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La gestion calamiteuse du fer en Mauritanie

Rédigé le 27/11/2018
La redaction de Mondafrique

Les confortables profits de la “SNIM”, le fleuron de l’industrie mauritanienne, ont été engloutis dans des investissements hasardeux qu’il revenait à l’Etat de financer, comme l’a expliqué publiquement un ancien cadre du groupe, Taleb Abdelwedoud, qui a travaillé sur un programme destiné aux populations locales de la région du Tiris Zemour. 

Durant la période qui va de 2009 à 2013, les prix mondiaux du fer avaient explosé. Fleuron de l’industrie mauritanienne et productrice de minerai, la SNIM avait connu une hausse exceptionnelle de ses profits. Mais aujourd’hui ces gains n’apparaissent guère dans le bilan comptable de la société: la production stagne, les ouvriers sont en colère et la dette ne cesse d’augmenter.

La SNIM, sans donner d’explications convaincantes, a investi ses profits loin de son coeur de métier, sans anticiper sur  la future et inévitable baisse des prix du fer sur le plan international. Le groupe est devenu un simple outil entre les mains du pouvoir politique qui a utilisé cette manne financière inespérée pour financer des investissements d’intérêt public qui auraient du être à la charge de l’Etat. Que ce soit le nouvel aéroport de Nouakchott ou  l’achat d’avions à fonds perdus. Sans parler des milliards envolés pour construire une tour à Nouakchott  toujours en travaux depuis six ans.

Du fer à la banque

Tout en violant la loi, la SNIM s’est attribuée un rôle inédit en matière bancaire. Le groupe a ainsi accordé un crédit de quinze milliards d’ouguiya à la société “Al Najah”, sans garantie aucune. Laquelle a bénéficié d’une facilité de remboursement après un accord avec le gouvernement qui s’engage à rembourser cet emprunt. Hélas, les travaux engagés par « Al Najah » se sont interrompus et le gouvernement a cessé tout remboursement. Le groupe a été également mis à contribution pour la construction des deux hôpitaux à Nouakchott qui ont coûté la coquette somme de 9 milliard d’ouguiya.

La frénésie immobilière

Autre choix calamiteux, le SNIM a englouti 20 milliards d’Ouguiya dans un hôtel 5 étoiles situé à quelques pas de l’ancien palais des congrès. Le 23 novembre 2015 et alors que le pays célébrait la fête de l’indépendance, le président Mohamed Ould Abdel Aziz, avait annoncé le début des travaux qui devaient se terminer en septembre 2017. Jusqu’à aujourd’hui, le projet n’est pas achevé.

À la fin de l’année 2012, la “SNIM” a commencé la construction d’un immeuble de quinze étages à la place “Ablouket” . Elle a confié les travaux à une société espagnole “ ELCONORE” représenté en Mauritanie par l’homme d’affaire controversé Hamadi ould Ajay. La “SNIM” a consacré à l’immeuble , qui reste toujours fermé malgré les six ans passés du début de ses travaux, cinq Milliard d’Ouguiyas.

Soutenir les concurrents

Selon ses propres rapports, la “SNIM” revient sur son partenariat avec le projet “Chami Style“ qui fabrique de la ferraille utilisées dans e bâtiment, mais qui est considéré comme le concurrent de la société “Safa” qui appartient à la “SNIM”. Afin de réaliser ce projet , l’homme d’affaire syrien Salah Tounji Salah a apporté des équipements dans des conditions mystérieuses sans passer par le moindre contrôle. Une façon pour la SNIM de précipiter son propre déclin.

La SNIM a aussi participé à la création d’une usine des poteaux électrique à la ville d’ALKA: la ville natale du directeur de la SNIM à l’époque, Mohamed Abdallah ould awadaa. Cette participation a coûté à la SNIM 3.5 milliard d’ouguiya. Finalement , la SNIM a cédé le projet au gouvernement qui n’a pas respecté les délais de paiement convenus.