Bras armé du régime iranien, le Corps des gardiens de la révolution islamique occupe une place centrale dans l’architecture du pouvoir. Instrument de répression intérieure, acteur majeur de l’exportation de crises régionales et empire économique opaque, il incarne le cœur sécuritaire et idéologique du régime.
Par Hamid Enayat, membre de l’opposition iranienne
Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) occupe une position centrale dans l’architecture du pouvoir iranien. Sa mission première est de préserver le système du Velayat-e Faqih, c’est-à-dire le pouvoir absolu du Guide suprême, et d’assurer la survie du régime clérical. La répression des opposants politiques constitue le cœur de son action, appuyée par un vaste appareil de renseignement.
Dans l’ensemble des soulèvements populaires survenus en Iran depuis la création du régime, la responsabilité principale de la répression a été assumée par le CGRI. Celui-ci a régulièrement mené des opérations violentes à grande échelle, incluant des massacres de manifestants.
L’exportation du terrorisme vers les pays de la région constitue également une mission centrale du CGRI. Dans l’incapacité de répondre aux besoins économiques, sociaux et culturels de la société iranienne du XXIᵉ siècle en raison de dogmes religieux rigides, le régime s’est historiquement maintenu par une double stratégie : la répression intérieure et l’exportation de crises à l’étranger.
Au-delà de son rôle sécuritaire et répressif, le CGRI est devenu l’un des acteurs économiques les plus puissants et les plus riches du pays, tout en restant l’un des plus opaques. Aux yeux de nombreux Iraniens, ses activités économiques privilégiées et clientélistes sont à l’origine d’une part importante des déséquilibres structurels de l’économie nationale.
La branche extérieure du CGRI, la Force Qods, est chargée de l’entraînement, de l’armement et du soutien logistique des groupes affiliés au régime iranien dans la région, notamment le Hamas, le Hezbollah, les milices irakiennes et les Houthis du Yémen.
Dans ce contexte, Maryam Radjavi, dirigeante de la résistance iranienne, affirme :
« La désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), principal organe de répression et vecteur d’exportation du terrorisme, comme organisation terroriste est attendue depuis au moins trente ans. »
Enfin, le CGRI a joué un rôle déterminant dans la répression sanglante des manifestations en cours en Iran, déclenchées le 28 décembre dernier, confirmant une fois encore sa fonction centrale dans le maintien du régime par la violence.
