Trump et la Somalie, la phrase de trop ?

21/01/2026 – La rédaction de Mondafrique

Une nouvelle fois, Donald Trump suscite la polémique en qualifiant des membres de la communauté somalienne aux États-Unis de « personnes au QI très faible », affirmant, en prime, que la Somalie « n’est même pas un pays ».

S’adressant aux journalistes le 20 janvier, le président Donald Trump est longuement revenu sur les émeutes qui secouent le Minnesota. Il a montré des images de manifestants présentés comme appartenant à la communauté somalienne, fortement implantée dans cet État. Évoquant des détournements de fonds publics – bien réels – faisant l’objet de poursuites judiciaires, il a ensuite élargi son propos en mettant en cause l’ensemble de cette communauté, l’accusant d’enrichissement sans travail et d’abus du système social américain. Il a ainsi mélangé faits judiciaires avérés, immigration et mise en cause collective, dans un État devenu l’un des principaux points de fixation de son discours sur le « wokisme » et l’insécurité sociale.

C’est dans ce contexte qu’il a décrit, avec un brin de la compassion dans la voix, « des personnes au QI très faible » venues « d’un pays qui
n’est même pas un pays. »

Répercussions internationales d’une polémique intérieure 

Ces déclarations interviennent dans un contexte régional particulièrement sensible. La Somalie traverse en effet une phase de fortes tensions depuis qu’Israël est devenu le premier État au monde à reconnaître officiellement les autorités sécessionnistes du Somaliland,
territoire autoproclamé indépendant en 1991 mais toujours considéré par la communauté internationale comme faisant partie intégrante de la Somalie.

Affirmer que la Somalie « n’est pas un pays » revient, dans ce contexte, à avaliser implicitement cette reconnaissance. Une ligne que la diplomatie américaine s’est jusqu’à présent bien gardée de franchir. Il est vrai que si la décision israélienne a légitimement provoqué de vives réactions à Mogadiscio, elle en a aussi provoqué de la part de pays alliés des États-Unis, comme l’Arabie Saoudite, allant jusqu’à une recomposition rapide des alliances dans la Corne de l’Afrique.

Le président américain a-t-il seulement parlé de politique intérieure ou avait-il conscience de la portée diplomatique de ses déclarations ? La question reste posée.