Fela Kuti, de son vrai nom Olufela Olusegun Oludotun Ransome-Kuti, est né en 1938 au Nigeria dans une famille engagée politiquement. Après des études de musique à Londres, ce chanteur mythique crée dans les années 1960 un style unique mêlant jazz, funk et rythmes africains : l’afrobeat. Ses chansons dénoncent la corruption, les dictatures militaires et les injustices sociales au Nigeria. Militant radical, le « Black President » subit plusieurs arrestations et des violences du pouvoir, notamment l’attaque de sa communauté artistique appelée « Kalakuta Republic ».
Amoureux des rencontres improvisées et de la culture africaine, Jean-Jacques Mandel fut le premier en 1975 à prendre des photos du chanteur que l’on découvre avec bonheur dans une superbe exposition à Paris du 20 mai au 31 juillet.
LE VERNISSAGE A LIEU LE MERCREDI 20 MAI (18H/21H) ET LES PHOTOS EXPOSÉES JUSQU’AU 31 JUILLET AU STUDIO « PCP PHOTOGRAPHE », 258 RUE MARCADET, PARIS 75018. LES TIRAGES PEUVENT ÊTRE ACHETÉS À DES PRIX ABORDABLES.
En 1975, Jean-Jacques Mandel jeune diplômé en Ethnologie, crée une association pour permettre aux Français de se rendre au Festac, le deuxième Festival des Arts de de la Culture Africains, initialement programmé cette année-là au Nigeria. Sur les conseils d’un ami qui lui signale l’existence d’un musicien extraordinaire à Lagos, il se décide à entreprendre le voyage en voiture depuis Marseille.
Parvenu dans le capitale nigériane, Jean-Jacques Mandel se rend, de nuit, au Shrine dans un suburb de la mégalopole. A la fin du concert, Fela Kuti envoie un de ses musiciens le chercher pour le rencontrer. Il lui propose de venir l’interviewer le lendemain à la République de Kalakuta.
Dans la cour de Kalakuta, le photographe immortalise Fela au travail ou palabrant avec les résidents et simples visiteurs de passage, qui animent quotidiennement ce lieu, véritable village traditionnel Yoruba revisité. Jean-Jacques Mandel sera le premier Français à photographier le musicien.
Le Festac sera déprogrammé et repoussé à 1977. Jean-Jacques Mandel y retournera donc et offrira à Fela quelques images qui deviendront iconiques au Nigeria… Interdit de Festival, Fela recevra dans Kalakuta la plupart des stars internationales de passage ainsi que des activistes du Black Power américain.
Irrité par cette communauté libre et indépendante devenant un nid de rébellion, désormais politique, le pouvoir lancera son armée à l’assaut de Kalakuta qui sera complètement détruite et tous les membres incarcérés. Lors de cette attaque, la mère de Fela, syndicaliste anti-coloniale historique, perdra la vie défenestrée par un soldat.
Prévenu deux jours avant de l’éminence de l’attaque par Fela, Jean-Jacques Mandel sera exfiltré par les jeunes militants du Young Black People Party, nouvelle garde prétorienne de la communauté, et gardes du corps de celui que l’on commence à surnommer le « Black President ».
