L’affaire Walid Nekiche, un test pour le pouvoir algérien

09/02/2021 – Nicolas Beau

L’affaire Walid Nekiche, l’étudiant qui a dénoncé publiquement  la torture dont il a été victime lors de son arrestation est désormais entre de « bonnes mains », le Parquet général de la Cour d’Appel d’Alger.

Plutôt que de laisser cette affaire faire le tour du monde et des associations des droits de l’homme, le pouvoir algérien a préféré prendre les devants, quitte à sacrifier quelques lampions. Ainsi, à la grande surprise des Algériens, le parquet général près la Cour d’Alger a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire sur l’affaire Walid Nekiche.

Rappelons au passage que l’étudiant a révélé avec un rare courage lors de son procès, tenu le lundi 1 février, au tribunal de Dar El Beida, avoir subi des «sévices sexuels », des « menaces » et de la « torture », lors de sa garde à vue dans les locaux de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à Ben Aknoun.

Aprés un tel témoignage, l’alternative était simple: ou ses accusations étaient médiatisées, et il devenait intouchable. Ou ses déclarations n’avaient aucun écho, et son sort était peu enviable.

« La dignité des citoyens »

Le communiqué du parquet général précise que cette enquête a été instruite au vu « des réactions et des commentaires » que les déclarations de Walid  Nekiche ont suscité dans la presse nationale, ainsi que « les doutes et les questionnements » qu’elles ont soulevé parmi « les observateurs de l’action judiciaire », en particulier dans le domaine lié « au respect de la liberté et de la dignité des citoyens ». 

Comment le pouvoir incarné par son ministre de la justice Belkacem Zeghmati va-t-il  « traiter » cette affaire très suivie dans le pays ? Va-t-il l’étouffer ? Va-t-elle lui échapper ? 

C’est un nouveau feuilleton qui commence en Algérie. A suivre, les réactions des internautes, les comptes-rendus des journalistes affiliés beaucoup, un peu, ou pas au régime et surtout à suivre à travers les dessins de presse. Les seuls à bénéficier en Algérie d’une petite marge de liberté. Comme on peut le constater avec l’excellent dessin de l’intouchable Ali Dilem paru ce lundi 8 février dans le quotidien kabyle francophone Liberté