L’Algérie ne vit plus sur un tas d’or (noir)

L’Algérie ne vit plus sur un tas d’or (noir)

30/01/2019 – Nicolas Beau

Les réserves de change de l’Algérie, d’un montant de 194 Milliards de dollars en 2013, irriguées par le gaz et le pétrole, ont accusé une baisse de près de 105 Milliards de dollars en 2018, pour s’établir à un peu plus de 80 Milliards de dollars.

La balance des paiements de l’Algérie qui est de plus en plus déficitaire pèse sur les réserves de change algériennes passées en six ans de 194 milliards de dollars à 80 milliards de dollars. Du coté des dépenses, les comptes algériens doivent absorber le poids des salaires des fonctionnaires, les transferts sociaux et les importations de marchandises et de services consommant, à elles seules seuls, entre 10 à 11 milliards de dollars par an. Du coté des recettes, on assiste à une faiblesse inquiétante de l’activité d’exportation énergétique de l’Algérie, le gaz et le pétrole représentant 99% de lexport.

Le recours à la planche à billet, instrument de financement non conventionnel, a alors servi à financer le déficit budgétaire de l’Etat, mais bien plus encore, le remboursement de la dette de l’État vis-à-vis des sociétés publiques d’électricité Sonelgaz et celle en charge des hydrocarbure Sonatrach, qui supportent une politique de subvention massive des prix de l’énergie.

L’énergie payée au tiers de son prix par le consommateur

La politique de subvention qui est censée assurer une paix sociale est aujourd’hui intenable au vu de la situation économique. L’actuel Ministre de l’Energie algérien M. Guitouni a affirmé que le « le prix réel du kilo watt/heure revient à 12 dinars, alors que le citoyen n’en paie actuellement que 04 dinars.’’

L’Office National des Statistiques (ONS) avait affirmé que les produits énergétiques (gaz, électricité et carburants) étaient subventionnés à hauteur de 1 700 milliards de dinars, soit près de 15 milliards de pour l’année 2017 !

Un manque à gagner qui vient encore mettre la pression sur la trésorerie de l’Etat algérien.

L’explosion de la demande interne de gaz naturel

Alors que la production de gaz naturel oscille entre 130 et 140 milliards de m3, le marché intérieur algérien consomme 40 à 45 milliards de m3 de gaz par an, dont environ 20 milliards de m3 servent à produire de l’énergie électrique.

La hausse de la consommation est essentiellement tirée par la production d’électricité assurent les experts.

Le lundi 21 janvier Le PDG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, avait tiré la sonnette d’alarme en affirmant que la compagnie qu’il dirige « souffre pour pouvoir maintenir le niveau d’exportation » de gaz naturel.

L’asséchement des puits de pétrole.

Avec 12,2 milliards de barils en 2017, soit 0,8% des réserves mondiales de pétrole, l’Algérie est classée à la 15eme position des pays dont les réserves de pétrole sont prouvées.

Pour pouvoir assurer des volumes de ventes à l’export, Sonatrach prélève du gaz qu’elle avait prévu de réinjecter dans le sous-sol afin de pouvoir continuer à pomper les hydrocarbures dans des conditions optimales.

C’est cette technique de réinjection d’importantes quantités de gaz pour maintenir un niveau de pression important qui a mené à des dommages irréversibles sur les gisements.

Vers des abandons de souveraineté

Ce qui pousse Sonatrach à faire appel à une expertise technique internationale pour prolonger la durée de vie de certains de ses gisements, dont la production décline.

Cette situation ébranle le capital confiance dont jouissait l’Algérie comme fournisseur fiable, et laisse la porte ouverte à une modification de la loi sur les hydrocarbures, élaborée par un cabinet américain, avec des concessions importantes aux majors internationaux.

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