Au Bénin, on a voté ce dimanche. Enfin, disons plutôt entériné, puisque tout ce qui pouvait déranger avait été soigneusement filtré en amont. Dans les urnes, seulement deux noms, ceux de Romuald Wadagni, l’héritier désigné de Patrice Talon, et de Paul Hounkpè, opposant officiel mais de peu de poids. Le suspense tenait dans un mouchoir de poche.
Participation en berne
Il n’est donc pas étonnant que cette élection présidentielle du 12 avril 2026 n’ait suscité que peu d’intérêt. Selon plusieurs observateurs, l’affluence dans les bureaux de vote est restée clairsemée, avec à peine 20 % de participation dans certains centres. Aucune ferveur, aucune ambiance électorale comme le Bénin en connaissait encore lors des scrutins des années 1990.
Romuald Wadagni a voté discrètement à Cotonou, quand Patrice Talon, lui, s’offrait un bain de foule très encadré. Paul Hounkpè appelait de son côté à « tourner une page ».
Officiellement, Patrice Talon passe la main après deux mandats. Mais en quittant la scène, il a aussi redessiné le décor : Constitution retouchée, mandat porté à sept ans, Sénat flambant neuf. De quoi organiser une transition bien encadrée et rester, en quelque sorte, aux manettes.
Dans ce cadre, Romuald Wadagni avance sans obstacle, d’autant que les législatives de janvier dernier ont accouché d’une assemblée monocolore sans opposition. Technocrate appliqué, bilan revendiqué, soutien du pouvoir : la route est dégagée. En face, Paul Hounkpè assure le service minimum, histoire que le scrutin conserve une allure pluraliste.
Finalement, une élection sans véritable choix, sans tension, sans surprise. Une démocratie qui fonctionne enfin sur… le papier.
