La plainte d’Hafiz, recteur de la Mosquée, contre Mondafrique

01/02/2021 – Nicolas Beau

Maitre Chems-Eddine Hafiz, longtemps protégé par Nicolas Sarkozy qui fut l’artisan de sa nomination à  la tète de l’émission « Vivre l’Islam » sur France 2, est devenu en octobre dernier le recteur de la mosquée de Paris dans des conditions contestées.

Cet avocat  porte plainte contre Mondafrique pour un article, paru en octobre dernier et que nous reproduisons à la fin de notre dossier. Voici notre réponse

Nous faisions état dans ce texte de l’appartenance de Maitre Hafiz à un grand cabinet d’avocats qui travaille principalement avec la Chine, à partir notamment de Singapour et de Dubai, deux places financières qui ne sont pas vraiment connues pour leur transparence. Par ailleurs, l’actuel recteur a participé durant les années Bouteflika à la plupart des forums économiques organisées alors sous l’égide du patron des patrons algériens, Ali Haddad. Ce dernier est aujourd’hui en prison pour corruption. Ce rappel serait diffamatoire, d’après le recteur de la Mosquée.

Un avocat d’affaires, familier des paradis fiscaux, est-il la personne la mieux à même de représenter les musulmans en France? Ce n’est pas certain. 

Nous rappelions également dans cet article la proximité de cet avocat avec le régime algérien qui lui a confié de nombreux mandats à Paris, qu’il s’agisse d’Air Algérie ou d’autres entreprises publiques. De plus, l’animateur qu’il fut du comité de soutien au Président Bouteflika lors de son quatrième mandat  a également pris la défense des généraux éradicateurs  durant  les « années noires » (1992-1998).

Pour se justifier, le très taiseux Mohamed Touati, ce général-major qui fut, non sans talent,  la tète pensante du pouvoir militaire durant cette terrible période, a accordé en 2016 une interview  dans le cadre de l’émission de France 2 sur l’Islam, dirigée par maitre Hafiz. 

C’est dire que pour offrir une telle tribune à un haut gradé investi dans une répression sanglante il fallait que le nouvel homme fort de la Mosquée soit très engagé dans le camp de l’armée. Ce qu’il nie étrangement aujourd’hui dans la plainte qu’il a déposé contre Mondafrique, tout en multipliant dans les médias des déclarations contre « l’islamisme ».

Dans cet entretien qui n’avait aucunement sa place dans une émission religieuse, le général Touati, qui n’était pas un tendre, assumait l’arrêt du processus électoral qui devait voir la victoire du Front Islamique de Salut en 1992. Ce coup d’Etat a engendré une guerre civile qui a duré toute la décennie 1990 et causé 150000 victimes. Le parti pris de Maitre Hafiz en faveur de l’armée algérienne, aussi légitime soit-il à titre personnel, ne le discrédite-t-il pas pour représenter aujourd’hui l’ensemble de la communauté musulmane en France ? 

Ce qu’on constate, c’est que le nouveau recteur tient à Paris comme à Alger le discours qui convient aux  pouvoirs en place sans jamais prendre la hauteur qui conviendrait à un religieux.

Maitre Hafiz est un habile politicien, mais un piètre théologien qui n’est juste pas à sa place à la Mosquée de Paris,  l’institution la plus emblématique de l’Islam en France. 

                                                             Nicolas Beau, directeur de Mondafrique

Pour quelle raison l’émission islamique dominicale de France 2
Invite-t-il un des artisans de la féroce répression des années 1992-1998
?

Voici les places financières où est présent le cabinet d’avocat
international de Maitre Hafiz qui a participé à la tentative
des oligarques algériens de s’ouvrir sur la mondialisation,

VOICI L’ARTICLE INCRIMINE