Algérie, la récupération des archives de l’ex DRS

Algérie, la récupération des archives de l’ex DRS

03/07/2019 – Nicolas Beau

Une partie des archives de l’ex DRS (services algériens) dirigé pendant un quart de siècle par le très redoutable général Toufik pourrait être rendue publique

Beaucoup de figures connues de la vie publique algérienne vivent, ces jours ci, dans une sainte terreur. Une partie des archives de l’ex DRS (services algériens) du général Toufik, qui a rêgné sur l’Algérie pendant un quart de siècle, pourrait en effet être divulguées dans les semaines qui viennent. Des centaines de noms figurent sur ces fiches de renseignement fort instructives.

On y découvre à quel point les élites algériennes -militaires, patrons, politiques, journalistes- ont collaboré, non sans lâcheté, avec la police politique qui a régné sur le pays depuis l’indépendance.

Le club des Pins sur écoutes

L’état-major de l’armée qui pilote avec détermination la transition politique algérienne et qui cherche à éradiquer les réseaux de l’ex DRS a mis la main sur une grande partie de ces archives. Ce succès policier a été obtenu grâce à l’arrestation, début mai, d’Hamid Melzi, qui dirigea longtemps la très huppée résidence du club des Pins, où se retrouvait la crème de la nomenklatura.

Accusé d’espionnage au profit d’une puissance étrangère et incarcéré depuis, ce fidèle allié du général Toufik travaillait étroitement avec la police politique en mettant sur écoutes les dirigeants algériens qui se rendaient au club des pins pour de discrets conciliabules.

Cinq précieux coffres

C’est Hamid Melzi qui a récupéré, lors de l’arrestation du général Toufik, les précieuses archives. C’est lui encore qui n’a pas hésité, après avoir été interpellé ainsi que sa famille, à livrer à la justice militaire les cinq coffres qui contenaient les secrets bien gardés de l’ex DRS.

Des centaines de fiches, ou du moins une partie d’entre elles, pourraient, être rendues publiques par l’actuel pouvoir militaire qui combat avec détermination les ultimes bastions que le général Toufik possède encore au sein des classes dirigeantes du pays.