Libye, le maréchal Haftar sème la tempête

Libye, le maréchal Haftar sème la tempête

06/04/2019 – Nicolas Beau

Les troupes du maréchal Haftar s’avancent, depuis le 4 avril, vers la ville de Tripoli, siège du gouvernement d’union nationale de Faïez Sarraj, reconnu et protégé par l’ONU et par la plupart des partenaires de la Libye.

De l’Est libyen, dont il est l’homme fort, le maréchal Khalifa Haftar a ordonné, jeudi 4 avril, à ses troupes d’avancer en direction de la capitale, Tripoli, siège de ses rivaux du gouvernement d’« union nationale » (GNA) et elles se trouvaient sur un barrage de sécurité à 27 km à l’entrée ouest de la ville, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP).

Un pays, deux autorités…au moins

Ces déclarations font planer le risque d’un embrasement violent dans ce pays déjà fractionné. Deux autorités au moins se disputent en effet le pouvoir en Libye? A l’est, une entité contrôlée par l’Armée nationale libyenne autoproclamée par le maréchal Khalifa Haftar. A l’ouest, le gouvernement d’« union nationale » (GNA), dirigé par Faïez Sarraj, établi fin 2015 par un accord parrainé par l’Organisation des Nations unies (ONU).

Ces dernières heures, de nombreux militants des milices islamistes quittent la ville de Tripoli par peur des représailles des hommes d’Haftat violemment hostiles aux Frères Musulmans.

« Les accords de Paris » aux oubliettes

Sans être cruels, rappelons que la France avait imposé la date du 10 décembre 2018, lors des accords de Paris du 29 mai, pour la tenue d’un scrutin national. L’Italie s’y était opposée fermement, jugeant que les conditions n’étaient pas réunies. Le constat était partagé par Washington et Londres dans la mesure où même le projet de loi électoral n’avait fait l’objet d’aucun consensus.

L’Italie voulait surtout reprendre la main sur un dossier d’importance stratégique pour ses intérêts énergétiques et sécuritaires et préconisait une la tenue d’élections en juin 2019.

Autant dire que les initiatives du maréchal Haftar, soutenu par les Emiratis, encouragé par la diplomatie française de Jean Yves Le Drian et enfin « couvert » par les Russes, ruinent désormais toute feuille de route un tant soit peu démocratique.

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