Les réseaux parisiens des indépendantistes kabyles du MAK

15/08/2026 – Nicolas Beau

Dés la publication d’une partie des mails de Jeffrey Epstein par l’administration américaine, un correspondant à Paris, dénommé Daniel est évoqué d’innombrables fois dans le décompte de l’ensemble des documents. La surprise, la voici: l’Algérien Daniel Siad, retrouvé mort cet été chez lui, et qui se révèle être le principal relais à Paris du criminel pédophile américain, disparu lui aussi en prison dans des conditions mystérieuses, a été le représentant diplomatique du MAK, l’organisation sépartiste kabyle, en Arabie Saoudite et Bahrein pendant plusieurs années.

Un document interne de l’organisation séparatiste de Ferhat Mehenni, un ancien chanteur devenu l’allié du Maroc et d’Israel, le mentionne explicitement. Sur la photo que nous publions, nous découvrons Daniel Siad en joyeuse compagnie en compagnie des dirigeants du MAK lors d’une réunion du CRIF dans la région Parisienne en 2024.

Ultime surprise, la jeune femme présente sur ces images n’est autre que Henda Ayari, la principale accusatrice de Tariq Ramadan dans les nombreux procès qui ont été intentés à l’islamologue pour des viols et des agressions sexuelles (1). Pourquoi cette victime des agissements de Ramadan se retrouve-t-elle dans une soirée du CRIF en compagnie des dirigeants d’un mouvement indépendantiste kabyle dont elle affirme être solidaire ? Le tout en présence de l’homme de main d’Epstein à Paris qui prend des photos et lors d’une réunion du CRIF.

Sur cette photo prise lors d’une réunion du CRIF dans la région Parisienne, on découvre une joyeuse bande d’amis, dont le patron du MAK (le second à partir de la gauche), dont l’homme de main de Jeffrey Epstein à Paris (le plus à droite sur cette image) et dont une des victimes de Tareq Ramadan (au centre de la photo) dont on connait la proximité avec Caroline Fourest, une intellectuelle brillante mais clivante en raison de ses positions tranchées sur l’Islam et hostiles à la cause palestinienne (2).

La police française prise de court

Daniel Siad, recruteur de mannequins et rabatteur présumé de femmes pour le tristement célèbre pédocriminel américain, a été retrouvé mort lundi 20 juillet 2O26 à son domicile de Colombes, près de Paris. Mais qui était Daniel Siad ? Ancien photographe de mode, chef de projet pour une chaîne de télévision russe, consultant financier…

Ce que l’on sait, c’est que Daniel Amar Siad est né en Algérie avant d’émigrer en Suède en 1980. Il passe une partie de sa vie à Stockholm en gardant des attaches à Paris et à Barcelone. Pour le reste, son itinéraire reste nébuleux. Il a notamment travaillé pour l’agence de mannequins What’s Up Management en tant que « scout » autrement dit « recruteur de filles pour J. Epstein » comme l’appelle dans un e-mail Jean-Luc Brunel, associé français de Jeffrey Epstein, lui-même accusé de viols et de viols de mineurs et mort en détention en 2022.

Daniel Amar Siad est également identifié dans les documents déclassifiés par le Département américain de la Justice comme recruteur de jeunes femmes, tandis que lui se présentait tour à tour comme « ancien photographe de mode », « chef de projet pour une chaîne russe de télévision consacrée à la mode » ou encore « consultant financier ». Un CV à tiroirs, dont il a jeté la clé.

Selon plusieurs médias, Daniel Siad aurait été un associé important de Jeffrey Epstein. Opérant principalement en Europe, il transmettait au pédocriminel des profils, des photographies et parfois des vidéos de potentielles mannequins, dégotées aux détours d’une rue ou via le bouche à oreille.

Daniel Siad, 2009 citations

Cette collaboration se déroulait surtout par courrier électronique. Dans les dossiers Epstein, Daniel Siad est cité près de 2 090 fois. Ses activités se seraient étendues de la fin des années 2000 jusqu’à au moins 2017. Dans un courriel datant de 2009, il informe Jeffrey Epstein qu’il effectue pour lui du « scouting », c’est-à-dire du repérage, en Pologne, en République tchèque, en Slovaquie, en Hongrie, en Bulgarie, en Afrique du Sud, au Maroc et même à Cuba. Une mondialisation du recrutement qui n’avait rien de glamour. Il contactait des agences de mannequins, prenait des filles à « fort potentiel » en photos et organisait les rendez-vous si celles-ci correspondaient au prédateur sexuel

La police française, hélas, n’a guère eu le temps de l’interroger avant son décès déguisé parfois en suicide. L’homme était visé par cinq plaintes en France, pour viol notamment, une enquête est ouverte par l’office spécialisé dans la lutte contre la traite d’êtres humains. L’accusé se défendait d’être un agent recruteur de mannequins via son agence en Suède. Pourtant, quelques jours avant sa disparition, des témoignages graves le présentaient comme un rabatteur central du dispositif du criminel américain.

Du village kabyle jusqu’à Paris

Habité par l’esprit de réussite, l’orphelin du village Tinkicht, prés d’Azazga, a eu une enfance difficile. Élève par sa mère, il était connu comme un Rastignac ambitieux, sans foi ni loi. En 1978, il décide de quitter le pays pour Paris sans jamais remettre les pieds en Kabylie où les militants du MAK sont considérés comme des terroristes.

L’un de ses connaissances a affirmé à Mondafrique qu’il était passé un certain temps au sein de la Légion étrangère avant de tenter sa chance dans le commerce, mais sans succès.

Daniel Siad quittera Paris pour Stockholm pour il ouvre une agence de mannequinat. Il a réussit à s’introduire dans le milieu via un autre Rabatteur, Jean louis Brunel, travaillant ensemble pour le pédocriminel américain. Dans un mail, dévoilé par l’enquête sur Epstein, datant du vendredi 22 janvier 2010, Daniel Siad écrit : » Il will not disapoint you. You have my Berber Jews word ».

Pour nous résumer, un des principaux relais du criminel cosmopolite américain se présente comme « un juif berbère » et milite au sein d’un mouvement indépendantiste qui revendique sa proximité avec Israel. Ce recruteur des proies d’Epstein fréquentait en 2004 les réunions du CRIF alors que les agissements de son donneur d’ordre étaient connus. Malgré l’ouverture d’une enquête à Paris, Daniel Siad n’a pas été interrogé avant son décès soudain, pas plus que son cousin Richard Amid Siad, le « roi des Brasseries » parisiennes qui était fort influent et dont il est resté proche comme le prouve le tweet ci dessus signé Daniel Siad et publié après une fête du restaurateur et auteur d’un livre sur la Kabylie. Mondafrique reviendra sur le profil de ce cousin dont le role n’est pas clairement identifié.

Autant de connections qui éclairent l’intransigeance du pouvoir algérien dont le soutien à la cause palestinienne est connu face aux agissements d’un MAK ouvert aux vents mauvais de la corruption et des influences étrangères. Au moins une centaine d’activistes qui sont tout sauf des enfants de choeur sont poursuivis et emprisonnés en Algérie dans des conditions il est vrai très rudes .

(1) Henda Ayari, ancienne salafiste, a été la première à porter plainte contre Ramadan le 20 octobre 2017. Depuis, deux autres femmes ont saisi la justice française pour dénoncer des faits similaires. Mis en examen pour « viol » et « viol sur personne vulnérable », Tariq Ramadan a reconnu des relations extra conjugales, mais toutes consenties. Il assure depuis le début n’avoir eu aucun rapport sexuel avec Henda Ayari dont les dépositions sont marquées par des incohérences et des confusions largement exploitées par la défense de l’islamologue. Mondafrique pour sa part n’a jamais cessé et dans les tout premiers de dénoncer la duplicité et les graves dérapages de ce prédicateur pervers.

(2) Caroline Fourest adopte une position très critique envers la gestion médiatique et politique du conflit israélo-palestinien. Elle dénonce ce qu’elle appelle une « faillite journalistique » et une propagation de fausses informations ou de « manipulations » attribuées, selon elle, à l’influence du Hamas dans la diffusion des bilans et des récits de guerre à Gaza.