L’incroyable gestion de la Mosquée de Paris

01/02/2021 – Nicolas Beau

La Mosquée de Paris qui, sur le plan protocolaire, représente les musulmans de France,est l’exemple le plus criant de la gestion approximative de l’Islam en France.

Le ministère français de l’Intérieur et … des cultes, ne se soit jamais préoccupé de remettre un peu d’ordre dans cette pétaudière. Et pour cause, certains fonctionnaires de la Mosquée sont devenus au fil des années d’excellents et utiles contacts pour le renseignement français.

Le nouveau recteur, Chemseddine Hafiz

Cette vénérable institution ne vit aujourd’hui que grâce aux subsides de l’Algérie. Chaque année, le gouvernement algérien débloque en faveur de la Mosquée un budget, qui dépasse les trois millions d’euros. Sans compter les rallonges budgétaires pour la réalisation de projets parfois hypothétiques.

Ces fonds en tout cas financent des salaires très confortables des patrons de la Mosquée qui atteindraient, d’après les sources de Mondafrique, de l’ordre de 15000 euros par mois. Le nouveau recteur, Chemseddine Hafiz, qui comme avocat défendait les intérêts de nombreux organismes algériens en France, bénéficierait de tells émoluement, ainsi que son fidèle Mohamed Louanoughi, un ancien caporal chef promu « Directeur Général » de la Mosquée, malgré des liens discrets avec les services algériens.

« Zakats » et taxes Hallal

A ces hauts salaires ,viennent s’ajouter des subventions consenties par des Etats, des organisations et des hommes d’affaires qui croient venir en aide à l’Islam. Sans oublier les dons des fidèles qui approvisionnent les deniers du culte, les recettes de la zakat, cette « aumône »qui est un des piliers de la pratique religieuse et enfin les profits de la taxe halal.

La direction de la Mosquée rendrait à Paris quelques services à des hauts responsables algériens, civils et militaires, en échange des protections en haut lieu à Alger. La longévité de Dalil Boubakeur, qui régné pendant 28 ans, la promotion récente de Chemseddine Hafiz, l’ancien avocat de la Société des Habous, dont il était vice-président, le parcours fulgurant de l’ex sous officier Mohamed Louanoughi, le numéro deux de la Mosquée, sont les meilleures preuves de l’efficacité de ce système singulier..

Homme de l’ombre, Mohamed Louannoughi est le numéro deux
de la Mosquée et son directeur général

Sauve qui peut !

Quand à Alger a soufflé, au début de 2019, le vent du changement qui a précipité le départ de Bouteflika, la Société des Habous, réunie le 11 janvier 2020, a poussé vers la sortie un Dalil Boubakeur usé et malade qui s’était compromis avec Bouteflika. Coquille vide chargée officiellement de la gestion de la Mosquée, les Habous ont désigné, sans débat ni élection, maitre Chelseddine Hafiz, qui a toujours entretenu de bonnes relations avec les politiques français, notamment avec Nicolas Sarkozy.

Dalil Boubakeur  est resté « président d’honneur » et a obtenu la promesse du maintien de tous ses privilèges : versement de son salaire, maintien de sa voiture de service, prêté par l’ambassadeur d’Algérie en France et mise à disposition d’un chauffeur nommé par un Louanoughi devenu le véritable vice roi de la Mosquée.

Malgré les résistances que ce coup de force a provoquées à Alger, Hafiz et Louanoughi sont restés en place grâce au soutien de Mohamed-Lamine Missaïd, ancien chef de cabinet de l’ex Premier ministre Sellal, qui avaitété nommé nommé auprès du président Tebboune après son élection le 12 décembre dernier.

D’habiles éléments de langage

Pour conforter une situation fragilisée notamment à Alger où ils ne faisaient pas l’unanimité, les nouveaux maitres de la Mosquée se firent les champions de « l’Islam de France ». Avec une étonnante duplicité, ils promirent de prendre la tête du mouvement destiné à rompre avec « l’Islam consulaire », trop dépendant des Etats, et se dirent favorables à la nomination de femmes au poste d’imam. IL s’agissait de servir aux Français le discours qu’ils attendent et d’acquérir un début de crédibilité dans les medias et dans les milieux laïques.

Peu importe que les nouveaux patrons de la Mosquée continuent à adouber des imams détachés d’Algérie, strictement arabophones et qui sont prêts à tous les arrangements possibles pour obtenir de tels détachements. Tant pis si les étudiants formés à l’Institut Ghazali, l’école coranique fondée par la Mosquée, ne bénéficient d’aucun recrutement au sein des mosquées en France. La naissance d’un véritable Islam de France n’est pas la préoccupation première des responsables de la Mosquée de Paris