Plus sans doute que le Pakistan, le Qatar a joué un rôle de premier plan depuis la mi mai dans les négociations entre les États-Unis et l’Iran
Au départ, Doha jouait un rôle d’appoint derrière le Pakistan, choisi pour conduire la médiation aux côtés de l’Égypte et de la Turquie. Le tournant survient à la mi-mai : après l’avertissement de Trump sur l’effondrement imminent du cessez-le-feu, Washington demande au Qatar de monter en première ligne. Le pays s’appuyait sur une expérience établie comme l’un des canaux privilégiés des États-Unis vers leurs adversaires, du Hamas aux talibans en passant par le Venezuela.
La délégation qatarie, menée par les diplomates chevronnés que sont Ali al-Thawadi, médiateur entre le Hamas et Israël pendant la guerre de Gaza, et Hamad al-Kubaisi, multiplie les déplacements secrets : vers Téhéran via la Turquie pour préserver la confidentialité, puis vers Washington pour informer Vance, Witkoff et Kushner, et jusqu’à Miami pour souligner l’urgence d’un accord.
Cheikh Tamim al-Thani à la manoeuvre
Un diplomate occidental résume leur rôle ainsi : les Pakistanais étaient le visage du processus grâce à la relation du maréchal Munir avec Trump, mais les Qataris ont discrètement assuré l’essentiel du travail de fond pour rapprocher les deux camps.
Leur action a été à la fois diplomatique et de désescalade permanente. Ils appellent frénétiquement les États-Unis et leurs alliés pour obtenir des garanties qu’Israël ne frapperait pas pendant que leur équipe était à Téhéran. À plusieurs reprises, l’émir Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani téléphone à Trump, aux côtés des dirigeants saoudien et émirati, pour le dissuader de frapper. Ils s’efforcent aussi de convaincre les Iraniens de ne pas riposter après les escalades.
L’engagement a été éprouvant et risqué : les médiateurs restent bloqués près de sept heures sur le tarmac d’un aéroport pendant un échange de tirs, puis de passer dix sept heures d’affilée à Téhéran lors de la dernière ligne droite. Ils allèrent jusqu’à menacer de quitter la table face aux exigences iraniennes en avertissant leurs interlocuteurs qu’un échec exposerait l’Iran à de nouvelles frappes.
Ces pressions fermes de la diplomatie qatarie auront largement contribué à trouver un terrain d’accord entre Washington et Téhéran.
L’ensemble du processus décrit dans l’article du FT:
https://www.ft.com/content/adb68e67-3d04-4a60-af30-dd9b1faee62b
