, et il a promis au continent « une nouvelle ère de prospérité », non sans avoir appelé Sassou « papa » et vanté la nombreuse progéniture de ce dernier.
Une farce, on vous dit.
