Alger, Abdelmajid Tebboune probable candidat aux Présidentielles

Alger, Abdelmajid Tebboune probable candidat aux Présidentielles

24/09/2019 – Nicolas Beau

Abdelmajid Tebboune avait été nommé Premier ministre de Bouteflika pendant quelques mois en 2017, avant d’être brutalement révoqué. Mondafrique revient sur les raisons de cette éviction

Pourquoi Abdelmajid Tebboune avait-il été remercié durant l’été 2017 de son poste de Premier ministre? Il avait joué avec le feu en croyant s’imposer comme un chevalier blanc. « L’erreur de Tebboune  aura été sa brutalité contre les hommes d’affaires et à leur tête Ali Haddad », confiait un proche de l’ancien Premier ministre. « Fraîchement nommé,  il avait voulu démontrer qu’il est le véritable patron en écartant trop hâtivement les oligarques les plus influents. Il n’avait même pas essayé de ménager quelques-uns ou de pactiser avec certains d’entre-eux contre d’autres », nous avait expliqué la même source.

S’il l’avait fait, c’est parcequ’il croyait alors bénéficier d’un feu orange de Gaïd Salah avec lequel s’était nouée une relation de confiance.

Tebboune, chevalier blanc

On le vit à l’époque et non sans courage tenter de paralyser Ali Haddad, la patron des patrons algériens et alors un des plus puissants hommes d’affaires du pays, à coups de mises en demeure. Il balaia d’un revers de la main l’héritage d’Abdesslam Bouchouareb au ministère de l’Industrie et bloque ainsi plusieurs projets d’usine de montage des véhicules. Il s’en prit enfin au très juteux secteur agroalimentaire en ciblant la richissime famille des Benamor.

La pugnacité de Tebboune lui valut un succès populaire, mais provoqua indirectement le regroupement hostile de tous les oligarques qui ont actionné leurs relais dans le pouvoir algérien. « Derrière chaque oligarque, il y a un clan politique. Ses riches hommes d’affaires redistribuent le gâteau à leurs amis politiques qui les protègent et soutiennent. Tebboune a sous-estimé cette dimension politique et tout un appareil au sein de l’Etat s’est mis en branle pour le déstabiliser », révèlait anonymement le membre du bureau politique d’un parti très influent à Alger.

C’est, ensuite, Saïd Bouteflika qui était monté au créneau pour exprimer son désaccord avec le « cavalier solitaire » Tebboune. Le frère du Président, qui était tout puissant, se disait scandalisé par le « populisme économique de Tebboune ». « Dans les ports, les marchandises étaient bloquées suite à des mesures radicales prises par le Premier ministre. Les banques ne savaient plus à quel saint se vouer.

Les partenaires étrangers ont pris peur et les chancelleries, notamment la France, ont réclamé des éclaircissements à la Présidence. Les diplomates français ne comprennent guère le choix de Tebboune comme Premier ministre, alors que son prédécesseur Sellal, si bienveillant avec les Français, semblait solide et fiable.

A l’ombre de Gaid Salah

Sentant le danger, Tebboune tenta une ultime parade en rencontrant Edouard Phillipe le 7 août dernier. Histoire de rassurer les Français et leur promettre de belles perspectives de collaboration. Mais cette rencontre n’a pas suffi pour calmer les craintes.

Les chinois sortirent eux aussi de leur silence et rencontraient des ministres algériens ainsi que des conseillers de la Présidence pour obtenir des explications sur le nouveau cours de la politique  économique.

Sans être inquiet exagérément, Tebboune pensait que l’institution militaire dirigée par le général-major Ahmed Gaïd Salah le « protégerait de manœuvres clandestines de ses ennemis », croit savoir un de ses proches

Il faut dire que Gaïd Salah n’appréciait guère déja le parvenu qu’est Ali Haddad, non sans de solides raisons, et les autres oligarques nouvellement riches.

On assistait déja aux prémices du grand chambardement des mois de mars et avril derniers., le patron de l’armée algérienne manifeste de plus en plus son désaccord avec les partisans de Saïd Bouteflika. Le vieux général ne veut pas d’une succession de type monarchique, où le frère du président jouerait un des tout premiers roles. Comme un certain Amar Saâdani, ancien secrétaire général du FLN,  Tebboune avait cru que son rapprochement avec Ahmed Gaïd Salah pourrait lui permettre de résister aux assauts de son adversaire.

cette fois, Saïd Bouteflika ainsi que ses alliés finissent par exécuter Tebboune en plein été. Le clan bouteflika était encore puissant

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